mardi, août 3, 2021
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Anomalie. Aucune pharmacie n’existe dans tout le département du Faro et Déo

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Les populations sont exposées aux produits douteux et la vente illicite des médicaments prospère dans les hôpitaux.

Le nouveau directeur de l’hôpital de district de Tignère a défini comme l’une de ses principales restructurations, la redynamisation de la pharmacie. Le diagnostic posé par le Dr Conrad Nkodo Ottou est ainsi alarmant.  A Tignère, les médicaments de la rue sont la règle à cause de l’absence de pharmacie dans tout le département du Faro et Déo. Pour l’essentiel, selon certaines sources, ils proviennent du Nigeria voisin, non sans franchir illicitement les barrières douanières. C’est donc tout naturellement que dans cette formation sanitaire, la vente illicite des médicaments a longtemps dicté sa loi.

« Le danger plane avec ces médicaments de la rue. Il faut dire que ce sont ces infirmiers qui partent souvent acheter les médicaments dans la rue pour les proposer dans les formations sanitaires où ils travaillent. Ils se font certes de l’argent, au détriment des pharmacies, mais c’est la population qui est en danger. Si on ne fait pas attention, la jeunesse sera détruite. Prenez le cas des tramol, tramadol et autres médicaments qui ont des effets très négatifs sur les jeunes», déclare le Dr Etienne Wanda Wandji, pharmacien à Ngaoundéré.

C’est ce qui justifie la mise sur pied du plan stratégique de développement de l’hôpital de district de Tignère avec en bonne place, le volet médicament à sauver. « N’ayant pas encore de pharmacie d’officine, le secteur du médicament est un pilier porteur. En effet, générateur de capitaux, ledit secteur sera important à la fois pour donner un traitement efficace aux malades, pour motiver le personnel par des primes élevées et enfin, pour lutter contre le médicament de la rue », peut-on lire dans le dit plan stratégique.

Ainsi, « Il est question de capitaliser la pharmacie afin de gagner 100% des bénéfices contre seulement 15% sur le contrat actuel avec le Fonds régional de la Santé. Donner plus d’autonomie au pharmacien et enfin d’informatiser ladite pharmacie. La pharmacie est censée être pourvoyeuse de 50% des revenus hospitaliers », poursuit le plan. Cependant, pour donner plus de chance à la réussite de ce plan et à la traque du médicament de la rue, il faut l’ouverture d’une ou des pharmacies dans le Faro et Déo.

Affaire des bébés siamois. Le traitement infect de la presse camerounaise

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Le 13 novembre 2019, les sœurs siamoises Bissie et Eyenga Merveille ont été opérées avec succès à l’hôpital Femme-Mère-Enfant des Hospices Civils de Bron, près de Lyon. Une prouesse médicale rendue possible grâce à la solidarité de plusieurs structures en France et au Cameroun. La chaine de l’Espoir a par exemple pris en charge le transport de cette famille, Les Hospices civils de Lyon ont mis à disposition leur infrastructure et le gouvernement camerounais le financement. Si le soulagement, la joie et l’émotion sont de mise depuis ce dénouement heureux salué par la classe nationale et internationale, c’est l’occasion ici de revenir sur le traitement accordé à cette cause sociale par les médias camerounais.

Laurelle Ngali et ses deux filles ont passé 12 mois à l’hôpital Gynéco-Obstétrique de Yaoundé. Une année d’hospitalisation où les médias camerounais –pour l’essentiel d’entre eux- ont brillé par une indifférence ahurissante de cette actualité. De fait, après l’éphémère frémissement médiatique qui a suivi la révélation de ce drame, l’on a assisté à une sorte d’autocensure du sujet dans la presse classique et même spécialisée. Ce cas social n’aura eu droit qu’à une offre d’information famélique de la part de la presse camerounaise. Surtout que le reflexe d’un certain nombre de médias –qui sont le reflet de la société d’aujourd’hui- est davantage tourné vers la recherche effrénée de l’audience, du buzz et du scandale. Le drame est que cette déviance a malheureusement fini par annihiler l’élan d’humanisme qui, jadis constituait la trame de fond du travail journalistique.

Le cas des sœurs siamoises rend donc à suffisance compte de ce que la presse camerounaise perd progressivement ses repères. Elle semble lointaine, cette époque où cette presse symbolisait la fierté citoyenne et se mobilisait pour les causes nobles, justes et surtout humanistes. Nous avons encore sans doute en mémoire, la mobilisation autour de l’enlèvement du bébé de Vanessa Tatchou en 2011 dans une formation hospitalière publique de Yaoundé. Au quotidien, les journaux rivalisaient alors d’adresse, pour soutenir cette jeune maman de 17 ans, à la recherche de son bébé.

Hélas, le 1er novembre 2019, c’est dans l’anonymat total que les siamoise d’Ayos et leur maman se sont envolées vers un destin pour lequel l’issu leur était encore inconnue. Aujourd’hui, nous célébrons ce succès médical, aidé en cela par les médias français qui en ont fait des éditions et traitements spéciaux. Pendant ce temps, dans la presse camerounaise, c’est le quasi blackout, comme si l’humanisme, le sens du sacrifice et de l’engagement avaient définitivement quitté nos Rédactions.

 

Par Olive Atangana,

Journaliste spécialisée des questions de Santé

Blogueuse (Infos-santé.home.blog)

Lyon. Les sœurs siamoises opérées avec succès

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L’opération qui a duré cinq heures, a mobilisé deux équipes d’une vingtaine de personnes, afin de s’occuper de chaque bébé.

La joie et l’émotion étaient perceptibles sur le visage de Laurelle Ngali ce 13 novembre en fin de journée. Normal. Ses filles sont à présent des jumelles. La délicate opération qui a permis de séparer les deux sœurs siamoises reliées par l’abdomen avec une partie du foie commun s’est déroulée «avec succès». L’annonce par voie de communiqué a été faite par les Hospices Civils de Lyon (HCL).

Bissie et Eyenga Merveille ont donc été séparées par les experts du service de chirurgie pédiatrique de l’hôpital Femme-Mère-Enfant-HCL. « Elles vont pouvoir découvrir le monde individuellement et sont actuellement en réanimation dans un état stable », poursuivent les HCL. Elles sont actuellement en réanimation, dans un état stable.

Déroulement de l’intervention

L’opération a duré cinq heures. Elle a mobilisé deux équipes, afin de s’occuper de chaque bébé. Soit une vingtaine de personnes. «Nous avons instauré un pool d’anesthésistes, de chirurgiens et de réanimateurs et chaque spécialité a évalué et expertisé la prise en charge très spécifique des fillettes», explique le Pr Pierre-Yves Mure, chef de service adjoint en chirurgie pédiatrique à l’hôpital Femme Mère-Enfant.

«Chaque membre de l’équipe a su adapter sa pratique à la morphologie atypique des deux petites», se félicite-t-il. «En tant que spécialiste de la greffe de foie, je suis intervenu sur cet organe et je n’ai pas eu de complication», ajoute le Dr Rémi Dubois, praticien de l’établissement.

Rééducation

À leur sortie de réanimation, Bissie et Eyenga seront transférées dans le service de chirurgie pédiatrique, pour des soins de suite et de rééducation. Les fillettes ont été vues, ainsi que leur maman, par un psychologue et leur devenir psychologique et psychomoteur sera surveillé. En effet, l’accent sera mis sur l’aspect psychologique après l’opération. Les deux fillettes doivent rester très proches, l’une de l’autre.

« On a prévu de les mettre pratiquement dans le même lit, même en réanimation pédiatrique. Elles seraient réveillées ensemble, avec leur maman à côté », a précisé le Pr Mure. Après plusieurs jours d’hospitalisations, les jumelles passeront leur convalescence en familles d’accueil, avec un suivi médical pendant quatre à six semaines.

Une conférence de presse sera organisée, en fonction de l’état de santé de Bissie et Eyenga, d’ici une dizaine de jours en présence des fillettes, de leur maman, de l’équipe médicale et de la Chaîne de l’Espoir.

Dr Mohamadou Guemse: « Manifester parce qu’il y a eu violence aux urgences, je dis non »

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Le directeur de l’Hôpital de district d’Efoulan revient sur le mouvement d’humeur du personnel soignant de cette formation sanitaire le 5 novembre dernier. 

Comment comprendre le mouvement d’humeur du personnel soignant de l’hôpital dont vous avez la charge ?

Je considère que même s’il doit avoir manifestation sur une route, il doit avoir autorisation. Et puis l’hôpital c’est d’abord la santé de nos patients. Même les fous les plus violents ont droit aux soins. Il faut bien comprendre que le système de santé est entrain de sortir progressivement du système de corruption vers l’humanisation des soins prescrite par le président de la République. Parce que lorsqu’on reste émotif, on ne comprend pas où on va. Je pense que ces gens venaient avec un malade. Qu’ils aient bu ou pas, c’était d’abord un malade. On a réussi à faire les soins au malade mais il y a eu un peu de violences dans le système de soins. Il y a eu échange de voix et ça a déclenché ce que ça a déclenché. Comme ils étaient ivres, ils ont tout cassé au service des urgences que j’ai créé depuis que je suis là.

Mais fondamentalement, le malade a bénéficié des soins malgré qu’ils ont détruit l’hôpital. Nous avons fait notre rapport à la hiérarchie. Les mis en cause sont arrêtés selon la loi parce qu’ils ont vendangé un édifice public. Ils vont payer selon la loi. Ce matin (hier), ils seront déférés. Mais, cela ne dédouane pas aussi ceux qui pensent qu’ils peuvent se lever le matin et se mettre en route sans autorisation pour manifester. Pour pouvoir le faire, il faut une autorisation.

Est-ce à dire que vous n’êtes pas solidaire de ce ras-le-bol de votre personnel soignant ?

Je suis solidaire mais la manière n’est pas adéquate. Le pays évolue. Il s’est tenu le Grand dialogue au cours duquel on a donné la possibilité à tout le monde de parler et on a parlé d’éducation et de tous les autres grands problèmes de ce pays. Maintenant, si après ce Grand dialogue, les gens ne sont pas venus parler mais vont dans la rue, c’est grave. Même s’il y a une revendication, il y a des canaux indiqués. Moi-même je suis médecin et je sais que je suis là pour soigner et non pour venir juger les gens. Manifester parce qu’il y a eu violence aux urgences, je dis non. Il y a eu violence c’est vrai. Mais, la loi est là pour nous défendre. Le jour du mouvement, la police est descendue sur les lieux et a arrêté toutes ces personnes qui ont déférés au parquet hier. Ils vont payer de leurs actes. Tous ces médecins et infirmiers sont mes petits frères et je leur dis toujours qu’il y a une manière quand vous voulez faire des choses. Il faut toujours agir dans l’intérêt de tous.

Comprenez-vous les motifs de violences physiques et verbales objet de leur mouvement d’humeur ?

