Cameroun. Huit régions infectées au choléra avec 426 décès enregistrés

(Lurgentiste.com)-L’épidémie de choléra déclenchée au Cameroun en octobre 2021 continue sa progression sur l’étendue du territoire national. Au 30 mai 2023, la situation épidémiologique du Rapport de situation (Sitrep) fait état de plus de 18 mille 322 cas notifiés pour 426 décès sur l’ensemble des régions affectées. Soit huit déjà, au total.

Seules celles de l’Adamaoua et du Nord-Ouest sont encore épargnées pour l’heure. Au plan national, le Centre est la région la plus affectée avec plus de 100 décès déjà au compteur et plus de 2 000 cas notifiés. Le taux de létalité est de 2,4%. « On note une augmentation des cas dans la région du Centre faisant de cette région le nouvel épicentre de l’épidémie », note le Sitrep.

Si des activités de coordination, surveillance et investigation, sensibilisation dans les ménages avec la dissémination des outils de sensibilisation ; de prise en charge de cas ont été menées, il n’en demeure pas moins que des difficultés entravent cette riposte.

Au rang de celles-ci, l’insuffisance de ressources humaines pour la prise en charge des cas et le WASH dans les UTC et CTC ; la faible mobilisation des communes et communautés pour l’assainissement du milieu, l’absence d’eau potable dans les CTC et les UTC ; l’insuffisance de moyens logistiques et financiers. Pour l’heure, les officiels de la santé appellent au respect des mesures d’hygiène.

Ceci, dans un contexte de difficile accès à l’eau potable, d’insalubrité notoire, de manque d’urbanisation et de défauts d’aménagements du territoire, entre autres. « On peut aussi accuser le manque d’actions pertinentes et menées à temps », indique dans les colonnes du quotidien bilingue national, Dr Aurelien Nana, médecin de santé publique.

Communication insuffisante

Pour ne rien arranger, les populations ne sont pas informées du danger. « Ce qui explique une flambée des cas car une population sous-informée ou mal informée ou ne saurait prendre conscience », explique-t-il. Il soutient que « la communication autour de l’épidémie n’est pas suffisante. Ce qui pourrait expliquer une prise de conscience mitigée ». Donc, « il faut commencer par communiquer suffisamment. Il faut privilégier les approches Health Belief Models. Et en abordant l’aspect de communication communautaire, on peut mettre sur pied des projets d’assainissement des quartiers. », préconise Dr Aurelien Nana.

Pour rappel, depuis sa résurgence en 2021, l’on note une évolution de l’épidémie. Ainsi, de 690 cas et 24 décès cette année-là, le pays totalise en mai 2023 un cumul plus de 18 mille cas et 426 décès. Sur le plan national, 24% des cas sont classés sévères et 48,4% modérés. Les hommes sont plus touchés que les femmes, et la tranche d’âge la plus affectée est celle de 20 à 29 ans. Elle représente 26,8% des cas.

Olive Atangana

Journaliste diplômée de l'École supérieure des sciences et techniques de l'information et de communication (Esstic) au Cameroun. Passionnée et spécialisée des questions de santé publique et épidémiologie. Ambassadrice de la lutte contre le paludisme au Cameroun, pour le compte des médias. Etudiante en master professionnel, sur la Communication en Santé et environnement. Membre de plusieurs associations de Santé et Politique, dont la Fédération mondiale des journalistes scientifiques (WFSJ) et le Club des journalistes politiques du Cameroun (Club Po). Très active sur mes comptes Tweeter et Facebook.

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