Le pénitencier de Kondengui à Yaoundé.

Si certaines victimes de l’opération Epervier ont consenti à se faire vacciner, d’autres ont décliné l’offre vaccinale gouvernementale.

Les détenus de la prison centrale de Yaoundé n’ont pas été oubliés dans la campagne de vaccination contre le Covid-19 en cours. Une équipe de vaccinateurs s’est déployée dans ce pénitencier pour administrer le vaccin à ces personnes privées de liberté. Dans les rangs des bénéficiaires, il y avait des détenus de l’opération épervier. Une belle brochette de ces ex membres du gouvernement et ancien gestionnaire a accepté de se faire vacciner.

Il s’agit notamment de Iya Mohammed (ex DG de la Sodecoton et ex Président de la Fécafoot), Charles Metouck (ex DG de la Sonara), Jean William Sollo (ex DG de la Camwater), Pr Ayina (ex Secrétaire d’Etat au Mintp). Menye Victor (le banquier dans l’affaire qui oppose Edgar Alain Mebe Ngo’o à l’Etat du Cameroun), Emmanuel Mbia Enguene (l’ancien Trésorier payeur général) et Augustin Marie Mboudou (l’ancien DAF de l’Université de Douala) ont aussi consenti à se faire injecter. Ils avaient ainsi le choix entre Sinopharm et AstraZeneca.

Mais certains de ces hauts commis de l’Etat épinglés par la justice ont opposé une fin de non-recevoir à cette opération menée sous la houlette du District de Santé de Nkoldongo. C’est le cas par exemple de l’ancien ministre de la Défense, Edgar Alain Mebe Ngo’o et son épouse. L’ancien ministre de l’Eau et de l’Energie, Basile Atangana Kouna, a également décliné l’offre vaccinale. Urbain Olanguena Awono, a aussi répondu aux abonnés absents. C’est que, depuis les émeutes de 2019 où il a été victime d’une agression, l’ancien ministre de la Santé publique est interné au Centre hospitalier universitaire (CHU) de Yaoundé. Jean Marie Atangana Mebara, l’ancien secrétaire général à la Présidence de la République est également dans une situation similaire.

Ce déploiement des équipes dans les pénitenciers fait suite à une instruction du Premier ministre qui enjoint l’administration pénitentiaire à sensibiliser le personnel et les détenus à la vaccination anti Covid-19. C’est conformément à cette directive du chef du gouvernement que le 11 juin dernier, une séance de vaccination volontaire a été également organisée à la prison principale de Kondengui à Yaoundé.

Résistance

Autant le dire, les séances de vaccination dans les prisons au Cameroun attirent peu de monde. Les résultats obtenus à la prison Centrale de Kondengui illustrent cet état des choses. En effet, sur un effectif de 3608 détenus et 392 personnels de l’administration pénitentiaire au 21 juin dernier, seuls 219 personnes ont accepté de recevoir une dose de vaccin, informe un responsable de l’administration pénitentiaire. Selon la même source, la quasi-totalité des agents publics en service dans cette prison ont boycotté la vaccination anti Covid-19. « Les équipes ont vacciné 218 détenus soit neuf femmes et 209 hommes et un seul personnel », précise notre source.

Pourtant, « Le médecin avait pris la peine de faire une conférence d’information avant le début de la vaccination pour expliquer le but de la campagne », explique une autre source.  D’après elle, avant de prendre le vaccin, les volontaires étaient soumis à un test Covid-19. « S’il se révélait positif, vous n’étiez pas éligible au vaccin et vous étiez conduit soit à l’hôpital Jamot, soit à Orca », explique celle-ci.

Le tableau est loin d’être reluisant du côté de la prison secondaire de Messamena à l’Est du Cameroun. Les équipes de vaccination déployées le lundi 21 juin 2021 par le médecin chef de l’hôpital de district ont également buté sur la résistance des populations cibles. Dans cette prison située dans la région de l’Est, le vaccin a été proposé aux 42 occupants (15 personnels pénitenciers et 27 détenus). Mais selon une source, moins de 10 détenus ont accepté de se faire vacciner et du côté du personnel, seul le régisseur a reçu sa première dose de vaccin. Mais l’exemple du patron n’a pas suffi pour convaincre ses collaborateurs sceptiques. D’autres maisons d’arrêts devraient sacrifier à ce rituel. Notamment la prison de New-Bell dans la ville de Douala.

Entre-temps, de son côté, le gouvernement insiste que la vaccination est « la mieux à même de préserver les populations vivant sur le territoire national de cette grave maladie », tel que l’a à nouveau réitéré son porte-parole le 16 juin dernier. Et « Quoique volontaire et facultative, la vaccination de tous et de chacun est une nécessité impérieuse qui interpelle à la fois le devoir de citoyenneté et de responsabilité de tous », a déclaré le ministre de la Communication (Mincom).

A noter que ces opérations de vaccination interviennent au moment où le Cameroun entend intensifier la vaccination contre le Covid-19 à travers une campagne de vaccination intensive du 7 au 11 juillet prochain à l’attention des personnes âgées de 18 ans et plus. Ceci, en raison « des suspicions, idées préconçues et préjugés qui sont véhiculés ici et là » et de la réticence des populations à se faire vacciner, regrette le Mincom. Au 23 juin, les statistiques officiels faisaient état de 80 mille 608 cas confirmés, 1325 décès pour un taux d’occupation des lits de 4,6% et de sévérité de 3,8%.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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