La prévalence elle, est de 20 000 cas.

Plus de 23 000 femmes souffrent de fistules obstétricales (FO) au Cameroun. Ces données sont de la direction de la Santé familiale (DPF), du ministère de la Santé publique (Minsanté). En effet, cette lésion grave, qui survient lors de l’accouchement, affecte 2000 nouvelles personnes chaque année. C’est une conséquence dramatique de l’accouchement difficile ou prolongé, matérialisée par la création d’un passage anormal entre le vagin et la vessie et/ou le rectum par lequel l’urine et/ou les matières fécales fuient constamment.

Les femmes et filles atteintes de FO font face à une stigmatisation dévastatrice, qui favorise la honte, l’isolement, la marginalisation et même l’exclusion sociale. Dans certaines localités même, ce sont les filles d’à peine 13 qui en sont atteintes. Pis, 43% des femmes accouchent encore à la maison. Toutes choses qui favorisent la FO, au même titre que l’insuffisance d’accoucheurs spécialisés et un accès limité aux césariennes d’urgence. Pourtant, il est important de prévenir cette lésion grave et le cas échéant, de la traiter pour éviter les complications.

Seulement 600 femmes opérées en 5 ans

Au cours des cinq dernières années de lutte contre au Cameroun, seulement 600 femmes ont pu être prises en charge durant les cinq dernières années. D’après la secrétaire générale du Minsanté, Sinatha Koulla-Shiro, à mettre aussi à l’actif de ces efforts du gouvernement camerounais, plusieurs centres de santé ont vu leurs capacités renforcées, le personnel de santé aux niveaux des districts et des régions formés aussi. Cependant, beaucoup reste à faire. L’Enquête par grappes à indicateurs multiples conduite en 2014 (Mics 5) indique qu’au Cameroun, environ 6000 femmes meurent chaque année au cours de leur grossesse ou en donnant la vie. « Et pour chaque femme qui meure, au moins 20 autres survivent avec des complications dont une des plus graves et humiliantes est la fistule obstétricale », regrette Siti Batoul Oussein, la Représentante du Fonds des Nations unies pour la population (UNFPA).

500 nouvelles opérations en 2019

A en croire cette dernière, l’urgence appelle à l’accélération des interventions. Ainsi, pour cette année 2019, l’UNFPA entend appuyer le gouvernement camerounais à réaliser 500 nouvelles opérations chirurgicales des cas de FO, à renforcer les capacités des formations sanitaires et à former d’autres personnels de santé. A ceci, s’ajoute l’accompagnement des femmes guéries pour leur réinsertion socio-économique.

Obstacles à la lutte

La représentante du Minproff est formelle. Certains obstacles empêchent les progrès dans la lutte pour l’élimination de la FO au Cameroun. Ce sont entre autres, la persistance des pratiques néfastes comme l’excision, les mariage et grossesses précoces, le faible niveau d’information et de sensibilisation. La faiblesse des systèmes de santé, en général, et l’absence des centres communautaires de référence des malades, en particulier ne sont pas en reste.

La Journée Internationale pour l’élimination de la FO  a été commémorée ce 23 mai 2019 sous le thème : « La fistule est une violation des droits humains : en finir maintenant ! ». Au Cameroun, le « Mois de la Fistule Obstétricale » est en cours, avec diverses activités prévues. Notamment, la sensibilisation, l’identification des malades et les campagnes de prise en charge gratuite dans plusieurs localités.

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