Les opérations de sensibilisation s'intensifient sur le terrain.

Jusqu’ici, cette région la plus pauvre et la plus peuplée du Cameroun reste la seule épargnée par le virus mortel.

La vague Coronavirus a déjà submergé neuf régions sur les 10 que compte le Cameroun. L’Extrême-Nord est la seule région épargnée par cette épidémie qui sévit au Cameroun depuis deux mois. En plus d’être la plus peuplée du pays avec ses plus de 5 millions d’habitants, l’Extrême-nord fait également office de région la plus pauvre du pays (74,3% de personnes y vivent dans la pauvreté). Face à la Covid-19, l’enjeu semble donc énorme pour cette région.

« Cette absence de cas positif au virus dans la région peut se justifier par son éloignement par rapport à l’épicentre de l’épidémie », explique un épidémiologiste en service au ministère de la Santé publique. A l’analyse de cette source, le nombre de cas diminue lorsqu’on s’éloigne de l’épicentre de l’épidémie. De ce point de vue, le Nord (2 cas confirmés) étant la seule région contaminée limitrophe à l’Extrême-Nord, il est compréhensible qu’on n’y dénombre pas de cas COVID-19 jusqu’ici.

Jusqu’à quand ?

« Je pense que nous n’allons pas tenir bien longtemps », prévient-on à la délégation régionale de la Santé publique de l’Extrême-Nord. En réalité, la région la plus peuplée du pays est de plus en plus vulnérable. Le Cameroun ayant atteint la phase de la transmission communautaire et en l’absence d’un confinement partiel de ces régions septentrionales, l’on observe toujours les mouvements des personnes d’une région à une autre.

« L’évolution logique de l’épidémie voudrait qu’elle parte des régions les plus touchées vers celles qui ne sont pas touchées », explique un médecin. C’est pourquoi après les cas de l’Est, l’Adamaoua a été attaqué, puis le Nord et logiquement l’Extrême-Nord devrait enregistrer son premier cas.

Dispositions préventives

Dans tous les cas l’Extrême-Nord affine sa riposte. « Nous sommes préparés du mieux que nous pouvons », rassure le Dr Bava, délégué régional de la Santé publique pour l’Extrême-Nord. Pour l’heure, les autorités intensifient la sensibilisation sur les mesures de prévention (distanciation, gestes barrières), le port du masque et la surveillance épidémiologique. « Nous avons beaucoup appris de la situation de Douala. Tout le monde porte le masque ici, les dispositifs de lavage des mains sont disponibles sur toutes les surfaces. Il y a aussi l’intensification de la sensibilisation à tous les niveaux, avec l’implication de tous », énumère le Dr Yaya, médecin chef du District de santé de Kousseri.

Sur le plan du matériel de riposte, la région de l’Extrême-Nord dispose à ce jour de 30 thermoflahs selon le délégué régional du Minsanté. Cette quantité est jugée « insuffisante » par des épidémiologistes. En outre, 195 lits sont disponibles dans différentes formations sanitaires à travers la région.  Ces lits sont répartis ainsi qu’il suit : cinq par hôpitaux de district (28 au total), 25 à l’hôpital régional de Maroua, 10 dans chacun des trois hôpitaux annexes de la région.

Cette capacité d’accueil est extensible avec l’appui des hôpitaux de campagne qui pourraient être mis en œuvre en fonction de l’évolution de l’épidémie. « Nous sommes prêts pour l’isolement et la prise en charge des premiers cas. Nous allons nous adapter au fur et à mesure en fonction de la situation, comme c’est le cas dans les autres régions en épidémie », dixit le Dr Bava, Drsp.

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