J’ai travaillé aux urgences en 2006 et 2007. Un jour, un monsieur a sorti son arme et l’a pointé sur moi. J’ai gardé mon sang froid et j’ai fait mon travail parce que j’étais aux urgences. Ce que je reproche à ceux-ci, c’est que la procédure administrative c’est la loi. Elle évolue selon le système de l’administration. Ces gens sont arrêtés. Maintenant quand vous arrivez à l’hôpital et trouvez des gens qui veulent manifester ça veut dire que vous comprenez pas ce qui se passe. C’est pourquoi il faut user de la pédagogie. C’est pour cela que Mme le délégué leur a dit que nous sommes d’abord à l’hôpital pour soigner et non pour marcher. Je partage leurs idées. Il est question de protéger le personnel de santé. Mais, c’est un processus. Tant que vous ne vous asseyez pas pour réfléchir convenablement, vous ne pouvez pas avoir gain de cause. Maintenant si vous êtes manipulé par un syndicat quelconque, je ne peux pas être solidaire de tout ça parce que ce que je vois c’est une branche d’un syndicat qui veut manipuler pour des raisons précises.

Pourtant ils peuvent écrire et aller à l’assemblée défendre cela. Je suis désolé que quelqu’un qui n’est pas médecin vienne penser pour les médecins. Je crois que le ministre Malachie est plutôt entrain de penser à sauver la profession, la revaloriser et non la tuer. De tels actes ne font pas avancer le corps médical. Asseyons-nous et écrivons. Personne n’est là pour défendre la cause du médecin mais la sienne. Je pense plutôt que ce matin on serait parti chez le médecin et lui demander comment elle va, que de dire qu’on va barrer la route.

Que risque ceux qui sont descendus dans la rue mardi matin ?

Je suis un homme de loi parce que je lis un peu et je dis bien que la manifestation publique se fait avec une autorisation. Et ils ont un sous-préfet à coté qui est là. Maintenant, prendre la décision de se mettre en route est tout autre chose. C’est une manifestation qui ne m’engage pas. Je n’ai rien signé parce que pour manifester il faut une autorisation. La violence aux urgences est une notion qui est connue et qui a même fait l’objet de publications. Quand tu travailles aux urgences tu dois comprendre que tu dois tout faire pour que le soin pour lequel le patient est venu soit fait rapidement.

 

Lyon. L’opération des sœurs siamoises reportée d’une semaine

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Elles ont contracté une bronchiolite et seront opérées le 13 novembre prochain, si leur état de santé le leur permet.

Les siamoises Bissie et Eyenga vont encore devoir patienter au moins pendant une semaine supplémentaire avant d’être séparées. Reliées par le foie et une partie du thorax depuis leur naissance l’opération des bébés qui ont fêté leur 1er anniversaire hier, 6 novembre, était prévue ce jeudi 7 novembre 2019 à l’hôpital Femme Mère Enfants des Hospices Civils de Lyon.

Mais cette intervention jugée « complexe et dangereuse » d’après le Pr Mure, a été reportée d’au moins une semaine, selon une annonce des Hospices civils de Lyon. En effet, les fillettes ont « contracté un virus respiratoire », indique l’équipe soignante. « Il s’agit d’une bronchiolite. C’est embêtant mais bénin. L’une des deux fillettes est plus faible que l’autre », rapporte Paul Nahon, journaliste pour la Chaîne de l’Espoir. Elles sont hospitalisées dans l’établissement.

Malformation du cœur

Arrivées en France le 1er novembre 2019, Bissie et Eyenga ont passé une série d’examens dans la journée de lundi dernier. D’après le Pr Pierre-Yves Mure, ces examens ont révélé -entre autres- que l’une des fillettes souffre d’une malformation du cœur. « C’est avant tout pour préserver leur sécurité que cette décision a été prise de façon collégiale, d’autant plus que les examens ont permis de diagnostiquer à l’une d’elle une malformation du cœur qui devra être opérée après l’intervention de séparation », explique celui qui coordonne leur prise en charge au sein de l’hôpital.

L’intervention a été reprogrammée le 13 novembre prochain. Mais elle ne pourra avoir lieu que si l’état de santé des fillettes le permet. C’est le Pr Pierre-Yves Mure, chef de service adjoint en chirurgie pédiatrique à l’hôpital Femme-Mère-Enfant des HCL, l’un des plus grands hôpitaux pédiatriques français, qui les opérera à Lyon.

« On ne peut jamais garantir à 100% que le succès sera complet à la fin. Je pense qu’on pourra donner le meilleur de nous-même pour séparer ces enfants dans de très bonnes conditions », fait-savoir le Pr Mure. Deux équipes chirurgicales seront mobilisées pour procéder à la séparation des bébés et la reconstruction. Selon les prévisions, le séjour en France des deux patientes et de leur mère devrait durer deux mois dans la ville de Lyon.

Cameroun.  Les bébés siamois seront évacués le 4 novembre

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Après la longue impasse de 11 (interminables) mois, les sœurs siamoises Merveille seront opérés à Lyon le 7 novembre 2019, aux frais de l’Etat.

 11 mois. C’est le temps qu’auront attendues Merveille I et Merveille II pour bénéficier de leur évacuation sanitaire. Ces bébés siamois de sexe féminin, nées d’une famille démunie le 6 novembre 2018, bénéficieront d’une opération chirurgicale pour les séparer et leur donner une chance de survie, le 7 novembre prochain au Centre hospitalier universitaire (CHU) de Lyon. Une équipe médicale constituée d’un collège des spécialistes les y attend.

Après des moments de doutes, d’incertitudes et de lassitude, l’espoir est donc de mise au sein de cette famille. « J’ai passé la journée (lundi 14 octobre : Ndlr) au ministère des Finances pour les dernières formalités. Tout est déjà bouclé pour qu’elles puissent partir », confie Eric Abé, l’oncle des bébés siamois. Le départ pour Lyon en France, est prévu le 4 novembre. Laurelle Ngali et ses fillettes vont passer un séjour de six mois dans cette ville située à l’Est de la France. Un temps nécessaire pour le suivi post-opératoire.

D’ores et déjà, les espoirs sont tournés vers l’équipe médicale de Lyon. La réussite de cette lourde et très complexe opération chirurgicale nécessite une batterie de spécialistes: chirurgiens pédiatriques, chirurgiens cardiologues, chirurgiens vasculaires, anesthésistes réanimateurs, infirmiers de blocs… Ce d’autant plus que le temps ne joue plus en la faveur des siamoises Merveille internées depuis le 11 novembre 2018 au service de chirurgie pédiatrique de l’hôpital gynéco-Obstétrique et Pédiatrique de Yaoundé (HGOPY).

En réalité, l’opération chirurgicale visant à séparer ces deux fillettes reliées au niveau de l’abdomen, « devrait, de préférence, se faire à l’âge de deux à quatre mois », expliquent certains spécialistes. D’après ceux-ci, à ce stade les bébés peuvent mieux se stabiliser et permettre aux équipes chirurgicales de faire un bilan très précis afin de mieux préparer l’intervention. Mais, l’impasse et les lenteurs des officiels camerounais ont plombé ce dossier d’évacuation dont le coût est évalué à 67 millions de Fcfa, supporté par le gouvernement camerounais.

Toujours est-il que si cette lenteur administrative a inéluctablement compromis les chances de réussite de cette intervention chirurgicale, il y a toujours lieu de croire à la survie de ces bébés qui ne demandent qu’à vivre malgré l’indigence de leur famille. Le Pr Angwafo III Fru Fobuzshi, directeur de HGOPY explique que pour ce cas précis, « le foie étant fusionné partiellement, la séparation est possible ».

En rappel, les bébés siamoises Merveille sont nées le 6 novembre 2018 dans un centre de santé à Ayos. Les deux fillettes sont reliées au niveau de l’abdomen. C’est mal en point qu’elles ont été transférées à l’hôpital gynéco-obstétrique et pédiatrique de Yaoundé, pour une meilleure prise en chargeDepuis lors, une chaîne de solidarité s’est déclenchée en vue d’apporter du soutien à cette famille démunie en détresse. Vivement que cet engagement des âmes de bonnes volontés et des pouvoirs publics redonne du sourire à Laurelle Ngali ainsi qu’à ses deux Merveilles…

Minsanté. Le malaise des pharmaciens camerounais

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De plus en plus confinés aux fonctions de subalterne, ils revendiquent une meilleure gestion des ressources humaines qui leur garantirait un accès aux hautes responsabilités au même titre que leurs collègues médecins.

Au ministère de la Santé publique, les pharmaciens sont mal lotis. Ils ont tenu à le faire savoir à Manaouda Malachie, le 25 septembre dernier. Et qui mieux que le vice-président de l’Ordre national des pharmaciens du Cameroun (ONPC), pour porter ce mal-être de plus en plus prégnant, à l’attention de leur tutelle. « Nous ne comprenons pas pourquoi les pharmaciens sont cantonnés à la Direction de la pharmacie, des laboratoires et du médicament (DPLM : Ndlr) et à l’Inspection générale des services pharmaceutiques et des laboratoires (IGSPL : Ndlr). Pourquoi ils ne pourraient pas aussi être nommés à d’autres fonctions managériales ou même être délégué régional de la santé ? », s’insurge le Dr Ampoan Christophe. Pour lui, « les pharmaciens fonctionnaires n’ont pas moins de mérite que les autres pour occuper des postes managériaux de santé publique ». Les autres ici, ce sont les médecins. Leurs camarades de formation et confrères de profession.

En effet, médecins et pharmaciens ont chacun un cursus académique de sept ans, avec presque les mêmes modules de formation tel que celui en santé publique, connaissance du système de santé, ressources humaines. « Nous avons même cours de gestion d’entreprise que les médecins ne font pas. On nous enseigne un peu de leadership pour le management des équipes. Quand les médecins font par exemple anatomie, nous faisons pharmacovigilance », explique un jeune pharmacien hospitalier. Mais au final, « ce sont les médecins qui sont nommés directeurs au détriment des pharmaciens », constate-t-il.

 

Ainsi, qu’ils s’agissent de postes de sous-directeurs, de directeurs et d’inspecteurs généraux, les médecins se trouvent à tous les niveaux de l’organigramme de l’administration centrale du Minsanté. Idem pour les services déconcentrés comme celui de délégué régional de la santé, Chefs de District de santé, directeurs d’hôpitaux de 1ère, 2ème et 3e catégorie, chefs de programme. Tous ces postes de management semblent être la chasse gardée des seuls médecins. Tandis que les pharmaciens sont cloîtrés dans les pharmacies des formations sanitaires, les Fonds régionaux pour la promotion de la Santé (FRPS), et aux fonctions de subalterne dans les dix délégations régionales de la Santé. Ou encore, à la DPML et à l’IGSPL, pour les plus chanceux.

Partage léonin

A titre d’illustration, aucun pharmacien n’est à la tête des sept hôpitaux généraux de 1ère catégorie que compte le Cameroun. Pareil pour les huit hôpitaux centraux de 2ème catégorie; les 14 hôpitaux régionaux de 3ème catégorie et les 189 hôpitaux de districts de 4ème catégorie.   Aucun pharmacien n’est aussi Chef de district de Santé. Pareil à l’administration Centrale. Des trois divisions et sept directions, seule celle de la Pharmacie, des médicaments et laboratoires est occupée par un pharmacien. Le ministère de la Santé publique compte aussi trois postes de Conseillers techniques et Inspecteurs généraux. Ici, une pharmacienne est aux commandes de l’Inspection générale des services pharmaceutiques et des Laboratoires. Plus grave à leurs yeux, le poste de Conseiller technique n°1 chargé des affaires pharmaceutiques a tout simplement disparu de l’organigramme.  

