Elles ont exprimé leurs craintes au cours d’une réunion d’évaluation à Yaoundé.

La gravité perceptible sur les visages des autorités sanitaires le 31 octobre 2018 à Yaoundé, cadrait avec le sujet qui les réunissaient autour du ministre de la Santé : la situation épidémiologique de la lutte qu’ils mènent tous depuis trois, contre le choléra. Et l’évaluation faite a permis de ressortir une situation pas très reluisante, malgré les différentes actions menées par tous. Même si André Mama Fouda s’est félicité de la relative maitrise de cette épidémie qui continue de sévir dans la région du Nord, « au lieu que le nombre de cas soit en décroissance, nous continuons à notifier plusieurs cas », déplore le Minsanté. Au 30 octobre 2018, le décompte faisait état de 38 nouveaux cas suspects notifiés dans la région du Nord et 08 à l’Extrême-Nord, pour 645 cas et 43 décès au total. Soit 72 au Centre, 537 au Nord, 07 au Littoral et 29 dans la région de l’Extrême-Nord. «C’est beaucoup et 43 décès, c’est des décès de trop. Nous avons donc atteint un seuil très alarmant », argue le Minsanté.

Ce d’autant plus que le taux de létalité est de 6,8%, bien au-dessus de la normal requise par l’Organisation mondiale de la santé (OMS). « Ce qu’il faut relever aujourd’hui c’est que notre taux de létalité est très élevé or l’OMS tolère 1%. Nous, nous sommes à 6,8%. Il va falloir que des actions concertées soient menées », précise le Dr Alain Etoundi Mballa, directeur de la lutte contre la Maladie, les Epidémies et les Pandémies. Et ce dernier de poursuivre : « Quand nous avons commencé à surveiller au mois de juillet, l’Extrême-Nord n’était pas encore atteint mais le Nord l’était et au fils de la progression, nous voyons que ça progresse et aujourd’hui, beaucoup de districts du Nord sont atteints. Au mois d’octobre, nous arrivons à stabiliser l’épidémie mais nous avons l’impression que d’autres cas augmentent et nous avons peur que ça flambe et que ça monte dans toute la région du Nord et que ça atteigne la région de l’Adamaoua. Nous arrivons à surveiller, contenir cette épidémie mais l’enjeu doit être présentement de la stopper complètement. Il va falloir rester vigilant parce que tant que le Nigeria est en épidémie, nous le sommes aussi, le vibrion cholérique n’ayant pas de nationalité ».

Aveux

Selon les autorités sanitaires, « nous contrôlons mais n’arrivons pas à stopper tout à fait parce que nous avons constaté qu’il y’a des habitudes qui persistent. D’abord la mauvaise prise en charge des cas de choléra par les formations sanitaires mais surtout dans les ménages et les familles. Parce que jusqu’au aujourd’hui, nous avons remarqué que des cas de choléra surviennent encore dans des familles malgré la sensibilisation et que les familles cachent ces cas. Or, c’est comme si on cache un terroriste. Il faut donc agir. Ajouté à ceci, les problèmes de consommation de certains aliments souillés, l’absence des mesures d’hygiène et d’assainissement, l’absence des latrines, les pratiques funéraires. Donc, il est important qu’on insiste sur ces voix de transmission ».

Autres difficultés relevé ici, la faible disponibilité et utilisation des latrines par les populations, la rupture fréquente de certains intrants, l’insécurité dans certaines zones et l’insuffisance du personnel pour la PEC. « Un accent doit être mis également sur certains districts qui ne sont pas encore en épidémie, compte tenu de la cartographie de ces DS de l’Extrême-Nord, qui sont prédisposés à faire l’épidémie comme le DS de Maga. Donc on doit également penser à des actions préventives dans ces districts et ne pas attendre que l’épidémie s’y déclenche. Ce sont des districts qui avaient fait des épidémies grave par le passé », exhorte le Dr Oumarou, ancien médecin chef du DS de Maga et aujourd’hui Coordonnateur du secrétariat permanent de l’ONSP.

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