Soit 5,1% des 22 511 malades que compte en tout le pays.

L’existence de la tuberculose pédiatrique est méconnue d’une bonne frange de la population camerounaise. Pourtant, elle est réelle et concerne les enfants de 0 à 14 ans qui sont en contact avec les parents malades. Plus grave, elle sévit de manière insidieuse chez cette couche. Les centres de diagnostics et de traitement de la tuberculose de Yaoundé ont enregistré 208 cas de tuberculose pédiatrique en 2020. 61 victimes ont été internées l’an dernier à l’hôpital Jamot de Yaoundé. D’après le Programme national de lutte contre la tuberculose (Pnlt), le pays comptait au total 1172 cas l’année dernière. Soit 5,1% des 22 511 malades enregistré en tout par le pays. En 2029, ce sont 1 263 enfants malades qui ont été enregistrés en 2019 au Cameroun.

Toujours en 2019, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) estimait que sur 6000 cas potentiels de tuberculose chez l’enfant, seulement 1261 cas ont été identifiés. Soit près de 78 % de cas non diagnostiqués. Cette proportion s’établit à 69 % pour les enfants de moins de 5 ans et à 40 % pour la tranche de 5 à 14 ans. D’après le Dr Krystel Ebo, chef d’unité de la tuberculose/VIH et tuberculose pédiatrique au Pnlt, il y a lieu de s’inquiéter. « Parce que premièrement, c’est la preuve que cette maladie subsiste encore chez nous et le défi est son élimination d’ici 2030. Deuxièmement, parce que la tuberculose pédiatrique est sous notifiée ». En d’autres termes, ces chiffres ne reflètent pas la réalité sur le terrain. « Il y a beaucoup d’enfants chez qui le diagnostic n’est pas posé », confirme le Dr Ebo. Par conséquent, ces enfants pourtant malades « ne sont pas pris en charge comme il se doit et en décèdent ».

Séquelles

D’après le Pnlt, cette tuberculose pédiatrique constitue un problème de santé publique majeur au Cameroun. Certes, la grande majorité des enfants ayant eu la tuberculose guérissent après un traitement antibiotique bien suivi et « Les séquelles sont rares chez l’enfant », tel que l’indique le chef d’unité tuberculose pédiatrique. Mais, d’après l’OMS, « En l’absence de traitement, la tuberculose est mortelle chez 45% en moyenne des personnes négatives au VIH et chez la quasi-totalité des personnes positives au VIH. Les données pédiatriques quant à la mortalité liée à la tuberculose sont limitées dans notre contexte », fait savoir ce médecin. D’ailleurs, « C’est la première cause de mortalité dans le monde due à un agent infectieux unique », précise le Dr Ebo. Néanmoins, « Le diagnostic posé tôt et la prise en charge rapide assurent un bon taux de guérison », rassure celle-ci.

A l’occasion donc de la 28e journée mondiale de lutte contre la tuberculose le 24 mars dernier, le personnel de santé en a profité pour sensibiliser à nouveau le public sur les conséquences néfastes de cette maladie contagieuse les plus meurtrière au monde. Ce d’autant plus que « L’horloge tourne », tel que le souligne le thème de célébration. Lequel appelle à l’action pour mettre fin à la tuberculose d’ici 2035, d’après Marthe Anick Nga Minkegue, chef de la cellule de communication et de la mobilisation sociale au Pnlt.

Dr Krystel Ebo: « Il y a lieu de s’inquiéter ».

Rôle des médias et sensibilisation

Pour cela, les personnels de média ont un rôle important à jouer dans le dépistage de cette maladie infectieuse et contagieuse causé par le bacille de Kock martèle-t-on au sein de ce programme. Et dans le but de couper la chaine de transmission par un traitement efficace de toute les formes bacillifères, ils sont appelés entre autres, à sensibiliser la population sur le danger que représente cette pathologie, encourager la population à consulter devant l’apparition du moindre symptôme respiratoire pour une PEC adéquate et précoce et attirer l’attention du public sur la différence qui existe entre la tuberculose et la Covid-19.

A noter que la durée de traitement est en général de 6 mois mais, peut aller jusqu’à 12 mois en cas de tuberculose vertébrale et méningée. Le traitement de la tuberculose multi résistance (Tbmr) lui, dure 9 à 11 mois. Il existe 261 CDT à travers le pays. Par ailleurs, le pays compte 11 Centres de de prise en charge de Tbmr avec quelques centres de traitement ambulatoires pour les patients en phase de continuation de traitement. En rappel, la tuberculose a tué 1351 personnes en 2020 au Cameroun.

Chiffres en baisse

En 2019, l’on a recensé 24 584 cas de cette maladie. Des chiffres sont en baisse car, de 271 cas pour 1 000 habitants en 2009, le pays est passé à 95,5 cas sur 1 000 habitants en 2019. « Cette baisse du taux de prévalence a été possible grâce aux multiples actions que mène le Pnlt. Les centres de prise en charge ont été multipliés. D’autre part, la prise en charge et le suivi des patients ont également été améliorés », a relevé Marthe Anick Nga Minkegue. La tuberculose est non-Immunisante et reste un problème de santé publique.

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