Elle va se faire en deux phases dont la première prévue le 12 octobre prochain. Près de 400 000 doses de vaccin sont déjà disponibles pour cette première phase.

C’est un vaccin contesté au Cameroun. L’annonce de son introduction dans la vaccination de routine du Programme Elargi de vaccination (PEV) a suscité de vives contestations sur les réseaux sociaux, où des campagnes et actions « anti vaccin contre le cancer du col de l’utérus » y sont menées depuis quelques semaines. Mais visiblement, elles n’y feront rien. Le gouvernement a maintenu l’admission du Gardasil dès le 12 octobre 2020, dans la vaccination de routine du PEV. D’ailleurs, près de 400 000 doses de ce vaccin contre le cancer du col de l’utérus et les autres infections liées au virus du papillome humain (VPH) destinées à la première phase sont déjà disponibles au Cameroun.

Elle va se faire en 2 phases. D’abord dès le 12 octobre prochain, où le vaccin sera disponible dans les Districts de Santé (DS). Et la 2e phase en stratégie avancée au mois de novembre 2020. Elle est appelée « phase école » car le vaccin sera dans les écoles et les équipes du ministère de la Santé publique vont s’y rendre en stratégies avancées. La cible, les jeunes filles âgées de 9 ans, recevra deux doses de Gardasil, qui lutte contre 4 types de virus. Ces doses seront espacées de 6 mois. Des fiches de consentement seront au préalable remises aux élèves, à l’attention de leurs parents. « Chacun porte sa croix », prévient Adalbert Tchetchia, Chef de l’Unité Plaidoyer et Partenariat au GTC-PEV.

Campagne « anti vaccin contre le cancer du col de l’utérus »

D’ores et déjà, cette opération d’envergure que s’apprête à mener le PEV se heurte à la campagne « anti vaccin contre le cancer du col de l’utérus ». C’est que, cette vaccination recommandée chez l’adolescente en prévention du cancer du col de l’utérus reste controversée. Elle est accusée de provoquer des effets secondaires graves et invalidants. Et donc, les initiateurs et une frange de la population doutent de l’innocuité, de l’efficacité et de la fiabilité de ce vaccin. Ils craignent que ce dernier entraîne l’infertilité chez ces jeunes filles. Ce d’autant plus qu’à leurs yeux, il n’a pas encore été prouvé que ce vaccin va protéger les femmes contre cette maladie.

Bien plus à leurs yeux, les statistiques en provenance des pays qui ont expérimentés Gardasil ne sont ne sont guère rassurants et les effets secondaires peuvent être très dangereux. Par exemple, après avoir introduit ledit vaccin dans son programme de vaccination en 2010, le Japon avait dû le retirer trois ans plus tard du fait de certains effets secondaires observés chez certaines patientes. En France, d’après « Santé magazine », il fait l’objet d’une longue bataille judiciaire. En effet, la première plainte a été lancée en novembre 2013, contre Sanofi-Pasteur MSD, le laboratoire qui fabrique le Gardasil, et contre l’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM). Motif : atteinte involontaire à l’intégrité de la personne.

Depuis lors, plusieurs autres plaintes ont été déposées. En décembre 2013, neuf nouvelles plaintes ont été déposées contre X, toujours pour « atteinte involontaire à l’intégrité physique et tromperie aggravée ». Agées de 18 à 24 ans, ces neuf jeunes femmes ont contracté des maladies très invalidantes (maladie de Verneuil, lupus…) dans les semaines et les mois qui ont suivi la vaccination. En avril 2014, 25 nouvelles plaintes avaient été déposées pour « blessures involontaires, violation d’une obligation manifeste de sécurité et méconnaissance des principes de précaution et de prévention ».

Contrattaque

Des arguments battus en brèche par les officiels de la santé. A la Cellule de communication du PEV, l’on tient à préciser qu’il ne s’agit en aucun cas d’un vaccin test ; que ce vaccin a été administré dans d’autres pays et aucun incident majeur n’a été signalé. Pareil pour le Cameroun il y a cinq ans, affirment-ils. Ils souhaitent que la population apporte un soutien à cette vaccination et que les ménagent réservent un accueil chaleureux aux équipes commises à cette tâche.

Approches de communication innovantes

Pour sa Majesté Salomon Biyember Matig, par ailleurs Facilitation dans la prise en charge des cas en Santé, ceci n’est guère suffisant. Au regard des nombreuses réticences du fait des idées reçues au sujet de ce vaccin auxquelles devront faire face les équipes, « Il faudra présenter un nouveau paradigme dans les approches et campagnes de communication futures ; une autre méthode de sensibilisation ». Et ce dernier de poursuivre : « Nous devons être un peu plus participatifs et inventifs. Que les gens ne viennent plus juste présenter un vaccin ; il faut que les populations s’en imprègnent. Un énorme défi communicationnel se pose à l’Etat ».

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