L’ONG internationale Human Rights Watch demande la publication du rapport sur les dépenses effectuées dans le cadre de la lutte contre ce virus mortel.

Human Right Watch (HRW) ne lâche pas prise. Dans une tribune publiée le 24 septembre dernier par le journal Le Monde, l’ONG internationale soutient que la gestion ressources du fonds de solidarité s’est fait «dans le plus grand secret», rendant «impossible» la traçabilité des ressources publiques. Sarah Saadoun, chercheuse au sein de l’ONG qui signe ladite tribune en veut pour preuve, le fait que le Cameroun n’ait pas encore rendu public le rapport semestriel des dépenses publiques liées à la lutte contre la pandémie au nouveau coronavirus et ses conséquences socio-économiques.

 

Face à ces accusations à peine voilées sur des soupçons de malversations et d’«opacité» qui entourent la gestion de ces fonds, HRW demande au gouvernement camerounais la publication dudit rapport semestriel sur les dépenses engagées par l’État dans le cadre de sa riposte contre le virus mortel,  pour plus de transparence. C’est ce document qui pourra garantir que le pays a eu une gestion transparente des fonds publics décaissés dans le cadre de cette crise sanitaire car va répertorier l’ensemble des opérations financières exécutées.

 

Circulaire du 22 juillet

 

En effet, selon la circulaire du 22 juillet précisant les modalités d’organisation, de fonctionnement et de suivi-évaluation du Fonds spécial de solidarité nationale pour la lutte contre le coronavirus et ses répercussions économiques et sociales, la production de ce rapport incombe au ministre des Finances (Minfi), tel que l’indique la disposition 3.5. «Le ministre chargé des Finances produit un rapport consolidé sur la base des rapports d’activités transmis par les chefs des départements ministériels concernés. Il produit et publie un rapport semestriel sur les dépenses liées à la lutte contre la Covid-19», peut-on y lire.

 

Pour cela, le Minfi dispose d’un délai de 30 jours à partir de la fin du semestre, pour rendre sa copie. D’après les experts consultés, ledit semestre va de mars à aout 2020. « Cette période va de janvier à juin 2020 correspond au premier semestre de l’année fiscale. A partir de juillet c’est déjà le 2e semestre. Le premier cas est venu dans le premier semestre. Il faut aussi dire que dès janvier nous étions déjà en position d’attendre le 1er cas », fait savoir un médecin de santé publique.

 

Audit professionnel

 

D’après ce dernier, « Cette ONG est mal placée pour réclamer une enquête. Quelles enquêtes antérieures sur d’autres projets a-t-elle prescrite ? ». Et de poursuivre : « Des manquements inévitables sont présents mais il faut un audit professionnel ».  Courroucé. Le 24 juillet dernier, Manaouda Malachie avait déjà anticipé en faisant un état des dépenses totales effectuées.  «Du point de vue des dépenses totales effectuées, la riposte sanitaire a coûté au cours des cinq derniers mois un montant total de 21 974 milliards de FCFA», informait le ministre de la Santé publique. Sauf que pour l’ONG, ce sont des informations « sommaires » sur la manière dont cet argent a été dépensé durant ces cinq mois précédents. A leurs yeux, « c’est seulement sous la pression publique » que ce communiqué de deux pages a été rédigé.

En fait, « ce communiqué n’est qu’une parodie de transparence », soutient l’ONG. Ce d’autant plus que « les informations fournies sont trop générales pour permettre un véritable contrôle de la part du public ». Pour l’ONG, ces 22 milliards de Fcfa ne représentent pas la totalité des fonds reçus par le gouvernement pour lutter pour lutter contre le virus mortel. Et malgré ces fonds reçus, « de nombreux hôpitaux demeurent dramatiquement impréparés six mois après le début de la pandémie », affirme HRW.

En rappel, dans sa loi des finances rectificative 2020, le gouvernement a fixé à 180 milliards de FCFA la dotation budgétaire dédiée au Fonds spécial de solidarité nationale pour la lutte contre le coronavirus et ses répercussions économiques et sociales. « L’Etat a géré dans le plus grand secret l’argent destiné à faire face au Covid-19 », dit Sarah Saadoun, chercheuse auprès de la division « Entreprises et droits humains » de cette ONG internationale.

LEAVE A REPLY

Please enter your comment!
Please enter your name here