Mgr Abraham Kome:

Dans un communiqué rendu public à l’issue de leur 45e assemblée générale, ses évêques exigent une « réflexion » scientifique et éthique.

Les réserves des évêques du Cameroun à propos du vaccin contre le cancer du col de l’utérus restent entières. Ils l’ont indiqué le 6 novembre 2020, à l’issue de la 45e Assemblée plénière de la Conférence épiscopale nationale du Cameroun (CENC) tenue du 3 au 6 novembre 2020 à Yaoundé. « Sur la question du vaccin, nous avons des doutes. Et nous partons d’un principe logique : en cas de doute, il faut s’abstenir », confirme Mgr Abraham Kome, président de la (CENC). C’est que, ce vaccin est à l’origine « manière très récurrente les angoisses et les récriminations de nos populations », poursuit l’évêque de Bafang.

Bien qu’ayant reçu une délégation du ministère de la Santé publique (Minsanté) pour un moment d’échanges sur le projet d’introduction du vaccin contre le cancer du col de l’utérus chez les jeunes filles de 9 ans, ils ont accordé deux lignes à ce sujet dans leur communiqué final ayant sanctionné ces travaux. « Au terme des échanges, ils ont pris acte du caractère extrêmement délicat de ce sujet qui mérite et exige une profonde réflexion aussi bien scientifique qu’éthique », note ledit communiqué final qui était très attendue. Surtout après les sorties des diocèses d’Obala et de Nkongsamba à propos de ce vaccin.

En effet, le 5 novembre, Mgr Dieudonné Espoir Atangana, évêque du diocèse de Nkongsamba a invité sa communauté chrétienne de se « garder de soumettre nos enfants à ce vaccin ». Avant lui, c’est Mgr Luc Onambélé, le vicaire général du diocèse d’Obala qui a interdit le recours au vaccin contre le cancer du col de l’utérus et les autres infections génitales liées aux papillomavirus humains (PVH) dans toutes les structures diocésaines. Car pour lui, des 18 types de PVH à l’origine du cancer du col de l’utérus, le vaccin administré au Cameroun est uniquement efficace contre les lésions pré cancérigènes de types 16 et 18 du PVH et non contre les autres.

Des dignitaires musulmans leur ont emboité le pas en rejetant également ce vaccin. Dans un communiqué, l’association des Musulmans pour la coopération et le développement (MCD) dit attendre «que les érudits de la communauté Musulmane du Cameroun, Imams, Oulémas, Savants et surtout le Conseil du culte musulman donnent de façon claire et transparente leurs positions officielles ». En tout cas, les autorités sanitaires elles, et l’Ordre national des médecins du Cameroun, qui militent pour l’administration de ce vaccin. Ce d’autant plus qu’au moins 40% des femmes sont susceptibles d’être atteintes par cette ce 2e cancer féminin au Cameroun.

 

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