Ils ne parviennent malheureusement pas à faire face à la forte demande des familles et apporter des soins adéquats à ces bébés fragiles.

Deux histoires des bébés prématurés cherchant couveuses ont défrayé la chronique aux mois de février et mars 2029, dans les régions du Nord et de l’Extrême-Nord. Ces deux histoires se sont d’ailleurs soldées par des notes tristes. Quatre décès ont malheureusement été enregistrés au sein des hôpitaux régionaux de Garoua (trois) et Maroua (un). Des décès qui ont remis au goût du jour, le déficit criard en couveuses dans les hôpitaux au Cameroun en général, et dans le Grand-Nord en particulier.

En effet, l’hôpital régional de Maroua par exemple, vieux de 84 ans et ne répondant plus véritablement aux normes de meilleures conditions d’administration des soins de santé, ne dispose que de trois couveuses. Pourtant, cette formation sanitaire (Fosa) publique couvre plus de 4 millions d’âmes. « Donc, même 100 couveuses seront insuffisantes mais peuvent quand même servir à quelque chose », indique une source médicale. Ce déficit en couveuses a aussi fait son nid à l’hôpital régional de Garoua, région du Nord. La situation a même été fatale pour trois prématurés, le 23 février 2019.

Car, des sept couveuses dont dispose cette Fosa publique, seulement deux sont fonctionnelles, pour une dizaine de prématurés par semaine, dont le traitement nécessite des couveusesPis, selon les confidences du personnel médical de cet hôpital, la 2e couveuse est même considérée comme de moitié car, elle ne fonctionne pas. « Le réglage n’est pas fonctionnel », lâche l’un d’eux, dépité.

Rafistolage au scotch

Et celle en service est rafistolée par du scotch. « Quand il y a des décès ensuite, on accuse les infirmières, alors que tous les dirigeants et surtout le ministre de la Santé est au courant du très mauvais état dans lequel se trouve cet hôpital », s’indigne un infirmier en service au sein de cet hôpital. A Ngaoundéré, la situation n’est aussi guère reluisante. L’hôpital régional ne dispose que de trois couveuses.

« Mais il nous faut encore beaucoup de couveuses dans l’Adamaoua. En dehors de Ngaoundéré, nous avons beaucoup de prématurés dans toute la région, mais il n’y à pas de couveuses. Généralement, l’hôpital Norvégien nous renvois les prématurés. Et nos couveuses sont généralement en panne », explique le Dr Hélène Dokapédiatre en service à l’hôpital régional de Ngaoundéré.

« Couveuses artisanales » et bouillottes

Face à ce déficit, chaque responsable d’hôpital y va de son astuce, pour sauver les meubles. A l’hôpital régional de Garoua, la solution précaire de « couveuse artisanale » a ainsi été trouvée pour faire face à cette carence. Albert Legrand Bayang, parent d’un prématuré décédé, a dû faire les frais de ces couveuses de fortune. « Après avoir établi que le bébé était prématuré, on m’a demandé d’aller acheter des ampoules pour chauffer la couveuse artisanale dans laquelle elle allait être placée. J’ai acheté quatre ampoules de 60 watts. Mais avant, j’ai pris le soin de savoir pourquoi je devais acheter une ampoule. On m’a fait savoir que l’hôpital ne dispose que de deux couveuses normales et elles sont déjà occupées, et donc, ma fille devait être conservée dans une couveuse artisanale. L’ampoule servirait donc au chauffage », confie dépité, l’homme d’affaires de Garoua.

Lequel a malheureusement assisté au décès de sa fille « dans des couveuses défectueuses », lâche-t-il la mine sombre. A Ngaoundéré, à défaut des couveuses, il avoir des bouillottes. « Nous créons des bouillottes artificielles avec des bouteilles d’eau même au niveau de l’hôpital régional lorsque les trois couveuses fonctionnelles sont saturées. Lorsque nous ne pouvons pas créer ces bouillottes, nous appliquons la méthode Kangourou », indique le Dr Hélène Doka.

Souffrances et promesses

Depuis cette ténébreuse nuit du 23 février ayant conduit à ce drame, aucune amélioration n’a été enregistrée au service de néonatalogie de cet hôpital.  « Les gens souffrent. Parfois, nous nous retrouvons à la garde avec des prématurés qui arrivent mais nous n’avons pas de place pour eux. Nous sommes donc obligés de les référer à l’hôpital de la Cnps », regrette une source médicale.  La promesse de doter ledit service d’une couveuse a été faite par le Directeur mais elle tarde à se matérialiser.

A Maroua aussi, les responsables de l’hôpital indiquent que des dispositions sont prises pour doter l’hôpital de trois couveuses supplémentaires (2 grandes et une petite), dont la capacité est de sept enfants au maximum. Sauf que, ce problème général de déficit en couveuses n’en sera pour autant pas résolu. « Pour un service comme la néonatalogie, il faudra autant que possible des couveuses », précise un médecin.

Parce que, d’après le Dr Hélène Doka, un prématuré est un enfant qui fait facilement l’hypoglycémie. Voilà pourquoi il faut avoir du glucose pour lever l’urgence ; l’hypocalcémie, avoir du calcium injectable pour la lever. Il peut aussi avoir l’hypothermie, raison pour laquelle il faut avoir une couveuse. « Du moment où une structure sanitaire a des couveuses, des laits, des antibiotiques, nous pouvons élever ces enfants. Il faut des antibiotiques parce que celui qui nait prématurément à des affections, des pathologies qu’il développe. Il doit donc prendre des antibiotiques pendant 10 jours », informe le Dr Doka.

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