Cameroun. Les défis qui attendent la nouvelle cuvée des pharmaciens

Ceux qui ont prêté serment hier à Yaoundé ont l’obligation de rompre avec les mauvaises pratiques ayant cours dans la profession.

Plus de 130 jeunes pharmaciens ont prêté le serment de Galien le 9 juin 2021 à Yaoundé. Ces lauréats de la première promotion du Concours national d’aptitude médicales étaient issus des facultés de Médecine et des sciences pharmaceutiques de Douala, de Médecine et des sciences biomédicales de Yaoundé et de la Faculté des sciences et de santé de Bangangté. « C’est à travers la prestation de serment qu’ils deviennent des praticiens de l’exercice de pharmacien. Ils sont maintenant appelés à rendre service à la population », précise le Pr Assob Nguedia Jules, vice doyen en charge de la Recherche et de la coopération à l’université de Douala. Non sans rappeler le rôle du pharmacien dans un contexte de vente illicite du médicament.

« C’est celui de mettre sur le marché le médicament de qualité, à un coût raisonnable compte tenu de ce que notre population n’a pas toujours les moyens de s’acquérir le bon médicament parce que les coûts sont souvent élevés. Si le médicament de qualité est disponible et distribué par des professionnels, ça va rendre difficile la pratique illicite », explique le Pr Assob Nguedia. En réalité, « Ces nouveaux pharmaciens, cette jeunesse représentent pour nous est un grand signe. Cela signifie que nous avons la relève et que nous nous projetons pour un futur où des pharmaciens nous aideront et innoveront pour le bien de la santé », a d’emblée déclaré le Dr Nana Sambou Franck, président de l’Ordre national des pharmaciens du Cameroun (Onpc).

Dérives et mauvaises pratiques

C’est que, cette prestation de serment intervient dans un contexte marqué par des mauvaises pratiques et les dérives de plusieurs ordres observées et constatées dans la profession, foulant au pied l’éthique et la déontologie qui régissent la profession. « Nous constatons des dérives dans notre profession. Nous avons décidé au cours de la formation d’aller vers les cours d’éthique et de déontologie pour rappeler à chaque pharmacien son engagement, que la connaissance ne s’utilise pas pour des effets déviants. Parce que les mauvaises pratiques sont de plus en plus courants. Plus on devient nombreux, plus les bonnes pratiques s’ajoutent », regrette le président de l’Onpc.

Surfacturation des assurances, approvisionnement dans des circuits inappropriés, mauvais accueil des patients, non considération du patient lui-même, la délivrance ou les dispensations factices en sont quelques-unes. Plus grave, « Ceux qui font de la distribution participent parfois à alimenter le circuit informel. Pour ceux qui font de la fabrication, on a quand même une poignée de personnes qui ne respectent pas ces bonnes pratiques au niveau de la fabrication, de la distribution et de la dispensation», explique le président de l’Ordre.

La formation consiste « à rappeler à chaque fois son engagement pour la connaissance des effets déviants parce que la malfaçon si on peut l’appeler ainsi, à prendre des mesures contre les mauvaises pratiques qui sont de plus en plus courantes ». Par conséquent, « Les bonnes pratiques doivent être appliquées. C’est ça le sens de notre serment aujourd’hui : demander à tous nos confrères qui entrent et rappeler aussi à ceux qui sont entrés dans le passé que les bonnes pratiques doivent être la boussole de cette profession ». En effet, la prestation de serment « Permet de réguler et de contrôler les actions des uns et des autres pour éviter que les gens qui n’ont pas été formés à la manipulation des médicaments se mettent à se jeter dans cet exercice sans avoir été formés ou reçus les aptitudes nécessaires », fait savoir le vice doyen de l’Université de Douala.

A noter qu’en moyenne, 200 pharmaciens sont issus de ces facultés par an. Soit une cinquantaine pour celle de Douala et près de 150 dans celles de Yaoundé et Bangangté. « Nous sommes à la 7e promotion des pharmaciens à l’université de Douala. Et donc, il s’agit d’une expertise avérée. Nous sommes surs des produits que nous mettons sur le marché », assure le Pr Assob Nguedia.

Olive Atangana

Journaliste diplômée de l'École supérieure des sciences et techniques de l'information et de communication (Esstic) au Cameroun. Passionnée et spécialisée des questions de santé publique et épidémiologie. Ambassadrice de la lutte contre le paludisme au Cameroun, pour le compte des médias. Etudiante en master professionnel, sur la Communication en Santé et environnement. Membre de plusieurs associations de Santé et Politique, dont la Fédération mondiale des journalistes scientifiques (WFSJ) et le Club des journalistes politiques du Cameroun (Club Po). Très active sur mes comptes Tweeter et Facebook.

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