L’avant-projet de loi en cours de finalisation et sera soumis à l’Assemblée nationale au cours des prochaines sessions.

 

L’information est encore sous le boisseau. Et c’est fait à dessein, au regard du caractère quelque peu délicat du sujet. « Nous sommes en train de travailler sur l’avant-projet de loi que nous devons soumettre à l’Assemblée Nationale et aussi sur les textes qui permettront de mettre en place les structures nécessaires pour le démarrage », lâche néanmoins notre source ayant requis l’anonymat. Le démarrage sus évoqué est celui de la Couverture santé universelle (CSU). Une grande et profonde réforme du système de santé au Cameroun autour de laquelle des réflexions se poursuivent, dans l’optique de sa mise en œuvre effective. « Le texte est en finalisation. Nous espérons que les prochaines sessions, nous pourrons être à l’Assemblée avec les textes », souffle notre source. D’ores et déjà, « Nous avons commencé par faire une évaluation de la manière dont la santé est financée au Cameroun, comment on favorise l’accès aux soins en levant la barrière financière. Nous avons ainsi commencé par cette évaluation en 2015, restituée en 2016, pour regarder quels sont les mécanismes de financement de la santé dans notre pays. Nous avons effectivement relevé que notre système de financement était très fragmenté c’est-à-dire que nous avons plusieurs mécanismes pour financer les soins mais qui ne permettent pas d’être efficient du fait de leur multiplicité », explique le Dr Elise Virginie Longang, Point focal national de la CSU au ministère de la Santé (Minsanté).

 

Un panier de soins a au préalable été défini. Soit « environ 200 pathologies déjà considérables », précise le point focal. Le système prendra en charge les soins de base et près de 185 interventions et de 101 sous interventions. Le Cameroun aura besoin de 1.300 milliards de francs CFA pour mettre en place son système de la CSU. Afin de mobiliser cette enveloppe, le pays devra compter sur ses partenaires institutionnels et financiers. Aussi, toute la population camerounaise sera mise à contribution. Notons que cette enveloppe retenue pour la CSU, devra satisfaire les divers domaines de la médecine interne, la chirurgie, la gynécologie obstétrique, la pédiatrie, la stomatologie, l’otorhinolaryngologie, la vaccination et divers services communautaires.  Pour André Mama Fouda, la CSU va assainir tout le milieu sanitaire, avec la normalisation de la prise en charge. Chaque intervention est soutenue par un protocole dans toutes les formations sanitaires. Et une prise en charge comprendra le prix de la consultation, celui des médicaments prescrits et des prestataires, entre autres. « Ça va obliger chacune de ces formations à améliorer la qualité de ses services. Elles pourront sortir du système si jamais elles ne respectent pas les normes infrastructurelles, en ressources humaines, de propreté, entre autres », a poursuivi le ministre. Toutes choses qui font dire au Dr Owono Longang que, « Nous avons foi que ce dossier bien que complexe mais passionnant, va aboutir. Nous pensons que cette réforme est possible dans notre pays. Ce système permettra aussi d’améliorer ce qui se fait déjà dans nos formations sanitaires ».

 

 

Encadré.

2 Camerounais sur 100 couverts par une assurance

L’assurance maladie est encore très rare au Cameroun. Selon une étude réalisée en juin 2016 par l’équipe d’appui technique du Bureau international du travail (BIT) pour l’Afrique centrale, moins de 2% de la population camerounaise bénéficie d’une assurance maladie. Selon cette étude, la majeure partie de la population n’a pas accès aux soins de santé (37% de la population vit en dessous du seuil de pauvreté monétaire, selon l’enquête camerounaise auprès des ménages (ECAM) 2014). Pour avoir accès à la CSU, chaque citoyen camerounais devra disposer d’une carte de couverture en santé avec un numéro d’identifiant unique. Il pourra de cette façon, recevoir des soins et services de santé. La mise en place de cette procédure requiert l’immatriculation biométrique de chaque citoyen. Aussi, pour le cas de la CSU, « Si on est reconnu indigent on ne paie pas du tout. Que les plus forts soutiennent les plus faibles et que nous soyons au même niveau de soins. Le processus de ciblage d’indigents est en cours par les équipes du Minas et il est sur deux phases : communautaire et un test que l’INS pourra faire et en sortir une liste de personne vraiment indigentes. Tous les deux ans, une réévaluation de l’indigent sera faite à l’effet de sortir ceux qui ne le sont plus et entrer ceux qui le sont réellement », rassure le Dr Longang.

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