Ras-le-bol

Autant dire que la sortie du Dr Ampoan Christophe a des relents de ras-le-bol ou d’un feu qui couve depuis de nombreuses années. De toute l’histoire de la profession, seuls deux pharmaciens ont occupé le fauteuil de directeur d’hôpital au Cameroun. Le Dr Tidjani fait partie de cette « exception qui confirme la règle ». Ce pharmacien a débuté sa carrière en officine à Garoua, avant d’être nommé à la tête de l’hôpital Laquintinie de Douala. C’était avant 1988. Pour plusieurs observateurs, le problème viendrait du profil de carrière des pharmaciens à la fonction publique. « Ce profil de carrière n’est pas clairement défini. D’autant plus que dans la stratégie sectorielle de santé publiée en 2016, le pharmacien est réduit à l’approvisionnement en médicaments », explique un cadre du Minsanté.

Aux sources de la frustration

Les premières notes de frustrations résonnent depuis le 4 septembre dernier, au lendemain des nominations des responsables dans les services déconcentrés du Minsanté. Si ce vaste mouvement a vu la consécration de 18 administrateurs de santé publique (un seul et intérimaire au départ) à la tête des Districts de Santé, pour les pharmaciens, ce fut une douche froide. Aucun membre de cet ordre professionnel qui compte plus de 900 fonctionnaires n’a été promu. « Les  administrateurs sont responsabilisés aux postes de managers, mais pas de pharmacien », commentaient alors certains jeunes pharmaciens, frustrés de ronger leur frein.

Et comme pour en rajouter une couche à ce mal-être, « On nous demande d’être désigné point focaux GAS (Gestion et approvisionnement des stocks : Ndlr) dans les districts, mais ce n’est même pas une note ministérielle ; même pas de la délégation. C’est le Chef de District qui la signe.  Ça ne donne aucun poids à la fonction », fulminent-ils. En tout cas, les pharmaciens sont unanimes : ces fonctions managériales ne devraient pas être réservées à un seul corps tel que c’est le cas au Minsanté.

Explications

Au sein de ce ministère, cette sous-représentativité des pharmaciens s’explique. « Les médecins sont les premiers occupants de l’administration en ce qui concerne la santé. Ils ont donc modelé le système à leur profil. Les pharmaciens sont arrivés longtemps après, étant formé comme gestionnaire et donc managers. Ils ne supportaient pas d’être sous la botte des médecins qui ne font aucune formation en gestion. Ils ont préféré s’installer en clientèle privé et laissé le reste au médecin », argue un fonctionnaire.

Du point de vue des pharmaciens, leur peu de représentativité aux hautes fonctions managériales est à la fois délibérée et traduit une méconnaissance de leur potentiel. « Dans l’esprit de plusieurs santé signifie Médecine. Combien de fois les ministres de la Santé ont souvent commis un lapsus en disant médecins lorsqu’il fallait dire pharmacien. Ceci est à l’image de cela. Il faudrait qu’on se rappelle à leur bon souvenir », soutient le Dr Ampoan. Voilà pourquoi, « Le pharmacien revendique sa place comme acteur de santé, comme les autres acteurs de santé ». Surtout que « Le pharmacien a les mêmes compétences que les autres ».

Plaidoyer

Pour changer la donne, l’Onpc semble mobiliser à travers un « plaidoyer » pour la reconnaissance sociale et donc managériales des pharmaciens. Car, « Dans certains pays, ce sont les pharmaciens qui sont à la tête des programmes puisqu’ils sont formés comme manager et gestionnaire. La matière première d’un programme c’est le médicament et les réactifs. Celui qui en est le spécialiste c’est bel et bien le pharmacien. Voilà un exemple », explique un jeune pharmacien.

Interrogé, le sujet semble embarrassé le Dr Hiag Prosper, président de l’Onpc. Néanmoins, des sources proches de lui ayant requis l’anonymat se veulent modérées. « Je peux comprendre les jeunes qui peuvent être frustrés de voir son ami à la Fac avoir un poste, un véhicule de fonction qui va avec, mais ce n’est pas que ça. Il faut être plus qu’un médecin ou un pharmacien pour être manager d’hôpital. Il faut faire gestion, management, se doter d’atouts et se présenter en disant voilà ce que j’ai appris, ce que je peux faire qui me donne une légitimité », conseille l’une d’elle.

Et de conclure : « Il y a un gros travail à faire. Il faut mettre sur pied une stratégie s’ils veulent avoir ces postes. J’invite les jeunes à aimer passionnément leur travail, lui donner de la valeur et faire en sorte qu’ils soient respectés ».

Gestion des Rh/Minsanté. Critiques acerbes des Médecins du Cameroun

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Dans une correspondance datant du 4 septembre 2019, cet influent regroupement de médecins émet des réserves sur la pertinence de certaines affectations des médecins spécialistes décidées par l’autorité tutélaire du secteur de la santé publique.

L’Association Médecins du Cameroun (MedCamer) s’inquiète. Dans un pamphlet de sept pages, ce mouvement de médecins exerçant au Cameroun et à travers le monde dénonce la mauvaise gestion des ressources humaines au ministère de la Santé publique (Minsanté). En ligne de mire, les récentes nominations des personnels de Santé dans les services déconcentrés. « Certaines de ces nominations pourraient engendrer des difficultés sérieuses pour les professionnels concernés et pour les patients auxquels ils sont dévoués », alerte Dr Moulion Tapouh Jean-Roger, président de MedCamer. Pour illustrer ses réserves, l’association expose huit cas de mutations de médecins spécialistes, arrêtées le 4 septembre dernier par le ministre de la Santé publique, Manaouda Malachie.

D’abord le cas du Dr Njifou Njimah Amadou. Ce médecin ORL en service à l’hôpital de District de Mbouda est le nouveau chef de district de santé d’Ebebda. Pour MedCamer, nommer cette « référence particulièrement demandée » à Ebebda, « prive la population d’un spécialiste assez sollicité et on court le risque considérable de voir ce dernier décliner sur le plan médical et chirurgical », soutient le Dr Moulion Tapouh Jean-Roger, président de MedCamer.

Le cas du Dr Kengne Lot, médecin Biologiste, précédemment Conseiller médical à l’hôpital régional d’Ebolowa n’en est pas moins inquiétant aux yeux de MedCamer. Car, sa nomination à l’hôpital de district (HD) de Djoum, un hôpital enclavé, fera de lui sur le plan technique, un médecin « extrêmement sous exploité, alors que dans un endroit comme Sangmelima, Ebolowa, Kribi, il aurait pu servir de référence pour tous les cas difficiles de sa spécialité », indiquent ses confrères.

Le sort réservé au Dr Ouassouo Passang Saibou, médecin Chirurgien, affecté à l’HD de Massagam, est également critiqué par MedCamer. Seul chirurgien du département du Noun après cette nomination, « malheureusement, il se retrouve dans un village enclavé où non seulement il n’aura pas grand monde à opérer, mais il ne pourra pas recevoir en référence les cas difficiles de chirurgie provenant des autres formations sanitaires du département », soutient le président de MedCamer. La situation du médecin Cardiologue Dr Pepoumi Mama Nourdi, est un peu similaire. Précédemment directeur de l’HD de Foumbot, il officie désormais à Galim, une localité relativement enclavée et sous-peuplée du département de Bamboutos (région de l’Ouest). « Il ne sera pas d’une grande utilité et ne pourra pas vraiment servir comme médecin référent », s’indignent ses confrères.

Affectations à tête chercheuse ?

Le cas du Dr Eloundou Onomo Paul Adalbert, médecin Rhumatologue est aussi mis en exergue dans ce chapelet de critiques. L’ex patron de l’HD d’Efoulan est muté à Okola. « Sur le plan clinique, ce médecin n’aura plus le plateau technique nécessaire pour exercer convenablement la rhumatologie et nul ne lui référera des cas difficiles à Okola », déplore l’association. De l’avis de Dr Moulion Tapouh, cette mutation est d’autant plus « dommageable » que « les rhumatologues sont peu nombreux au Cameroun».

Dans ses récentes décisions, Manaouda Malachie confie les rennes de HD de Djoungolo au Pr Omgbwa Eballe André. C’est dans cette formation hospitalière que l’ophtalmologue chevronné doit faire valoir ses talents de praticien et de gestionnaire. Mais ce nouveau challenge pourrait mettre du plomb dans l’aile aux projets initiés par le promu durant les deux ans qu’il a passé à la tête de l’ HD de Biyem-Assi. Le Pr Omgbwa Eballe André y a par exemple créé un service d’ophtalmologie « particulièrement performant », au point où l’HD de Biyem-Assi « devenait progressivement un centre de référence en ophtalmologie », note le Dr Moulion Tapouh Jean-Roger. Pour préserver l’envol de « ce pole d’excellence », le Minsanté aurait pu affecter un autre spécialiste pour maintenir le cap et pérenniser l’initiative. Que neni.

Frustrations, sanctions, rétrogradation

Pour MedCamer, les nominations du Minsanté ont « un fort relent (apparent) de sanction ou de rétrogradation ». Conséquence : « De nombreux collègues sortent très frustrés des derniers mouvements, et de manière générale, la consternation habite plusieurs d’entre nous. L’on se dit qu’il ne fait pas bon d’être un médecin du Minsanté de nos jours. Qu’on soit félicités ou vertement critiqués à la télévision, notre sort semble être le même », rapporte la correspondance du 04 septembre. Et ce n’est pas tout. De fait, les médecins se sentent « pris en étaux entre un Minsanté qui semble ne voir en nous (Ndlr : médecins) que des insuffisances et une population qui devient de plus en plus belliqueuse et violente, nous lançant quotidiennement à la figure que même notre Ministre sait que nous sommes tous pourris ; un système de santé qui a de nombreuses insuffisances et nous empêche souvent, par ses tares intrinsèques, de donner le maximum de nos potentialités au services des patients », regrettent ces derniers.

Aussi, « Certaines de vos actions vigoureuses ont nourri le sentiment que vous étiez en guerre contre tous les personnels de santé. L’impression qui se dégage est que vous estimez qu’il n’y a que des incompétents, des paresseux, des tricheurs et des corrompus dans les formations sanitaires que vous dirigez », assène le mouvement de médecins.

Toujours est-il que « l’état d’esprit global dans la profession médicale n’est pas de nature à véhiculer avec allégresses les bonnes intentions qui sous-tendent manifestement vos initiatives », renseigne MedCamer. Voilà pourquoi, l’organisation « se contente juste d’attirer son attention parce qu’il y a des mutations embarrassantes et c’est la population qui en souffre. Si on place des spécialistes à des endroits où ils ne leur seront pas utiles elle va en souffrir », explique le Dr Moulion Tapouh Jean-Roger.

« La vaccination vient en complément d’autres mesures »

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Lire l’interview du Dr Adidja Amani, Sous-directeur de la Vaccination au Minsanté. Elle explique le bien fondé de cette campagne de vaccination contre le choléra et l’efficacité dudit vaccin. 

Qu’est ce qui justifie la tenue de cette campagne de vaccination contre le choléra plus d’un an après le début de l’épidémie ?

