Cameroun. Le paludisme a tué 4 121 personnes en 2020

Les chiffres du paludisme sont en légère hausse au Cameroun. D’après le rapport annuel 2020 du Programme national de lutte contre le paludisme (Pnlp), le taux d’incidence dans les formations sanitaires (Fosa) pour l’année écoulée est de 103 pour 1000 habitants, contre 101 pour 1000 habitants en 2019. Soit une augmentation « d’au moins 5000 cas de paludisme sans compter les cas dans la communauté », relève le Dr Achu Dorothy, Secrétaire permanent du Pnlp. Cette maladie endémique qui représente un lourd impact socio-économique dans notre pays, a causé 4 121 décès au cours de l’année écoulée, contre 4510 en 2019. Soit 15,8% de taux de mortalité, contre 17,7% en 2019. Parmi ces décès, 64% sont ceux des enfants de 0 à 5 ans. « La tendance est à la croissance », a indiqué le Dr Ateba Marcellin, secrétaire permanent adjoint de ce programme au cours de la réunion d’information avec les médias le 16 avril 2021.

En effet, 2 millions 646 mille 139 cas confirmés ont été rapportés (contre 2 millions 628 mille 191 en 2019) en 2020, avec 32% des enfants de 0 à 5 ans touchés. Ce qui représente une morbidité de 101 pour 1000 habitants (contre 103 en 2019). Toujours au cours de l’année précédente, le paludisme représentait 29% des consultations dans les formations sanitaires et 40% des hospitalisations. Le taux de mortalité actuel lui, est de 16 décès pour 100 000 habitants, comparé au 18 décès pour 100 000 habitants en 2019. Soit une réduction d’environ 500 décès, d’après les responsables du Pnlp. Ceux-ci confirment d’ailleurs une « une légère inflexion ». Selon l’Organisation de la Santé (OMS), cette maladie a tué 11 233 personnes au Cameroun en 2019 et 6 millions 291 mille 256 personnes ont été testées positives. Le taux de prévalence déterminé en 2018 lors de l’Enquête Démographique de la sante (EDS) est de 24%.

Les trois régions septentrionales (Extrême-Nord, du Nord, de l’Adamaoua) et celle de l’Est sont celles qui portent le plus lourd fardeau du paludisme au Cameroun. A en croire le Pnlp, il y est « très élevé », comparé aux autres régions. Les taux de mortalité y sont respectivement de 32%, 27%, 29% et 19%. Les taux d’incidence eux, sont de 114 pour 1000 habitants, 104, 129 et 174. De manière générale, les officiels justifient cette stagnation de l’incidence par la progression des résistances des moustiques aux insecticides, l’insécurité dans certaines zones du pays et une insuffisance des ressources financières, humaines et matérielles pour assurer une couverture universelle des interventions.

Stratégies de lutte

D’ici 2023, le Pnlp s’est donné pour ambition de réduire d’au moins 60% la mortalité et la morbidité liée au paludisme par rapport à 2015 (3 440 décès et 1 million 763 mille 402 malades enregistrés cette année-là). Pour cela, il va s’appuyer sur quatre piliers d’action dont le renforcement de la volonté politique, l’utilisation stratégique de l’information et les principales politiques et stratégies antipaludiques. Concrètement, il s’agira dans la prévention, de mener des activités de pulvérisation intradomicilliaire des ménages dans les districts de santé ciblés, de gérer la résistance des vecteurs aux insecticides et d’améliorer l’utilisation systématique des Moustiquaires à Longue Durée d’Action (Milda) par toute la population.

C’est que, selon la dernière EDS 2018, elle y est de 54% seulement. Le taux de possession lui, est de 73%. « La possession a augmenté. Peut-être pas comme nous le souhaitons », indique le Dr Ateba. Sauf que, « l’utilisation n’a pas suivi », regrette ce dernier. En fait, seulement 69% de ménages utilisent les Milda. En tout cas, pour l’année 2021, le Plnp veut par exemple organiser et mettre en œuvre « avec efficience », la campagne de chimio-prévention du paludisme saisonnier (CPS) dans les régions du Nord et de l’Extrême-Nord et renforcer les interventions dans les zones à fort fardeau (Adamaoua, Est et Centre), mais aussi et surtout, conduire à son terme la campagne de masse Milda dans les deux régions restantes (Sud-Ouest et Centre).

En rappel, cette campagne qui vise la distribution gratuite de 14 millions 867 mille 748 Milda dans les 10 régions a démarré en 2019. Elle est cofinancée par le Fonds Mondial de lutte contre le Sida, la tuberculose et le paludisme dans huit régions, les Etats Unis à l’Extrême-Nord et le Cameroun au Sud-Ouest et au Centre. Ce sont les seules qui restent à couvrir.

Olive Atangana

Journaliste diplômée de l'École supérieure des sciences et techniques de l'information et de communication (Esstic) au Cameroun. Passionnée et spécialisée des questions de santé publique et épidémiologie. Ambassadrice de la lutte contre le paludisme au Cameroun, pour le compte des médias. Etudiante en master professionnel, sur la Communication en Santé et environnement. Membre de plusieurs associations de Santé et Politique, dont la Fédération mondiale des journalistes scientifiques (WFSJ) et le Club des journalistes politiques du Cameroun (Club Po). Très active sur mes comptes Tweeter et Facebook.

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