La présidente du Csusp et le Minsanté.

L’avis du Conseil scientifique des urgences de Santé publique (Csusp) était vivement attendu, après la suspension du vaccin AstraZeneca dans plusieurs pays européens par principe de précaution, pour cause d’effets secondaires indésirables graves sur des patients, survenus après son administration. Réuni en session extraordinaire le 12 mars 2021, cet organe consultatif « recommande un délai supplémentaire d’observation avant son utilisation éventuelle au Cameroun ».

C’est que, « Il est sage d’attendre. Nous n’avons pas les dossiers des personnes décédées en Europe. Des instances qualifiées examinent », indique l’un de ses membres. Et au terme des investigations en cours, « Le Csusp réexaminera la pertinence de l’utilisation de ce vaccin en phase 4 d’expérimentation clinique pour réduire l’incidence des formes sévères et mortelles du Covid-19 », précise l’équipe chapeautée par le Pr Koulla Sinata.

En attendant les conclusions de ces investigations, « Faisons ce qui marche », prescrit ce membre du Csusp. Il fait référence aux mesures préventives contenues dans le plan national de riposte. Lesquelles « restent les moyens préventifs les plus efficaces contre le Covid-19 », martèle le Csusp. En effet, « A l’heure actuelle, les données disponibles sur les vaccins en utilisation d’urgence ne permettent pas de conclure sur la limitation de la transmission de la Covid-19 par la vaccination », expliquent ses membres.

Le Csusp réitère de ce fait son appel à la mise en fonction urgente d’un système national de veille épidémiologique comportant : la conduite d’enquêtes de séroprévalence pour estimer l’ampleur de l’immunité collective, une surveillance génomique afin de cartographier les variants viraux en circulation sur le territoire national et un contrôle systématique de lots de médicaments utilisés dans le protocole national de prise en charge.

En d’autres termes, il s’agit entre autres, d’examiner si la population dispose d’un niveau d’immunité collective justifiant ou pas le recours à la vaccination ; d’identifier les variants en circulation au Cameroun et leur sensibilité aux différents vaccins et de déterminer si une proportion de la mortalité actuelle est le fait de « mauvaise » héparine. En réalité, le Csusp demande ni plus ni moins de financer la recherche locale « si vous voulez des réponses précises».

Il rappelle que « dans le contexte actuel de la transmission communautaire de la Covid-19, toute fièvre, toute grippe ou toute forme de paludisme ou symptômes évocateurs doivent également être testés pour le Covid-19 ». A noter que le Csusp a recommandé 4 vaccins au gouvernement le 25 février dernier. Il s’agit d’AstraZeneca, Johnson and Johnson, Spoutnik-V et Sinovac.

Du côté de l’OMS, ses experts dont l’avis est très attendu, continuent « d’évaluer » les données concernant les problèmes de santé rencontrés par les personnes vaccinées avec ce produit. « Pour le moment, l’OMS estime que la balance risques/bénéfices penche en faveur du vaccin AstraZeneca et recommande que les vaccinations se poursuivent », a indiqué dans un communiqué hier mercredi, l’agence onusienne. L’agence européenne du médicament elle, a répété mardi dernier qu’elle est « fermement convaincue » des avantages du vaccin AstraZeneca contre le Covid-19.

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