Une analyse des risques faite par un consultant OMS (Organisation mondiale de la Santé : Ndlr) avait montré qu’il y a des Districts de Santé toujours à risque de choléra au Cameroun. On avait identifié à cet effet neuf Districts de santé, soit quatre au Nord et cinq à l’Extrême-Nord. Entre temps, il y a eu une épidémie de choléra avec près de 800 cas au total et une cinquantaine de décès, avec le plus grand foyer de flambée épidémiologique dans la région du Nord. En parallèle aux autres mesures que le ministère de la Santé (Minsanté : Ndlr) met sur pied dont la sensibilisation sur les mesures d’hygiène et d’assainissement, il a été nécessaire également de faire ce qu’on appelle une campagne de vaccination réactive. C’est-à-dire nous sommes en plein foyer épidémiologique, il y a des cas suspects et des gens sont malades, et de vacciner dans ce foyer là pour empêcher, freiner la propagation de l’épidémie. Ce n’est pas la première fois qu’on le fait dans le monde. Donc la vaccination, bien que ce ne soit pas la première arme pour la lutte contre le choléra, elle a une très grande efficacité. Parce que la protection commence autour de sept jours après l’administration du vaccin et remonte à près de 65% après les deux tours d’administration du vaccin parce qu’il faut bien se le préciser. Nous sommes au premier tour et probablement en octobre, après les pluies, nous viendrons pour le 2e tour et c’est ce 2è tour qui va booster cette première dose de vaccin que les gens vont recevoir. Pour cette campagne, c’est sept Districts de Santé qui sont concernés. Nous avons limité à sept Districts parce que pour l’instant, nous n’avons que 680 000 doses de vaccins disponibles au niveau central. Donc, nous avons réparti 80% pour la région du Nord parce que c’est elle qui connait la plus grande flambée épidémiologique avec le plus grand nombre de cas et de décès et les 20% restants c’est dans la région de l’Extrême-Nord où nous sommes dans quatre Districts de Santé.

Quelle sera son efficacité dans la lutte contre cette maladie ?

Dans plusieurs autres pays de l’Asie du Sud ou d’Afrique, quand il y a eu des flambées épidémiologiques, on a utilisé ce vaccin oral qui a montré une efficacité au bout de sept jours, en réduisant significativement non seulement le nombre de cas, mais également le nombre de décès dû à l’épidémie de choléra. Donc, l’immunité commence à se faire ressentir au bout de sept jours. Et il y a une belle courbe. On va observer et au bout d’une semaine vous-même allez voir comment le nombre de cas et décès va diminuer notamment à Garoua 1 et 2, où il y a un plus grand nombre de cas. Et nous insistons que cette mesure de vaccination n’est pas la seule mesure mais elle se fait parallèlement avec celles d’hygiène, de sensibilisation et d’assainissement. A cet effet, le ministère et de ses partenaires ont mis à la disposition des populations, des kits communautaires qu’il faut pour la réponse choléra. Il ya tout le matériel de sensibilisation et de prise en charge pour adapter même aux quartiers qui n’ont pas accès aux formations sanitaires, pour pouvoir prendre en charge ces cas de choléra. Parallèlement, nous sommes appuyés par MSF au Centre de traitement de choléra, dans les UTC dans les Districts de santé, nous travaillons avec l’Unicef qui est spécialisé dans la C4D et qui insiste beaucoup sur la sensibilisation. Nous n’oublions pas les ONG locales qui œuvrent au quotidien dans la lutte contre le choléra. Donc, nous insistons que la vaccination n’est pas la mesure première ni la seule mesure de lutte contre le choléra.

Peut-on espérer que cette campagne de vaccination aidera à réduire le risque d’épidémie de choléra au Cameroun ?

Comme je le disais plus haut, elle va réduire non seulement le nombre de cas que nous avons, mais également la sévérité de la maladie. Nous avons le devoir d’assurer une bonne couverture vaccinale parce que le ministre de la Santé a insisté que la vaccination soit de 100% pour les Aires de Santé à risque concernés. Nous avons le challenge de vacciner dans ces Aires là mais nous avons un gros challenge parce que c’est un vaccin qui est très sollicité. Nous avons vu les gens partir de Ngong ce matin pour venir se faire vacciner. Ce qui fait que le besoin est là, la demande est énorme et nous avons une quantité limitée de vaccin. On espère qu’avec les mesures qui sont mises sur pied, les populations qui en ont besoin seront couvertes.

Cameroun. Le sang coule au compte-goutte

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Le pays n’arrive pas à combler le déficit évalué à 316 000 poches de sang par an.

Les besoins annuels du Cameroun sont estimés à 400 000 poches de sang. Or, le pays n’en produit que 84 000. Soit seulement 21%, avec 5% de donneurs réguliers, 10% de donneurs bénévoles contre 90% de donneurs de remplacement. Ces donneurs sont pour la plupart des donneurs familiaux, d’après le Programme national de transfusion sanguine (PNTS). Selon ce programme, en 2018, 94 873 ont été collectées, contre 91 047 en 2017 et 82 661 en 2016.

Déficit régional

Dans les formations sanitaires en région, la situation n’est guère reluisante. La région du Nord par exemple, affiche un besoin de 3000 poches de sang par an pour venir à bout des problèmes de santé. Soit environ huit poches par jour. Un besoin que l’hôpital régional de Garoua où se trouve l’unique banque de sang de la région n’arrive malheureusement pas à combler. Situation similaire pour la région de l’Extrême-Nord qui ne compte que deux banques de sang (Maroua et Mokolo).

Celle-ci affiche un déficit de 80 000 poches de sang par an. Sa banque de sang dont la capacité est de 1200, est malheureusement presque toujours vide. Car elle n’a seulement que 50 poches de sang en permanence. L’un des responsables de cette formation hospitalière publique confie qu’il arrive que l’hôpital n’en reçoive que 10 du précieux liquide. Ce qui est bien entendu, très insuffisant par rapport à la demande, en raison des l’afflux des blessés de guerre et des accidentés. Dans la région du Sud où les besoins sont évalués à 13 096 poches, seules 767 ont été recueillies en 2018. Soit seulement 5,86 % de poches de sang requises.

« Je vais transmettre mes péchés »

En réalité, cette situation se heurte à de nombreux freins. C’est du moins ce que révèle une étude sociologique réalisée en 2017 par la Société française de transfusion sanguine, en collaboration avec le PNTS. Ce sont entre autres, le manque de volonté politique, l’ignorance du public en matière de don de sang et les barrières culturelles et religieuses. «“Si je donne mon sang, je vais transmettre des péchés”. Voilà ce qu’on entend dans certaines zonesse désole le Pr Appolonie Noah Owona, médecin et Secrétaire permanente du PNTS.Ou encore :« On va se livrer à des pratiques ésotériques avec mon sang». 

Donneur où es-tu ?

Les croyances religieuses ne sont pas en reste. Elles ont trouvé leur nid dans la région de l’Extrême-Nord par exemple. En effet, malgré la mise en place du Comité régional de transfusion sanguine dont le rôle est d’approvisionner en quantité et en qualité les banques de sang, les difficultés d’obtention du précieux liquide ne se sont guère améliorées. Les donneurs, réticents, s’appuient sur leurs croyances religieuses pour justifier le refus de ce geste.

A l’hôpital régional de Maroua, pour qu’un patient bénéficie d’une poche de sang, il doit présenter deux donneurs et verser une somme de 15 000F. Même son de cloche à l’hôpital régional de Ngaoundéré où pour obtenir une poche de sang, il faut débourser la somme de 12 500 Fcfa et venir avec deux donneurs. Mais les stéréotypes culturels perdurent. « Ce n’est pas tout le monde qui veut donner du sang. Les gens sont réticents pour donner du sang et certains se justifient qu’ils peuvent tomber malades », a confié Oumarou Bello, son Secrétaire générale.

Esquisse de solutions

Pour atteindre l’autosuffisance sanguine, le Comité national de transfusion sanguine du Cameroun a signé un partenariat avec l’Etablissement français de sang et Expertise-France, pour la mise en place du cadre institutionnel et technique de la transfusion sanguine et avancer dans le recrutement des donneurs. Mais en attendant l’aboutissement de ce processus, le pays accorde des cartes de donneurs aux volontaires. « Nous négocions avec des hôpitaux pour que, si ces personnes ou leurs ascendants directs sont dans le besoin, qu’ils n’aient plus besoin de venir avec deux autres donneurs supplémentaires », précise le Pr Appolonie Noah Owona, SP du PNTS.

Bienfaits de la transfusion sanguine

Pourtant, « la transfusion sanguine aide à réduire la mortalité maternelle, tout comme la mortalité des nouveau-nés et des enfants de moins de cinq ans ; à prévenir les épidémies de maladies transmissibles telles que le sida, la tuberculose, le paludisme et les maladies tropicales négligées ; à combattre l’hépatite ; et à prévenir les décès et traumatismes liés aux accidents de la circulation», tel que l’a rappelé le Dr Matshidiso Moeti, Directrice régionale de l’OMS pour l’Afrique, à l’occasion de la Journée mondiale du donneur de sang, le 14 juin dernier.

Au Cameroun, plus de 80 % des poches collectées chaque année le sont dans l’urgence et provient essentiellement des familles. Aussi, tout le monde n’est pas habilité à donner de son sang. Par exemple, les femmes enceintes ne doivent pas donner le sang, des porteurs d’hépatite et autres pathologies. Aussi, à 45 ans et à moins de 15 ans, il n’est pas indiqué de donner le sang. La bonne tranche, c’est de 18 à 42 ans.  

 

Encadré

Start-up et associations au secours

Au Cameroun, des initiatives se multiplient pour répondre à la forte demande. C’est ainsi que l’Association pour le Don de Sang de l’Adamaoua (ADSA) à Ngaoundéré, œuvre pour le changement de mentalité à travers des sensibilisations, des campagnes de collecte de sang en collaboration avec des services de banque de sang. Bien avant elle, en janvier 2017, l’association « Sang et vie » voit le jour à Garoua dans la région du Nord. L’objectif est clair : inscrire 500 nouveaux donneurs volontaire de sang au cours de sa première année d’existence afin d’atteindre le cap de 1000 don annuel. Soit 20 poches à collecter par jour.

Les start-ups ne sont pas en reste. C’est ainsi que Melissa Bime, jeune infirmière de 22 ans, a créé Infuiss. C’est une banque de sang en ligne qui met en contact les hôpitaux en pénurie avec ceux qui en ont besoin. La plateforme possède une base de données de tous les groupes et rhésus disponibles dans les hôpitaux de Douala, Yaoundé et les principales villes du pays. En cas de besoin exprimé par un hôpital un SMS est envoyé ou un appel est émis à la plateforme. En deux années, 2 300 poches de sang ont ainsi transité d’un hôpital à un autre.

Plus récemment, au mois de décembre 2018 précisément, quatre collégiennes de la classe de 4e du Quality International School de Yaoundé ont développé Hemo. Tiré du mot hémoglobine, c’est une application en anglais pour Android, téléchargeable sur Playstore, qui met en relation patients et donneurs. L’objectif de l’application est de permettre aux patients de gagner du temps et de l’argent en ayant directement accès aux donneurs.

