"Nos équipes ont des difficultés pour se déployer".

Le délégué régional de la santé publique pour le Sud-Ouest est revenu avec nos confrères de la Crtv, sur la lutte contre le Covid-19 dans sa région, dans un contexte d’insécurité et de moyens limités pour la riposte auxquels doivent faire face ses équipes.

Situation du Covid-19 dans le Sud-Ouest

Depuis le déclenchement de cette épidémie dans le Sud-Ouest c’est-à-dire le 24 mars 2020 où nous avons enregistrés notre premier cas, nous avons à ce jour, 1712 cas confirmés, 33 décès, avec un taux de létalité de 2,1%. Vu notre courbe épidémiologique qui en elle-même est construite à travers les résultats qui viennent des 18 districts de santé dans le Sud-Ouest, nous constatons que la situation ne fait que s’empirer. Nous enregistrons de plus en plus de cas.

Déploiement des équipes

C’est très difficile certes mais nous sommes quand même professionnels et tout le monde sait que le corps médical est là pour tout le monde. Nous avons cette petite chance que nous pouvons pénétrer certaines zones de risque avec bien entendu la compréhension de tout un chacun. Il y a des kidnappings de nos agents sur le terrain mais on finit par les relâcher. Nous sommes courageux et tous les Districts que compte la région du Sud-Ouest sont en pleine riposte. Nous ne pouvons pas dire que c’est à 100% mais c’est à environ 80%.

Moyens conséquents de riposte

Nous avons des difficultés énormes. Nos équipes n’ont pas de matériels roulants. Nous faisons avec les moyens de bord parce que pour nous, l’équipe qui nous anime c’est de travailler, avant de nous plaindre. Les pouvoirs publics nous ont quand même aidé avec certaines ressources pour mener à bien notre travail mais nous avons beaucoup de challenges, d’insuffisance des kits pour le testing, nous sommes presque en rupture de stocks. Nos équipes ont des difficultés pour se déployer. Mais nous arrivons quand même à travailler. Nous sommes là pour aider tout le monde. Quand il y a quelqu’un travailler devant nous, nous voyons à travers lui un malade. Donc nous arrivons à faire entendre notre voix d’un corps humanitaire, qui est professionnel, qui est là pour aider les populations. Donc c’est par ces moyens avec bien sur, l’intervention des autorités locales

Adhésion des populations

En matière de santé publique, les populations sont de notre côté. Mais Bien sur il y a toujours ces rumeurs qui circulent sur les réseaux sociaux du fait que les vaccins ne sont pas acceptables. Nous leur disons que nous ne sommes pas à ce niveau pour la vaccination. Maintenant, il faut un testing massif sur le terrain parce que c’est à travers cela que nous pouvons savoir notre statut et puis, renforcer les mesures barrières.

Risque de développer d’autres maladies

Pendant la période pré-vaccinale, nous avons mené beaucoup de plaidoyer et de mobilisation sociale dans les aires de santé, à travers les autorités administratives régionales, départementales et les arrondissements. Donc, les gens étaient suffisamment préparés mais, il y a toujours des réticences parce que les gens confondent cela à la vaccination contre le Covi-19. Les populations ont peur de se vacciner pour des raisons auxquelles je ne veux pas croire. Le vaccin contre le choléra est administré par voie orale alors que le vaccin contre le Covid-19 est administré par voie d’injection intramusculaire. Donc on le leur démontre et ça se passe tant bien que mal.

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