Des quintuplés nés le 10 août 2019, un seul est encore en vie. Les parents accusent le personnel de négligences, sans omettre l’état défectueux des couveuses.

C’est un papa effondré que nous avons au téléphone ce 1er septembre 2019. Sa joie d’être « Tagne Tagne », l’appellation prestigieuse donnée aux parents des jumeaux en pays Bamiléké, n’aura été que de courte durée. Depuis le 11 août, ce couple de fonctionnaires, originaire de la Menoua dans la région de l’Ouest au Cameroun, est frappé de plein fouet par une tragédie: le décès de quatre des cinq enfants prématurément mis au monde la veille par sa femme. « Mes enfants sont nés le 10 août sans problème. Ils étaient bien portant et en vie. Ils sont nés à 30 semaines. L’ancien directeur qui a malheureusement été affecté ailleurs m’a rassuré que tout allait bien se passer. Il veillait à cela », confie le papa éploré.

De lui, l’on apprendra que des quintuplés (deux garçons et trois filles) nés le 10 août dernier à l’hôpital régional de Bafoussam, un seul est encore en vie. Une fillette dont la survie ne tient qu’à un fil. « Quand il restait trois, j’ai demandé qu’on m’évacue à la Fondation Chantal Biya à Yaoundé. J’ai même appelé mes frères qui sont là-bas pour leur demander de tout organiser mais la pédiatre qui s’occupait des enfants depuis le début de la grossesse m’a dit que ça ne la dépasse pas. Le père de ma femme a aussi voulu les faire évacuer par hélicoptère mais ils ont refusé», fulmine le papa.

Pour ce dernier, cette évacuation était la seule chance de survie de ses bébés. Le jeune Papa de 39 ans ne décolère pas face à cette situation affligeante. « Personne ne m’a jamais appelé pour me dire ce qui se passe avec mes enfants et pourquoi tous meurent. Personne ne m’a jamais appelé pour me remonter le moral. Pourtant j’ai demandé à plusieurs reprises. C’est quand le 4e est mort que je suis allée voir le nouveau directeur. J’ai menacé d’aller voir la presse, qu’il est venu souhaiter les condoléances à ma femme. J’ai demandé de quelles condoléances s’agit-il ? Il fallait attendre que mes enfants meurent presque tous ? ». Selon certaines sources, les enfants souffraient de « détresse respiratoire ».

« Négligences » du personnel ?

Pour le couple victime, le personnel est responsable de ce drame. D’ailleurs, la Papa est formel : « C’est une négligence médicale parce que les infirmières n’ont pas fait leur travail. Elles passaient le temps à dormir. C’est ma femme qui allait les réveiller tout le temps quand ça n’allait pas », charge-t-il. Pis, « les couveuses étaient défectueuses. Elles ne fonctionnaient pas bien. Ça s’arrêtait tout le temps. Ma femme était obligée de se plaindre tout le temps et là on changeait », soutient-il.

Joint au téléphone, le Pr Enow Orock, directeur de cette formation sanitaire publique, n’a pas souhaité s’exprimer. « Non madame. Je n’ai pas une minute à vous consacrer. Je suis en plein déménagement. Vous me dérangez vraiment. Merci de ne pas insister », a-t-il prétendu avant de mettre un terme à l’échange téléphonique. « Ça ne me surprend pas de lui. C’est normalement son comportement. L’ancien était un gentleman », confie un de ses anciens collaborateurs.

Enquête

Toujours est-il qu’au niveau du ministère de la Santé publique, l’affaire est déjà sur la table de Manaouda Malachie. « Mon attention vient d’être appelée sur l’environnement de décès des nouveau-nés à l’hôpital régional de Bafoussam. J’ai immédiatement prescrit des investigations qui sont en cours », a réagi le Minsanté via son compte Tweeter. Affaire à suivre…

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