Le procédé lui, est simple : un potentiel donneur s’inscrit sur l’application en entrant son identité, groupe sanguin, ses coordonnées. Un patient dans le besoin peut se rendre dans la rubrique « recherche de donneurs », y entrer sa localisation et le groupe sanguin désiré. Ensuite, il ne lui reste qu’à choisir le donneur et à le contacter. Malheureusement, ce choix fait encore face au nombre limité d’inscrits (une trentaine de donneurs enregistrés à Douala, Yaoundé, Dschang et Nanga-Eboko), il se heurte aussi au système payant de la transfusion.

A l’évidence donc, les donneurs bénévoles de sang se font rares. Il n’y aurait qu’une quinzaine d’associations des donneurs bénévoles de sang qui travaillent sur le terrain. Et ces associations encadrent le déploiement d’environ 22 000 donneurs, soit 1/10 seulement du nombre requis pour couvrir les besoins.

 

 

 

Transport des moustiquaires. Les Ets Ndongo Essomba ne lâchent pas prise

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Des Milda. Moyen le plus efficace de lutte contre le paludisme?

Face aux propositions du Minmap et les orientations de la Primature jugées irrecevables par le Minsanté, l’entreprise crie à l’injustice et au scandale. Elle vient donc de saisir le Contrôle supérieur de l’Etat (Consupe) et la Commission nationale anti-corruption (Conac).  

L’attente a été longue pour les populations des régions du Sud, de l’Ouest, de l’Est et de 12 districts de santé du Littoral. Le 13 juin prochain, elles recevront finalement les moustiquaires imprégnées à longue durée d’action (Milda), avec près de trois mois de retard. Initialement prévue du 27-31 mars 2019, la première phase de distribution des 3 millions 766 mille 299 comptants pour la première phase de cette campagne sera officiellement lancée dans la région de l’Est. L’opération va se dérouler jusqu’au 17 juin.

Mais loin de ce terrain, la bataille souterraine qui oppose le consortium constitué des Ets Ndongo Essomba et la Société Top Phyto Sarl, aux autorités sanitaires ne baisse pas en intensité. Au centre de cette guéguerre : le contrôle du marché du transport des Milda destinées aux régions du Nord et de l’Adamaoua (lot 3). Ce marché, d’une valeur d’environ 400 millions de FCFA, relatif à la 2e phase de la 3ecampagne nationale de distribution gratuite de cette pièce a finalement lui aussi, été confié au Programme alimentaire mondial (PAM), tel que l’indique le Dr Dorothy Achu, Secrétaire permanent du Programme national de lutte contre le paludisme (Pnlp).

Contestation

Mais cette décision du ministère de la Santé publique (Minsanté) est vivement contestée par l’entreprise chapeauté par l’homme d’affaire Ndongo Essomba, par ailleurs tout puissant président du groupe parlementaire RDPC à l’Assemblée nationale du Cameroun. D’où le recours en contestation de la décision d’infructuosité de l’appel d’offres national introduit par cette entreprise auprès du ministère des Marchés publics (Minmap). Les Ets Ndongo Essomba justifient ce recours par le fait que dans ce dossier, Manaouda Malachie l’avait déclaré seul candidat admis pour la suite de la procédure, devant les quatre autres entreprises soumissionnaires (dont Boka Engineering Company Limite, MAT Colis Express, Groupement AS Consulting/Touristique Express S.A et Société des Amis Sarl), toutes éliminées. C’était dans un communiqué du 25 janvier, portant publication des résultats de l’évaluation des dossiers administratifs et technique de l’Appel d’Offres susmentionné.

Le Minmap et le PM à la rescousse

Les manœuvriers du camps Ndongo Essomba ayant introduit ce recours en contestation semblent avoir du succès auprès de l’autorité tutélaire du système des marchés publics au Cameroun. Car, dans une correspondance du 29 avril dernier, Ibrahim Talba Malla, le ministre délégué à la Présidence de la République chargé des Marchés publics, demande à son collègue du Minsanté « l’attribution du lot 3 (Adamaoua, Nord : Ndlr ; d’une valeur de 200 millions de Fcfa chacun) au Groupement société des Ets Ndongo Essomba et Société Top Phyto Sarl et en déclarant infructueux les lots N°1 (Sud-Ouest : Ndlr), 2 (Sud et Est : Ndlr), 4 (Extrême-Nord : Ndlr) et 5 (Littoral : Ndlr)», écrit-il. Ceci, pour clôturer cet appel d’offres national ouvert le 24 septembre 2018 et sujet à des remous et micmacs. Dans la même correspondance, le Minmap demande par ailleurs au Minsante, « en raison des délais ainsi que de la sensibilité bien connue de ce dossier », de « procéder au lancement en procédure d’urgence de la deuxième phase de cette importante opération moyennant soumission du dossier de consultation de l’avis de non objection dudit bailleur de fonds ».

De plus, la demande d’établissement de contrat introduite par le même requérant au Premier ministère a été validée. C’est en tout cas ce que soutiennent les Ets Ndongo Essomba en se référant à une correspondance signée le 25 avril 2019 par le directeur du Cabinet du PM. « Le Premier ministre me charge de vous informer que le dossier a été transmis ce jour au ministère de la Santé Publique, pour régularisation. Vous voudrez bien vous rapprocher de ce département ministériel pour la suite de la procédure », lit-on dans cette correspondance.

Contre-attaque du PNLP

Au Programme national de lutte contre le paludisme (PNLP), les propositions du Minmap et les orientations de la Primature sont jugées irrecevables. « Nous avons aussi répondu au Minmap. Ce n’est pas notre argent mais celui du bailleur de fonds qui attend l’atteinte de ses objectifs », retorque le Dr Dorothy Achu. D’ailleurs, depuis le 13 mai 2019, « la procédure afférente à l’Appel d’Offres N°009/AONO/MINSANTE/CSPM/PNLP/18, pour le transport de 11, 102 millions de MILDA dans huit régions, a été déclarée infructueuse » par le Minsanté.

Touristique S.A tire son épingle du jeu

Un véritable pied du nez des officiels au groupement Ndongo Essomba. Ce d’autant plus que dans les régions de l’Est et du Sud, en lieu et place du PAM, c’est plutôt des concurrents de Ndongo Essomba tels que Touristique Colis Express SA, éliminé du processus pour absence de d’agrément de transport des marchandises divers, qui assurent le transport du lot 2, consistant à acheminer les Milda vers les Aires de santé et autres points de distribution.

Embarras

Au Pnlp, le sujet embarrasse. « Peut-être le PAM a de nombreux sous-traitants. Il a forcément sa liste locale et leurs transporteurs agréés qu’il utilise », indique, le Dr Dorothy Achu, la SP du Pnlp. Cette dernière reconnait néanmoins que cet organisme onusien ne dispose pas « de son système logistique qui viendra de l’Europe ou des Etats-Unis. Nous avons simplement traité avec le PAM et le transport de ces Milda est en train de se faire effectivement. C’est le plus important pour nous ».

Et de s’interroger : « Si les moustiquaires seront livrées, pourquoi les gens veulent savoir qui est le transporteur ?». Dans tous les cas, le groupement Ets Ndongo Essomba et Société Top Phyto Sarl qui crie au scandale, ne lâchent pas prise. Il vient d’ailleurs de saisir le Contrôle supérieur de l’Etat (Consupe) et la Commission nationale anti-corruption (Conac) au sujet de ce marché. Entre temps, le Minsanté a consenti d’attribuer un lot de consolation au groupement des Ets Ndongo Essomba. Il s’agit du contrat de transport des Milda dans les régions du Sud-Ouest. Le montant dudit contrat est de 80 millions de FCFA.

Minsanté. La nouvelle percée des « nordistes » au sein de l’administration centrale

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Les fonctionnaires issus de cette aire géographique sont de plus en plus nombreux à occuper des postes stratégiques dans son organigramme.

Les fils du Grand-Nord n’ont jamais été aussi bien servis en nombre de postes stratégiques au ministère de la Santé publique (Minsanté). Les nominations décrétées le 14 mai 2019 par le Premier ministre, Dion Ngute, consacrent la promotion de quatre fonctionnaires originaires de cette partie du Cameroun, qui intègrent désormais l’administration centrale de ce département ministériel. Les nouveaux promus sont d’ailleurs installés depuis hier, 16 mai 2019.

D’abord, le Dr Fanne Mahamat, épouse Ousman. A 48 ans, cette spécialiste de santé publique, native du Logone et Chari à Kousseri dans la région de l’Extrême-Nord, a été propulsée à la direction de la Promotion de la santé (DPS). Une reconnaissance du travail abattu sous son magistère à la délégation régionale de la Santé publique pour l’Extrême-Nord.

Le Dr Vandi Deli, un autre ressortissant du Septentrion, n’a pas manqué le train des nominations du 14 mai. Le jeune docteur en pharmacie de 38 ans est le nouveau boss de la Direction de la Pharmacie, du médicament et des Laboratoires. L’heureux promu est expert du financement basé sur la performance (PBF). Il est par ailleurs le point focal de l’OMS au Cameroun, pour l’approche préqualification et expert en matière d’évaluation des dossiers des demandes d’autorisation de mise sur le marché des médicaments.

Toujours au sein du dispositif central du Minsanté, Manaouda Malachie va dorénavant s’appuyer sur Diaby Ousmane. Ce cadre contractuel d’administration, précédemment sous-directeur du Budget au ministère de l’Eau et de l’Energie (Minee), a été nommé chef de la division des Etudes et des projets. A l’Inspection générale des services pharmaceutiques et des Laboratoires, un autre « nordiste » prend du galon : Salihou Sadou. Il est le nouvel occupant du fauteuil d’Inspecteur n°2.

Sons discordants

Dans les coulisses du Minsanté, ces promotions sont diversement appréciées. Là où certains cadres saluent cette percée des ressortissants des trois régions septentrionales, d’autres voix critiquent ces choix du ministre. Pour cette frange sceptique de fonctionnaires, « aucun impact n’est à espérer sur la santé déficiente du Septentrion », argue un spécialiste de santé publique. Selon lui, « le ministre devrait plutôt affecter davantage de personnel dans les formations sanitaires du Septentrion, renforcer leurs budgets et mieux les superviser ».

Aux bons soins du Grand-Nord

Autant le dire, les nominations du 14 mai dernier confortent la forte représentativité du Septentrion au niveau décisionnel du Minsanté. Car, en sus du ministre Manaouda Malachie, lui-même fils de l’Extrême-Nord, le poste de secrétaire d’Etat en charge des Epidémies et Pandémies est occupé par l’inamovible Alim Hayatou. Cet originaire du Nord et non moins cacique du RDPC, y trône depuis 24 bonnes années. Quoi qu’un peu effacé, celui qui fait également office de Lamido de Garoua est présenté comme un des barons du gouvernement qu’il a intégré un soir du 19 septembre 1996. Agé de 73 ans, cet inspecteur principal de Trésor, a d’ailleurs fait l’essentiel de sa carrière administrative au sein dudit ministère.

