Mal formé, peu informé et surtout, dénué des matériels adéquats, ils se disent inquiets.

Les conditions de travail des personnels de santé dans le cadre de la lutte contre le coronavirus préoccupent. Et pour cause, « Nous n’avons pas d’équipement adéquat pour non seulement nous protéger nous-mêmes mais pour dépister à temps ceux qui seraient infectés. Nous n’avons pas de kit pour dépister les personnels atteints. Même les malades qui arrivent. Il y’en a pas assez. Depuis que l’épidémie a commencé, il y a déjà des cas de personnels de santé infectés », s’alarme Sylvain Nga Onana, président de CAP/SANTE. Une inquiétude qui se justifie par des cas de personnel de santé déjà contaminés depuis le début de l’épidémie. Les statistiques du ministère de la Santé au 10 avril 2020, font état d’une dizaine de personnels de santé touchés. Tous ont été infectés dans le cadre de la prise en charge des cas.

A en croire ce responsable du Syndicat national des personnels des établissements et entreprises du secteur de la santé du Cameroun, l’un des principaux syndicats du secteur, une quarantaine en service au Centre des urgences de Yaoundé a été mise en quarantaine. A l’hôpital Gynéco-Obstétrique et Pédiatrique de Douala, deux personnels ont aussi été mis en quarantaine. A l’hôpital Central de Yaoundé, deux soignants ont été mis à la porte de leur maison par leur conjoint, par peur de la contamination et sont aujourd’hui hébergés dans les chambres d’hospitalisation de l’hôpital. « Nous ne devons pas, au début d’une bataille comme celle-ci, nous payer le luxe de perdre des soldats. Nous devons protéger les soignants », a clamé sur la chaîne de télévision privée Equinoxe le professeur Eugène Sobngwi, conseiller médical à l’hôpital Central de Yaoundé.

« On manque de tout »

La semaine dernière, les syndicats du secteur CAP/SANTE et SYNPEMS ont adressé un courrier au ministre de la Santé pour dire leur préoccupation face à leurs conditions de travail et demander des moyens. Sylvain Nga Onana, président de CAP/SANTE témoigne du climat de peur qui s’empare du milieu. « Ça fait peur. Certains ont même peur aujourd’hui de venir à l’hôpital. Nous avons le cas d’une infirmière qui s’est fait répudiée pratiquement par son mari. Une situation qui crée la panique ».

Plus grave. « On manque de tout, partout. Que ce soit dans les hôpitaux publics ou privés », assure Sylvain Nga Onana. Ce dernier informe par ailleurs que des malades sont renvoyés chez eux faute de moyens. « On leur dit qu’il n’y a pas de place, qu’il n’y a pas de lits. La conséquence, c’est que la maladie va de plus en plus se propager et que nous allons déplorer de plus en plus de morts ». « La pandémie nous a surpris et le personnel n’était pas tout à fait préparé », appuie Balla Balla. Le président national du Syndicat des personnels médico-sanitaires du Cameroun (Sympens) confie que « l’inquiétude est grandissante » chez les milliers de membres de son organisation.

« C’est une situation sans précédent. Notre génération n’a jamais connu ça. C’est vrai que des gens n’ont pas été formés, mais tous les médecins ont été formés en virologie. C’est la base », confie au Monde Afrique, Guy Sandjon. En mars, le ministre de la Santé, Manaouda Malachie, a invité l’ensemble des « personnels de santé en cours d’intégration à bien vouloir se présenter sans délai dans les délégations régionales de leur choix, en vue de leur mobilisation immédiate » dans le cadre de la riposte contre le covid-19.

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