Manaouda Malachie a jusqu’au mois de mars pour résoudre définitivement les revendications des syndicalistes.  

Le service ne sera finalement pas interrompu dans les hôpitaux publics ce 21 janvier 2019 comme initialement annoncé, à travers un préavis de grève cosigné par les Syndicats des personnels médico-sanitaires le 7 janvier dernier. Après concertation, le Syndicat national des personnels des établissements et entreprises du secteur de la santé du Cameroun (CAP/Santé) et le Syndicat national des personnels médico-sanitaires du Cameroun (Synpems), ont décidé de suspendre leur préavis d’arrêt de travail jusqu’au mois de mars 2019. Et pour les syndicalistes, c’est loin d’être une capitulation. « Dans une négociation, il y a un deadline. D’ici trois mois, nous allons nous retrouver pour évaluer et voir si les autorités sont sincères », a expliqué Sylvain Nga Onana, le Président du CAP/Santé. Autant dire que la bombe activée le 7 janvier dernier sous le fauteuil de Manaouda Malachie, ministre de la Santé Publique, n’a pas été désamorcée. Mais elle a été reprogrammée pour le mois de mars. Ce qui laisse un sursis de trois mois au nouveau ministre de la Santé. Un sursis obtenu au bout de cinq heures « d’échanges francs et sans fioritures avec le ministre de la Santé publique », tient à souligner M. Nga Onana.

Avec Synpems et plusieurs de leurs autres camarades, ils étaient réunis le 17 janvier 2019 autour du Minsanté, du Secrétaire d’Etat à la santé, de certains directeurs généraux et des directeurs d’hôpitaux, ainsi que de certains représentants des Administrations concernées. Les parties se sont penchées sur le chapelet des revendications formulées par ces deux syndicats professionnels, afin de déterminer si le préavis d’arrêt de travail dans les hôpitaux publics est maintenu. « Le ministre a reconnu que tous ces problèmes étaient profonds et pertinents et qu’il est du ressort des administrations concernées d’y apporter des réponses », fait savoir notre source. Celui qui avait sur sa table sa première grosse crise, hérite en réalité d’une situation qui prévaut depuis plusieurs années. En effet, certaines de ces revendications étaient déjà à l’origine de la grève observée par les personnels de santé des hôpitaux publics au début de l’année 2017. Sous l’ère Mama Fouda donc, les autorités avaient pris l’engagement d’y apporter des solutions. Ce qui n’a pas été fait depuis deux ans. D’où leur décision d’initier un nouveau mouvement de contestation.

Revendications

13 préoccupations (Cf article du 17 janvier) ont ainsi meublé cet échange entre les personnels des hôpitaux publics et le gouvernement. Celles-ci ont été débattues, pour une adoption définitive, des solutions à court, moyen et long terme. Sauf que, seulement cinq des 13 préoccupations des syndicalistes ont eu gain de cause. Une modeste moisson qui n’a cependant pas douché le sentiment de victoire de certains. « C’est une victoire pour nous. Victoire d’abord avec la contractualisation réelle de 173 sages-femmes et maïeuticiens. Leurs matricules seront disponibles dès lundi à la fonction publique. Autre victoire, sur le 2e point qui concernait le respect strict de l’application des textes du chef de l’Etat. Le ministre a dit que les textes du Président de la République sont des instructions qui ne se discutent pas et doivent être appliquées », se satisfait Sylvain Nga Onana. Aussi, « Celui sur l’ensemble des prestations onéreux aux personnels médicaux et paramédicaux exerçant dans les formations sanitaires publiques, le texte devrait être respecté dès le 5 février prochain.  Celui fixant les modalités de prises en charge des soins et des frais médicaux des maladies non imputables aux services des personnels des corps de la santé publique, le ministre a convenu qu’il va fournir les carnets aux directeurs des hôpitaux pour la prise en charge effective. C’est déjà ça. Le reste, on attend. Nous allons nous retrouver à la fin du mois de mars et évaluer », poursuit ce dernier.  « A l’issue de ladite concertation, de nombreuses avancées ont été constatées et des résolutions ont été prises dans le cadre de la poursuite de l’amélioration des conditions de travail des personnels de santé », se satisfait le Président de CAP/Santé.

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