Inspecteur générale (IG) du Minsanté, Emmanuel Maina Djouldé est un natif de l’Adamaoua. L’ancien chef de la division de la Coopération (DCOOP) au sein du même ministère, est un érudit de l’approche PBF, le financement basé sur la performance, mis sur pied dans certaines régions dont le Nord, l’Extrême-Nord et l’Adamaoua.  Il a ainsi cédé son fauteuil en septembre 2017, au Dr Hamadou Ba, un cardiologue tout aussi ressortissant du Grand-Nord.

Mais le tableau est loin d’être complet. Car, il n’est pas exclu d’y voir d’autres arrivées, étant entendu que d’autres nominations sont dans le pipe. Notamment, celles très attendues des délégués régionaux. Quoi qu’il en soit, à la lumière du dernier remaniement de Paul Biya (36 ans au pouvoir) et de ces nominations de Dion Ngute, il apparaît clairement que la santé des Camerounais est désormais aux bons soins Grand-Nord.

Personnel de santé. 548 Sages-femmes et maïeuticiens recrutés par l’Etat en 5 ans

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Cet effectif est largement inférieur à la demande globale des formations sanitaires publiques en sages-femmes qui est évaluée à plus de 1500 postes à pourvoir sur la période 2015 – 2020.

« La sage-femme est un acteur clé dans l’amélioration de santé maternelle et infantile au regard de son rôle consistant à offrir à chaque femme un accompagnement éclairé pour la planification familiale, la grossesse, l’accouchement, les suites de couches et le suivi du nouveau-né », soutient le Programme national multisectoriel de lutte contre la mortalité maternelle (PLMI). Mais cette ressource humaine dont la journée internationale s’est célébrée le 5 mai 2019 reste sous-exploitée où peu employée par l’Etat, qui investit paradoxalement d’importantes ressources dans sa formation.

Selon les statistiques communiquées par la Direction des ressources humaines (DRH) du ministère de la Santé publique (Minsanté), l’Etat du Cameroun n’a recruté que 548 sages-femmes et maïeuticiens (SFM) en cinq ans. Soit 179 en 2015, 150 autres en 2017 et 225 en décembre 2018, pour le compte de 2019. Ces personnels contractualisés par le ministère de la Fonction publique et de la réforme administrative (Minfopra), puis mis à la disposition de leur ministère de tutelle, ont été prioritairement déployés dans des formations sanitaires où les taux de mortalité maternelle et infantile présentent des pics alarmants.

Mais, cet effectif ne représente que le tier de la demande globale en SFM des formations sanitaires publiques camerounaises. En effet, en 2015, les besoins en recrutement pour ce corps de métier spécialisé en santé de reproduction, étaient d’environ 1500 postes à pourvoir à l’horizon 2020, renseigne une source à la DRH du Minsanté. En d’autres termes, si le Cameroun veut combler ce gap, le Minfopra doit encore contractualiser un supplément de 1000 SFM au cours des 20 prochains mois.

Enjeu crucial

Au Cameroun, la proportion de naissances assistées par un personnel de santé qualifié est faible. Cette situation est en partie responsable du niveau élevé de la mortalité maternelle et infantile, selon le PLMI. De ce point de vue, le programme de recrutement des SFM par l’Etat constitue donc un enjeu crucial pour la survie des nouveau-nés et des jeunes mères. Et si les besoins en ressources humaines qualifiées affectent l’ensemble du système de santé du pays, force est de noter que les disparités sont encore plus marquées lorsqu’on effectue une comparaison entre les Régions d’une part, et entre les localités urbaines et rurales d’autre part.

Pis, certaines catégories spécifiques sont encore plus déficitaires que d’autres. C’est le cas des professionnels à compétence obstétricale que sont les médecins gynécologues et les sages-femmes et assimilés. A titre d’illustration, l’effectif actif dénombré au cours du recensement général des personnels du secteur de la santé de 2011 était évalué à 131 sages-femmes et maïeuticiens au total pour 20 millions d’habitants. Soit un ratio de 1 SFM pour 152.671 habitants. Ce chiffre est 30 fois inférieur au seuil de disponibilité minimale recommandé par l’OMS qui est de 1 SFM pour 5000 habitants.

250 SFM formés par an

Depuis la réouverture de cette filière en 2011, quatre promotions sont déjà sorties, avec en moyenne 250 SFM, injectés sur le marché camerounais de l’emploi chaque année, issues des 10 écoles relevant du Minsanté. Toutefois, selon les résultats de l’étude menée sur les capacités de production et d’absorption des sages-femmes et maïeuticiens au Cameroun, leur recrutement à la fonction publique se fait à un rythme jugé lent par l’Association des sages-femmes et assimiles du Cameroun (Asfac). Ce retard est imputable aux interminables procédures administratives.

En 2013 par exemple, l’Etat n’a pas pu recruter les SFM parce qu’on ne savait pas dans quel statut les classer, explique-t-on à la DRH. « On avait du mal à caser la première cuvée que le chef de l’Etat avait demandé de recruter sans concours, entre fonctionnaires, ce qui n’était pas possible car elles n’appartenaient pas au corps de la santé ; et contractuels, parce que les salaires étaient minables. Il fallait donc créer un corps de sages-femmes et maïeuticiens pour pouvoir les recruter comme tel avec un salaire conséquent », explique un cadre à la DRH du ministère.

Des avancées… sur le tard

Pour lui, ces interminables procédures ont permis d’obtenir des avancées bénéfiques pour les recrues. Ainsi, au plan pécunier, il n’existe plus de différence fondamentale entre contractuels et fonctionnaires. Ce qui valorise désormais le corps de sages-femmes, contractualisées en 10e catégorie, correspondant à la catégorie A2 chez les fonctionnaires. « Voilà les avancées véritables que les gens ne savent pas », commente notre source.

Vers un nouveau plan de recrutement

En 2019, aucun recrutement n’est prévu. Cependant, des sources annoncent un plan de recrutement de plus de 1000 SFM en vue. « On a cruellement besoin d’eux sur le terrain. On a eu beaucoup de retard à cause des procédures. Donc, la cuvée qui est entrain de venir va nous permettre de pouvoir absorber les trois premières vagues qui n’ont pas de licence. Il y a une opération de recrutement de 600 déjà disponible et qui ne souffre de rien. L’idée était de balayer les trois premières vagues qui sont sorties sans licence avant de lancer l’opération de recrutement de plus de 1000 sages-femmes », précise-t-on à la DRH.

Cameroun. Des bébés siamois en détresse

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Cinq mois et demi après la naissance des sœurs siamoises Merveille, leur famille en appelle aux âmes de bonne volonté pour l’évacuation sanitaire , estimée à 40 millions de Fcfa.

Merveille I et Merveille II s’accrochent l’une à l’autre pour vivre voire, survivre. Inconscientes du triste sort qui est le leur, ces nouveau-nées siamoises utilisent un seul biberon pour se nourrir. Mais celui-ci est désespérément vide ce 22 avril 2019. « Le lait est fini. Les couches aussi. Mon oncle et ma tante qui me soutiennent depuis le début ont déjà épuisés leurs épargnes », explique Laurelle Ngali, la génitrice âgée de 18 ans. Au service de chirurgie pédiatrique de l’hôpital gynéco-obstétrique et pédiatrique de Yaoundé (Hgopy) où ses bébés sont internés, Laurelle s’applique tant bien que mal à faire allaiter Merveilles I. Mais sa sœur, Merveille II, manifeste son envie de s’alimenter également. Hélas, faute de biberon, la jeune maman désœuvrée ne peut simultanément satisfaire ses deux merveilles.

Nées le 6 novembre 2018 dans un centre de santé à Ayos, les deux fillettes sont reliées au niveau de l’abdomen. D’ailleurs, c’est mal en point qu’elles ont été transférées à l’Hôpital gynéco-obstétrique et pédiatrique de Yaoundé, dans des conditions précaires. « Elles avaient ce qu’on appelle une omphalite », explique le Pr Angwafo III, Fru Fobuzshi, directeur de cette formation sanitaire. Il s’agit d’une infection du nombril qui s’est développée au niveau inférieur de l’accolement abdominal. « Nous avons soigné cela et au fur et à mesure, d’autres problèmes de santé dont des infections virales ont fait leur apparition. Au cours de cette hospitalisation, nous avons fait ce qui est nécessaire pour leur santé », rassure le directeur.

La famille bénéficie également de l’accompagnement du service social de Hgopy. Au mois de mars dernier, ce service a décaissé la somme de 100 000 Fcfa pour permettre à Laurelle d’acheter des couches et du lait pour les bébés malades. A ce jour où cet argent a été entièrement dépensé, la chaîne de solidarité autour de ce cas social reste timide et ses mobilisations modestes. « Quelques personnes m’ont déjà aidé. Parfois c’est 5 000 Fcfa, parfois moins parfois plus », confie Laurelle.

Évacuation sanitaire

La naissance des jumelles siamoises est considérée comme une pathologie rare, mais pas toujours désespérée. « Nous pensons pour ce cas précis, que la séparation vaut la peine. Le foie étant fusionné partiellement, la séparation est possible », explique le Pr Angwafo III, Fru Fobuzshi. Sauf que le plateau technique des hôpitaux camerounais n’est pas à la hauteur de cette opération particulièrement complexe. « C’est un très haut niveau de chirurgie. Du point de vue des ressources humaines seulement, il faut une multitude de spécialistes », explique un médecin.

En effet plusieurs compétences sont sollicitées à l’instar des chirurgiens pédiatriques, des chirurgiens cardiologues, des chirurgiens vasculaires, des anesthésistes réanimateurs, des plasticiens, des infirmiers de blocs… « Nous avons eu cinq réunions multidisciplinaires avec tous les spécialistes qui se trouvent à Yaoundé et à Douala et des éminents spécialistes de nos facultés en chirurgie pédiatrique, hépatique, anesthésie réanimation, pédiatrie et néonatalogie et en biologie clinique. Au départ, nous avons voulu faire une prise en charge au niveau locale. Mais on s’est buté au plateau technique qui n’était pas adéquat pour ce cas-ci », avoue le directeur de l’hôpital. A la vérité, le Cameroun ne dispose pas d’un équipement de pointe en matière de réanimation et de suivi post opérateur.

A la recherche de 40 millions de FCFA

L’évacuation sanitaire à l’étranger reste donc la seule option salvatrice pour ces enfants. Et le choix du collège des spécialistes en charge de ces bébés en détresse s’est porté sur une équipe médicale basée dans la ville de Lyon, en France. L’hôpital lyonnais a évalué le coût de l’opération à 40 millions de Fcfa et n’attend plus que la mobilisation financière. D’où l’appel à l’aide lancé par la famille à l’endroit des âmes de bonnes volontés. « J’ai besoin d’aide. Il faut de l’argent pour faire voyager mes enfants et leur donner une chance de survivre et d’avoir une vie normale », lance Laurelle.

Parallèlement, un dossier d’évacuation été introduit auprès du ministère de la Santé publique, confie le directeur du Hgopy. Si cette information rassure un tant soit peu Laurelle, la situation de Merveille II qui fait des montées de température régulières, l’inquiète. « Nous lui administrons le médicament prescrit et après quelque temps, elle revient à la normale. Le directeur passe plusieurs fois les voir. Le personnel les traite bien et passe aussi les voir à chaque ronde », reconnait la jeune mère orpheline de père et de mère. Toujours est-il qu’internées à 5 kilos et demi, les deux enfants ont déjà doublé leur poids de naissance. Cependant, leurs vies ne sont pas hors de danger.

