C’est pour son appropriation et sa pérennisation dans le but de réduire la mortalité maternelle et infantile ainsi que le cout des soins dans ces trois régions.

Le Dr Martina Baye se veut formelle. « Dans les formations sanitaires où les femmes achètent le chèque santé, il y a trois fois moins de décès que dans les formations sanitaires où cela n’est pas pratiqué », soutient la secrétaire permanente du programme national de lutte contre la mortalité maternelle, néonatale et infantile. Depuis son lancement en juin 2015, le Projet Chèque santé implémenté dans les trois régions septentrionales et dont les objectifs étaient entre autres, réduire les barrières d’accès aux soins obstétricaux et néonataux et améliorer la qualité des soins à travers un système d’achat et de prestation à un meilleur prix, a déjà été vendu à 92 181 femmes et sauvé plus de 100 000 femmes dans 11 DS et 81 formations sanitaires. Ainsi, alors que le cout moyen de la prise en charge de la femme enceinte est de 60 000 Fcfa, dans ces régions, avec 6000 Fcfa, la femme enceinte a droit à toutes les consultations prénatales, y compris l’accouchement. Soit une réduction de 10%. « Et même si au moment de l’accouchement il faut opérer, tout est contenu dans ces 6000 Fcfa qu’elle a payé», précise le Dr Martina Baye. La phase pilote s’est achevé le 04 mai 2018, a donné lieu le 29 octobre 2018 à Yaoundé, au transfert dudit projet aux compétences nationales que sont les trois Fonds régionaux pour la promotion de la santé (Frps) de l’Adamaoua, le Nord et l’Extrême-Nord. Des régions où l’on enregistre les pires indicateurs de santé en matière mère et enfant. « Les résultats satisfaisants obtenus dans cette phase pilote nous imposent deux enjeux majeurs : l’appropriation du mécanisme et sa pérennisation. C’est pourquoi le gouvernement a choisi de transmettre la gestion du projet chèque santé à des structures nationales déjà en activité dans les dix régions du pays », a déclaré André Mama Fouda.

Le ministre de la Santé publique (Minsanté) et les trois administrateurs de ces FRPS du Grand-Nord ont ainsi signé trois conventions cadres, pour réduire notablement la mortalité maternelle et infantile ainsi que le cout des soins dans ces trois régions. Le tout, pour 11,5 milliards de Fcfa. « Transférer à des compétences nationales cette gestion d’un projet qui a déjà fait ses preuves, qui a déjà touché la vie de plus de 100 000 femmes aujourd’hui qui ont bénéficié de cet accompagnement. L’idée est d’aller plus loin dans ce projet afin de démultiplier ce qui a déjà été fait et toucher le maximum de populations», fait savoir Benoit Lebeurre, directeur de l’Agence Française de développement (AFD). En effet, au 30 septembre 2018, 112 209 chèques santé avaient été vendus, sur une cible de 110 700 au départ. En outre, au mois d’avril 2018, le nombre d’accouchement assistés sous CS das les Fosa d’intervention est de 63 235. Soit 68%. Le pourcentage des césariennes survenues sous CS lui, est de 45% tandis que celui des Fosa éligibles aux primes pour qualité des prestations en santé de reproduction est de 69%.  Le tout, pour non seulement 69% en zone rurale et 57% en moyenne en zone rurale/urbaine de taux d’adhésion au CS dans les Fosa d’intervention, mais aussi et surtout, une contribution à la réduction de la mortalité néonatale institutionnelle dans les Fosa d’intervention 1,5 fois moins de décès chez les utilisateurs.

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