Certains les qualifient d’« inégales et discriminatoires », du fait de la part belle accordée au département d’origine du Minsanté.

Les récentes affectations de personnels en service au ministère de la Santé publique font couler beaucoup d’encre et de salive dans le Grand-Nord. Notamment, dans la région de l’Extrême-Nord. Et pour cause, elles ne font pas l’unanimité car d’après une certaine majorité, une part belle a été accordée au Mayo-Tsanaga, département d’origine du ministre de la Santé publique Manaouda Malachie. Ceci, au détriment des autres département de cette région que sont le Logone et Chari et le Mayo-Sava. Pour cette majorité donc, elles sont ni plus ni moins « inégales et discriminatoires ».  Pour preuve, le fait que l’hôpital régional Annexe (HRA) de Mokolo ait bénéficié d’un nombre plus important de personnels, au détriment des hôpitaux régionaux annexe de Yagoua et de Kousseri.

En effet, d’après la comptabilité faite par cette frange et vérification par nos soins à la lumière de la décision du 30 septembre 2020, l’HRA de Mokolo dans le Mayo-Tsanaga se voit doté d’un médecin gynécologue, un médecin biologiste, deux médecins généralistes, une sage-femme, une infirmière accoucheuse et une aide-soignante. L’HRA de Kousseri lui, ne bénéficie que d’un infirmier et d’un agent contractuel de l’administration, tandis que celui de Yagoua n’a reçu qu’une seule sage-femme. Plus grave à leurs yeux, le seul chirurgien dont disposait cette Fosa publique a été muté au sein de cet HRA de Mokolo en mars dernier.

Sureffectif

« Cet hôpital est en surnombre d’effectif », confirme un acteur de la scène médicale camerounaise. Pour lui, en réalité, certes il se posait un problème de sous-effectif mais les affectations de mars dernier ont non seulement participé à régler ce déficit mais aussi et surtout, créé un surplus d’effectif à l’HRA de Mokolo. A l’analyse, dans cette catégorie, seul l’hôpital régional de Maroua semble logé à la bonne enseigne. Sans doute du fait de sa position régionale stratégique. Cette Fosa s’est donc vue dotée d’un médecin neurologue, d’un infirmier spécialisé en ophtalmologie et d’une aide-soignante. Suffisant sans doute pour accuser le Minsanté d’avoir « fait preuve de partialité », à l’endroit de son département.

Ce d’autant plus qu’au-delà de cette « inégale et discriminatoire» répartition des ressources humaines décriée, la dotation en équipements et matériels roulants suscite tout aussi des griefs contre l’homme fort du Mayo-Tsanaga. En fait, ce dernier est en outre accusé d’avoir par ailleurs doté son département d’origine en ambulances, « sans penser aux départements du Logone et Chari et du Mayo-Sava qui connaissent les exactions de Boko haram ». Sauf que dans l’ordre, le Mayo-Tsanaga est le département de l’Extrême-Nord qui connait le plus d’exactions, suivi du Mayo-Sava et du Logone et Chari. Mais, cet argument ne semble pas suffisamment convaincant.  « Nous avons cru à votre jeunesse et votre détermination d’impulser un développement intégré et équitable mais surtout faire de notre région jadis oubliée, une région relevée au niveau des plateaux techniques de nos hôpitaux », conclut cette frange. Visiblement déçue.

Encadré

Promotions à l’administration centrale

Le vent des nominations de responsables a aussi soufflé à l’administration centrale de ce ministère. Trois directions stratégiques ont ainsi de nouveaux hommes à leurs têtes. Il s’agit de la Direction des ressources financières et du patrimoine (Drfp), de celle des ressources humaines (DRH) et de la Division de la Coopération (Dcoop).  Depuis le 1er octobre dernier, elles ont désormais respectivement comme directeurs, Ella Ngbwa Emile, Eyenga Ndjomo Elysée Amour II et le Dr Hassan Ben Bachire. Le nouveau Drfp était avant sa nomination, DRH. Poste qu’il a occupé pendant 15 mois. Il a aussi été chef de service des affaires administratives et financières à l’Agence nationale d’Investigation Financière (Anif).

Le 2e, qui hérite du fauteuil de DRH est un inspecteur principal de la documentation et spécialiste en Finances publiques, sortant de la division des affaires financières du Cousp. Auparavant, il a été de juin 2019 à septembre 2020 sous-directeur du budget et Coordonnateur de la section Administration et Finances du SGI pour la riposte contre le Coronavirus. Le 3e, le nouveau Dcoop est un médecin de santé publique, ancien secrétaire permanent du Programme Elargi de Vaccination (SP-PEV). Il aura auparavant été à la tête de plusieurs hôpitaux de Districts, chef de Districts de Santé, Coordonnateur régional du PEV, chef de la brigade de contrôle des soins et épidémiologiste à l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) pour le Septentrion.

L’Inspection générale des services administratifs voit aussi l’arrivée de nouveaux promus. C’est ainsi que le Dr Dissongo, précédemment délégué régional de la Santé publique pour le Littoral est désormais CT N° 4. Au niveau des conseillers techniques, précédemment CT N• 3, Samuel Kingue a été propulsé CT N•1. Il n’en fallait pas plus pour certains cadres de ce ministère et des acteurs du secteur, de soutenir que « C’est le cercle rapproché du ministre qui est promu ».

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