De l’amour au cauchemar

Tout commence à Ayos en 2018. Laurelle, une jeune fille sans emploi, file le parfait amour avec son copain. Tout semble bien se passer jusqu’au 6 novembre 2018, jour de la naissance de leurs filles. « Il est arrivé mais dès qu’il a vu les enfants, il a fui. Il a dit qu’il ne peut pas avoir fait de tels enfants », relate Laurelle. Abandonnée à son triste sort, l’avant dernière-née d’une fratrie de cinq enfants n’a eu d’autre choix que de se tourner vers son oncle Eric Abe, et sa tante Christelle Mengue. C’est ainsi que le 12 novembre, ils ont été référés à la Fondation Chantal Biya. Mais, le service de pédiatrie étant en travaux, Laurelle et ses filles ont à nouveau été référées à Hgopy où elles se trouvent depuis ce temps.

 

 

Pr Angwafo III, Fru Fobuzshi, directeur de l’Hôpital gynéco-obstétrique et pédiatrique de Yaoundé.

« C’est un peu plus complexe qu’une simple opération chirurgicale »

A quel niveau se trouve le dossier d’évacuation des enfants siamois ?

Toute évacuation est réglementée. Nous sommes une structure opérationnelle. Nous montons les rapports (médical, d’enquête sociale). Tous ces rapports sont envoyés au niveau de notre tutelle technique qui en fait une étude par le conseil national de santé. C’est au vu de l’ensemble des éléments de santé regroupés que nous pouvons faire un projet d’évacuation avec un chronogramme d’activités dans ce cadre. Vous observez bien que c’est un peu plus complexe qu’une simple opération chirurgicale. Que ce soit une opération au niveau local ou étranger, il faudra l’accompagnement de la mère et des enfants par un personnel médical voir social indiqué. Ceci doit être bien identifié, étudié et il faut mobiliser les moyens y afférents. Voilà la situation. Mais ce qui est important c’est que les enfants sont bien portant. Nous continuons leur prise en charge sociale comme médicale. C’est notre contribution pour mener à bien cette opération.

Quelle est la contrepartie de la famille dans ces charges médicales ?

Comme vous l’avez-vous-même constaté, les parents sont assez démunis. Mais dans le cadre de la solidarité de notre hôpital, nous faisons tout pour encadrer ces enfants. Tous les examens radiologiques et biologiques sont entièrement pris en charge par Hgopy. Une bonne partie de la nutrition et des soins de même. Donc, nous pensons que jusque-là, malgré les difficultés, on tient bon la route.

A quand peut-on espérer l’évacuation ?

Quand il y aura mobilisation des ressources mais la séparation n’est pas l’urgence. Vous avez vu qu’elles sont bien portantes. Ça ne dépend pas de nous. Il faut savoir reconnaître ses limites.

Lutte contre le paludisme. Micmacs autour du marché du transport des Milda au Cameroun

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Le Fonds Mondial, principal bailleur de fonds du Programme national de lutte contre le paludisme (PNLP), soupçonne la sous-commission de passation des marchés du PNLP  de « bidouillages » et d’avoir « injustement » écarté certains soumissionnaires dont Touristiques Colis et Courriers Express SA « TCCE »au profit du groupement chapoté par les Etablissements Ndongo Essomba Sarl. D’où le blocage observé dans le lancement de la distribution des Moustiquaires imprégnées à longue durée d’action (Milda).

C’est une situation de crise que vit en ce moment le Programme national de lutte contre le paludisme (PNLP) au Cameroun. La 3campagne nationale de distribution gratuite de 14 867 748 moustiquaires imprégnées à longue durée d’action (Milda) est bloquée. Et le lancement de la première phase de cette campagne accuse déjà presqu’un mois de retard. Cette phase concernant 13 districts de santé, repartis dans les régions de l’Est, de l’Ouest, du Sud et du Littoral, était initialement prévue du 27 au 31 mars 2019. C’est du moins, ce qu’avait annoncé le ministre de la Santé publique Manaouda Malachie, au cours d’un point de presse tenu le 13 février 2019. Officiellement, ce retard est dû aux « insuffisances » observées dans la procédure de passation du marché relatif au transport desdites Milda, selon les responsables du PNLP. Outre les nombreuses conséquences au double plan sanitaire et financiers occasionnées par cette situationcette affaire embarrassle gouvernement acculé par le Fonds mondial, le principal bailleur de fonds du programme.

Micmacs dans l’attribution des marchés

Cinq groupements d’entreprises étaient en lice pour ce juteux marché du transport des moustiquaires. L’appel d’offre  national court depuis le 24 septembre 2018. Notamment, le Groupement Société des Ets Ndongo Essomba Sarl / Société Top Phyto Sarl, le Groupement Touristique Colis et Courriers Express SA « TCCE » / AS consulting et enfin, la Société des Amis Sarl. Pour le Fonds mondial, la procédure de passation dudit marché a été entachée de « bidouillages ». Selon une source interne au programme, la sous-commission de passation des marchés réunie le 16 novembre 2018, est soupçonnée d’avoir « injustement » écarté certains soumissionnaires, au profit du groupement chapoté par les Etablissements Ndongo Essomba Sarl, une entreprise appartenant au milliardaire éponyme, par ailleurs président du groupe parlementaire du RDPC à l’Assemblée nationale du Cameroun.

Une version corroborée par d’autres sources internes à la représentation du Fonds mondial au Cameroun qui soutiennent que le Groupement Touristique Colis et Courriers Express SA « TCCE » / AS consulting et le soumissionnaire.Société des Amis SARL, « ont été éliminés pour des raisons insuffisamment fondées ». Précisons que cette sous-commission reproche au groupement Touristique & AS Consulting d’avoir présenté un agrément de transport des produits dangereux à la place d’un agrément de transport des marchandises divers et la non présentation d’une attestation de non faillite. Pour le cas de la Société des Amis SARL, c’est le document de cautionnement signé un jour férié qui pose problème. Toujours est-il qu’après trois sessions d’évaluation des offres, aucun soumissionnaire n’a été retenu et l’appel d’offre a finalement été déclaré infructueux. Le coût prévisionnel du transport de ces Milda par pièce de la région vers l’Aire de santé est évalué à 70 Fcfa. Soit un milliard 040 millions 742 mille 360 Fcfa en terme de budget prévisionnel. De l’Aire de santé au site de distribution, il est de 30 Fcfa. A ce niveau, le budget prévisionnel de ce marché s’élève à plus de 400 millions de Fcfa.

Batailles souterraines

De sources proches du dossier, cette décision est la face visible des batailles souterraines autour de ce marché. Car, en plus des soumissionnaires qui la contestentcette résolution de la sous-commission des marchés est désormais au centre d’une controverse au sein du Minsanté et du PNLP. Dans ces deux administrations, des soutiens (haut placés) et favorables au groupement Ets Ndongo Essomba, s’opposent aux responsables acquis à la cause du groupement Touristique. L’affaire a d’ailleurs emporté le chef de la section de passation des marchés (SPM) au programme. Et d’autres cadres pourraient également perdre leurs postes dans cette affaire, à en croire un haut cadre du Programme. Pour sortir de l’impasse, le PNLP a formulé une demande de non-objection au Fonds Mondial le 12 mars 2019, afin de passer un marché gré à gré avec les trois soumissionnaires jugé techniquement éligibles malgré les insuffisances dans les documents présentés. Mais, « dans sa réponse du 17 mars 2019 le Fonds Mondial n’a pas accordé l’autorisation sollicitée », confie un cadre du PNLP.

Le PAM en bouée de sauvetage

Pour rattraper le retard et sortir de cet imbroglio, le Fonds Mondial propose une solution radicale : mettre tous les soumissionnaires camerounais à l’écart et confier le marché du transport des Milda à une organisation internationale, le Programme Alimentaire Mondial (PAM) en l’occurrence, avec qui le fonds est déjà un contrat. « Le Fonds Mondial nous recommande cette structure pour raccourcir le temps nécessaire pour la sélection des transporteurs à travers un AON afin de permettre la distribution des Milda dans les délais », explique une note du Secrétaire permanent adressée au Ministre de la Santé publique. Mais, si cette option permettra assurément de gagner en temps en lançant les opérations de distribution des Milda dès le mois de mai 2019, cette intervention n’est pas sans conséquences pour le Cameroun.

Pertes et profits

L’on n’est donc pas sorti de l’auberge. Entre autres inconvénients avec cette approche du PAM, on peut évoquer la perte des financements par les opérateurs nationaux avec un impact sur l’économie nationale. Surtout que l’enjeu financier qui se joue ici est particulièrement élevé. Aussi, le processus va connaître une 4eme voire, une 5ème phase de distribution. La région de l’Extrême-Nord par exemple, aura une distribution en deux phases. Ce qui n’est pas sans conséquences autant sur les plans financiers que de la santé publique. Dans ce sens, l’augmentation des cas des décès liés au paludisme n’est pas à exclure pour l’année 2019. Quid de la faible couverture en Milda lors de la distribution à cause de la perte des vouchers qui sont distribuées à la population depuis février 2019.En effet, les normes pour faire une distribution parlent 1 – 2 mois après le dénombrement…

Toujours est-il que sur le terrain, le paludisme continue à faire des victimes. Soit 3299 morts pour le compte de 2018 au Cameroun, selon les chiffres officiels du PNLP. Selon les dernières statistiques, il est responsable de 40-45% de consultations médicales (première cause de consultation), 30% des hospitalisations dans les formations sanitaires ; de 35-40% de décès et 50% de morbidité chez les enfants de moins de 5 ans. Sur le plan financier, l’on note une augmentation accrue des coûts d’entreposage des Milda dans les 04 régions à cause de la durée nécessaire pour adresser les recours, clôturer la procédure et lancer un nouvel appel d’offres ; une diminution du taux d’absorption du financement ayant pour conséquence une diminution de la prochaine.

Manaouda Malachie. Un ministre aux urgences

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Entre scandales et décisions controversées, le ministre de la Santé publique au Cameroun n’a pas beaucoup chômé. Diagnostic de ses 100 premiers jours. 

Le 7 janvier 2019, Manaouda Malachie prenait officiellement les rênes du « grand ministère » de la Santé publique (Minsanté) au Cameroun. A seulement 46 ans, il est le plus jeune ministre de l’ère Dion Ngute. Juché depuis 100 jours sur ce strapontin, le natif du Mayo-Tsanaga veut y apporter sa touche. Envers et contre tous ? A chacun d’apprécier. Toujours est-il que le successeur d’André Mama Fouda n’a pas eu d’état de grâce, très tôt confronté à une avalanche événements inattendus.

