Le pays reste par conséquent loin des standards de l’OMS.

Le taux de l’allaitement maternel des bébés de moins de 5 mois s’améliore d’année en année au Cameroun. D’après les statistiques de l’Institut national de la statistique (INS), il est passé de 28 % en 2011 à 31 % en 2014. La dernière enquête menée en 2018 par l’INS toujours montre que ce taux est de 40 %. Soit environ quatre enfants sur 10 qui ne prennent que le lait maternel jusqu’à six mois. Même si « ce sont déjà des avancées favorables » semble se satisfaire le Dr Clémence Vougmo, « Ce n’est pas encore reluisants », reconnaît tout de même celle qui est la secrétaire générale adjointe de la Société camerounaise de pédiatrie (SCP) dans une interview accordée au quotidien gouvernemental Cameroon tribune.

En effet, le taux de l’allaitement maternel reste bas, avec 60% de femmes qui n’allaitent toujours pas leurs enfants. Bien plus, le taux d’allaitement maternel reste encore en deçà des standards de l’Organisation mondiale de la santé (OMS). L’organisation onusienne prescrit en fait à tous les pays un taux d’allaitement maternel exclusif des enfants de zéro à six mois d’au moins 50 % d’ici 2025. Par conséquent, « Nous devons continuer de nous améliorer », poursuit la pédiatre. C’était à l’occasion de la semaine mondiale de l’allaitement maternel placée cette année sur le thème : « Protection de l’allaitement maternel : une responsabilité partagée ».  Elle prend fin le 7 août 2021.

Occasion pour le Dr Vougmo de rappeler les conséquences de l’absence du lait maternel chez les enfants. « Les bébés qui reçoivent les substituts de lait maternel sont exposés à faire des infections graves et potentiellement mortelles. Notamment les infections gastro-intestinales (…) Par ailleurs les enfants qui reçoivent les substituts de lait maternel vont faire un autre type d’infection potentiellement mortelles, dont les infections des voies respiratoires avec en tête la pneumonie (…) Ces enfants sont plus allergiques. Ils développent généralement l’asthme, et chez les nourrissons, le syndrome de mort subite », liste cette pédiatre.

Pour inverser la tendance, elle suggère une sensibilisation accrue sur les bienfaits de l’allaitement maternel et une plus grande rigueur dans l’application de la réglementation. « Le lait est très important pour la croissance du nouveau née car composé à 80% d’eau. L’idéal serait de pratiquer l’allaitement maternel exclusif. Il permet de renforcer le lien affectif entre la mère et son bébé, c’est également une sorte de méthode contraceptive car plus vous donner, plus ça retarde les grossesses», précise dans les colonnes du journal L’œil du Sahel, Jacqueline Maïpa, major au service de pédiatrie à l’hôpital régionale de Garoua.

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