Lire la tribune libre du docteur en Economie de la Santé, par ailleurs fondateur de l’Institut de Recherche pour la Santé et le Développement, à la suite des mesures prescrites par le chef de l’Etat Paul Biya hier, le 17 mars.

En période de crise comme actuellement, un pays soucieux de la santé de ses populations se doit de prendre des décisions aboutissant à la mise en place d’un système de riposte responsable et résilient. Cependant, au Cameroun, les mesures mises en place présentent plusieurs failles, démontrant non seulement le caractère léger des réflexions mais également la non maîtrise de la gestion des risques sanitaires.

Il m’est revenu plusieurs fois de décrier l’insuffisance significative des unités de prise en charge des cas suspects et confirmés de coronavirus sur l’étendue du territoire. Faut-il le rappeler, dès le départ, pendant que les pays s’activaient à développer cette offre de façon abondante, le Cameroun s’est doté seulement de 02 petits espaces d’une capacité de 8 lits pour une population d’environ 25 millions. Au stade actuel, cette capacité semble être à un total d’environ 30 lits répartis sur plusieurs zones.

Nos dirigeants ne connaissent-ils pas LES PREVISIONS ou alors cette manière de faire est un mode de Gouvernance ?

De plus, notre système de santé (à travers l’intervention du directeur de la lutte contre la maladie) préconise que si la situation s’aggrave, ils seront obligés de chasser des malades déjà internés dans les hôpitaux pour installer les patients atteints de coronavirus. Par ailleurs, on réquisition des hôtels pour la mise en quarantaine des passagers venus de l’extérieur. MON DIEU!!!! QUELLE INCOMPETENCE!!!!

La conséquence directe de ces mesures est que la propagation du virus risque d’être très importante vu le caractère éparpillé des patients sans véritables mesures rigoureuses comme lorsqu’il existe un seul centre. Il est à rappeler que la concentration des patients à un seul endroit limite ces risques de propagation et améliore également le suivi.

Après presque 3 mois de crise sanitaire, le Cameroun présente des mesures visant à faire face à la situation du coronavirus. Oufff!!! « Vaut mieux tard que jamais », mais il est important quand même de s’interroger sur la pertinence de ces mesures qui semblent être une application bête et méchante des mesures venues d’ailleurs. Je me permettrais de m’attarder juste sur quelques-unes.

En 6e mesure, Il est préconisé de fermer les débits de boissons et autres à 18h, alors ma question est de savoir si avant 18h le virus ne se transmet pas ou alors on peut se partager le virus en journée sans qu’il n’y ait de problème ? 7. Un système de régulation des flux sur les marchés… j’ai envie de rire aux éclats lorsque je pense à Mokolo et à Ndokoti.

Je ne reviendrais pas sur les autres mesures que je trouve suffisamment fantaisistes….

Il est clair, depuis des décennies, que le Cameroun ne dispose pas d’un système de santé capable de faire face à un choc sanitaire. Additionné à cela, le laxisme observé depuis le début de la pandémie de coronavirus à l’échelle internationale qui a suscité en moi plusieurs interrogations sur le niveau de conscience et de responsabilité de ce système de santé et ses dirigeants.

On ne prépare pas la guerre pendant la guerre mais nous pouvons faire mieux…

Que Dieu protège le Cameroun

Albert ZE, Fondateur de l’Institut de Recherche pour la Santé et le Développement

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