De scandale en scandale

D’abord le scandale chlorhexidine 7,1% flacon de 10 ml, un antiseptique pour soins ombilicaux dont l’utilisation a provoqué des cas de cécité secondaire chez 15 nourrissons. A peine trouvait-il solution à cette affaire héritée de son prédécesseur, que la bombe du préavis de grève dans les hôpitaux publics, a été actionnée sous son fauteuil par les syndicats. Dans cet enchaînement des dossiers brûlants, figurent en bonne place : l’impasse due aux batailles de positionnement au sein de l’Ordre national des pharmaciens du Cameroun, l’insolvabilité du Cameroun à l’OMS pour la période allant de 2015-2018, la pression de cet organisme onusien sur le Cameroun pour la mise en place effective de la Couverture santé universelle, le retour de l’épidémie de choléra au Nord, le scandale des prématurés morts de suite de négligences médicales à l’hôpital régional de Garoua, le phénomène de séquestrations des malades dans les hôpitaux, le scandale des vidéos de l’hôpital de district de Deïdo et des sanctions infligées au personnel médical… La liste est loin d’être exhaustive. Autant dire que pour ses 100 premiers jours au gouvernement, Manaouda Malachie a été un ministre aux urgences. Face à ces situations, l’ancien pensionnaire de l’Ecole nationale d’administration (ENA) de Paris a, presqu’à chaque fois, fait preuve de célérité, usant du bâton et de la carotte.

Actions et polémiques

Entre l’interdiction de la Chlorehxidine 7,1 % flacon de 10 ml, la gratuité de traitement en faveurs des patients indigents dans les Formation sanitaire (FOSA) publiques, ou les sanctions en cascades des personnels sanitaires, les premières décisions du Minsanté ont un trait commun : elles font jaser. « Il surréagit. Il essaie de gérer les urgences mais qu’il ne pense pas que la santé c’est des urgences », critique un cadre du ministère de la Santé publique. La remarque trouve justification aux yeux de ses collaborateurs qui, en grande partie voient en lui, « un homme courageux », déterminé à faire bouger les lignes. « Le secteur avait soif de gouvernance, des normes et des réformes dans l’urgence et avait besoin d’un rappel au respect des procédures. De ce point de vue, les premières actions correspondent au contexte dans lequel il s’inscrit. C’étaient des décisions appropriées, dans un environnement où on avait besoin d’un rappel à l’ordre. D’ici quelque mois ou années, beaucoup de chose vont changer », soutient, optimiste, un haut responsable et proche du ministre.

A l’analyse, les actions du Minsanté laissent entrevoir une volonté de remettre de l’ordre dans ce secteur aux urgences et du personnel qui brille par un renoncement de leurs missions. Selon une source proche du dossier, l’objectif est de voir ces personnels de santé reconsidérer leur rapport à la vie humaine pour humaniser davantage l’hôpital, les soins et l’environnement du patient. Tout ceci, associé aux efforts fournis pour les motiver et relever les plateaux techniques. A ce sujet, l’Etat recherche à travers le Minsanté, d’autres moyens pour le relever. Ce qui devrait s’accommoder d’une gouvernance irréprochable de l’hôpital.

Critiques des caciques

En 100 jours, Mananouda Malachie s’est bâti une réputation de rigueur, de sérieux et de dynamisme. N’empêche que son magistère essuie de vives critiques, du fait de certaines décisions et sanctions prises par l’autorité tutélaire du secteur de la Santé publique. Notamment, la polémique relative à sa demande de libération des malades indigents séquestrés dans les hôpitaux publics. Cette décision transitoire, a viré à l’incompréhension au sein du corps médical et de l’opinion publique. « Il a pris des décisions que l’on pourrait qualifier de maladroite mais seul l’avenir nous le dira », avance un cadre du Minsanté. A l’issue par exemple de la réunion avec tous les acteurs concernés par la question des indigents le mercredi 3 avril à Yaoundé, des indiscrétions mentionnent quelques résolutions au rang desquelles, la mise sur pied dans les jours à venir, d’une procédure de prise en charge de l’indigent standardisée pour tous les hôpitaux ; la sensibilisation des CTD sur leurs responsabilités en matière de prise en charge des indigents. Nos sources révèlent aussi qu’il a été décidé que les hôpitaux doivent aussi redynamiser leurs services sociaux et le Minsanté interviendra pour des cas nécessitant une péréquation. « Toutes ces décisions sont le symptôme de ce qu’il faut repenser l’hôpital ; il ne se passe pas une journée sans un scandale dans nos hôpitaux. Il faut donc qu’il consulte large sur l’hôpital d’aujourd’hui et de demain », soutient un spécialiste de la santé publique. Un autre médecin en service dans la région de l’Extrême-Nord pense que « c’est très courageux de sa part. Il y a au sein de ce corps de métier, trop de brebis galeuses qui ternissent l’image du personnel de santé ».

Leader, autoritaire, solitaire

Du point de vue du management, « le style Manaouda » fait également des gorges chaudes. Certains cadres du Minsanté le trouvent autoritaire. « Notre ministre se comporte comme un capitaine seul dans un bateau. Il décide sans tenir compte de l’avis des autres », souffle un de ses collaborateurs. « Nous ne sommes pas toujours consultés, même sur des questions qui relèvent de nos compétences », se plaint un directeur. En effet, dans ce département ministériel, le nouveau patron s’est entouré d’une équipe restreinte de fonctionnaires associés aux décisions stratégiques. Mais dans l’entourage du ministre, cette posture est défendue. « Dans le contexte actuel, ce tempérament est justifié. Nous avons soif dans ce secteur sensible et hautement important, de sanctions, de rigueur, d’un rappel à l’ordre mais aussi, des félicitations et primes », explique une source. Selon elle, « Il était nécessaire que le nouveau ministre prenne le leadership ; qu’il imprime ses marques de manière rapide et claire ; qu’il impulse et trace sa ligne. Même si ça passe par un leadership solitaire et directif. Evidemment, c’est une forme de gouvernance qui va évoluer et s’adapter à l’environnement ». Néanmoins, « qu’il consulte un peu plus ses collaborateurs », suggère notre interlocuteur.

Ministre 2. 0

Ministre up to date, ultra connecté et réactif, Manaouda Malachie évolue avec son temps. En matière de communication, ce membre du gouvernement s’est ouvert aux codes de la communication moderne. Sur les réseaux sociaux, son compte tweeter est animé par lui-même. Dans cette tweetosphère où les internautes ne lui passent pas toujours le baume, le Minsanté n’hésite pas à répondre à certaines sollicitations dont il fait l’objet. Morceaux choisis : « Y a-t-il un de vos tweets où vous ne ramenez pas tout à vous ? » ; « Parfois, le silence est un grand allié. Répondre à tout sur les réseaux sociaux est dangereux » … Quoi qu’il en soit, pour l’administrateur civil ; arrêter de Tweeter est inenvisageable. Surtout que cela lui vaut aussi la sympathie de l’opinion.

 

Doléances venues du Nord

A plus d’un titre, l’arrivée de Manaouda Malachie à la tête du Minsanté constitue un motif d’espoirs. C’est en tout cas la perception qu’on fait de son action au sein des formations sanitaires, surtout en région. « Nous avons vu des actions concrètes depuis la prise de fonction de notre ministre. D’abord en termes d’humanisation des soins, d’amélioration de l’accueil dans les formations sanitaires où nous observons de plus en plus de propreté grâce aux multiples descentes inopinées », commente un médecin à Garoua, chef-lieu de la Région du Nord. Pour ce dernier, les mesures du Minsanté sont salutaires et efficaces car « les choses changent » avec l’ère Manaouda. « Il faut qu’il continue dans ce sens car nous voulons les meilleurs soins, la Couverture santé universelle, l’accès aux soins pour les plus démunis », s’exprime un autre médecin toujours à Garoua.

Mais le major de sa promotion à l’Enam est également attendu sur la question d’équipement des FOSA située dans des zones prioritaires comme le Grand-Nord. « Le Minsanté doit songer à équiper les formations sanitaires du Septentrion et affecter du personnel parce que l’accessibilité aux soins est non seulement financière mais aussi et surtout géographique. De nombreux postes sont abandonnés par le personnel affecté. Du coup, dans la plupart des structures de soins du Septentrion, le personnel est en nombre insuffisant », formule un responsable régional et élite du Grand-Nord. A Velé par exemple, les plaintes sur les conditions de travail du personnel de santé sont nombreuses. Précarité des salaires, nouveaux affectés sans salaires, primes et autres indemnités, rien ne doit être laissé pour compte. Le plateau technique et la répartition équitable de la logistique sur l’étendue du territoire national (ambulance, voiture de service, moto, infrastructures, réfrigérateurs) ne sont pas en reste. « Nous souhaitons aussi qu’il prête une attention particulière aux personnels qui se battent de jour comme de nuit dans les zones reculées ou difficiles d’accès pour s’occuper des Camerounais de l’arrière-pays », dit-il.

Si ses visites de contrôle inopinées sont saluées, il n’en demeure pas moins que le souhait de voir ces approches s’étendre et se déployer aussi dans le vrai arrière-pays en termes de prochaines étapes est émis. « Il faut aussi une communication plus appropriée des actions de manière systématique, rapide, qui permettent d’éclairer sur les mesures et les stratégies dans leur contexte parce les polémiques et les mauvaises interprétations ont failli prendre le pas sur le sens », suggère un cadre du ministère.

Hôpitaux publics. Vives controverses autour de la note du Minsanté

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Suite à sa note qui proscrit la séquestration des malades indigents dans les formations sanitaires, Manaouda Malachie essuie une volée de bois vert au sein de la corporation médicale.

C’est le branle-bas au sein du corps médical et des économistes de la santé au Cameroun. La controverse n’en finit plus autour de la note du ministre de la Santé publique (Minsanté) au sujet « Des malades otages dans les hôpitaux ». Dans ce document signé le 14 mars 2019 et rendu publique le 25 mars dernier, Manaouda Malachie interdit «la séquestration des patients indigents dans les formations sanitaires publiques ». Sous un ton sentencieux à l’endroit des responsables des formations sanitaires publiques, le Minsanté instruit « toutes affaires cessantes, [de] libérer tous les patients qui se trouveraient ainsi retenus dans [les] formations sanitaires respectives, en raison de leur insolvabilité, et de me rendre compte instamment de vos diligences et des coûts y relatifs ».

Litanie de critiques

Depuis lors, au sein de la corporation sanitaire, Manaouda Malachie essuie une volée de bois vert. Un chapelet de critiques à l’endroit de ce dernier ne semble pas prêt de s’arrêter. « Je ne suis pas d’accord avec la manière de faire du ministre. Parce que les gens ne peuvent pas venir à l’hôpital, sachant que le service est payant, mais ils ne payent pas après avoir été soigné. Finalement, disons donc que l’hôpital est gratuit pour tous », s’agace une autorité sanitaire de la ville de Ngaoundéré. Pour ce gestionnaire d’hôpital, la décision du Minsanté va démotiver le personnel sanitaire à qui les hôpitaux reversent entre 30 et 40% des recettes. « En demandant la libération des patients insolvables, les malades ne vont plus jamais payer les factures. Nos recettes vont donc chuter. Toute chose qui entraînera une dégradation de la qualité des soins du fait de la démotivation du personnel », commente un autre médecin qui prédit « un désastre » à l’horizon. Cette analyse rejoint la position de l’économiste Dieudonné Essomba. « Cette décision est très contre-productive : elle va dégrader davantage des services davantage les services de santé déjà mal en point », tranche-t-il.

Pour le moins, cette décision ne fait pas l’unanimité. Certains, comme Dieudonné Essomba, la trouve irréaliste et difficilement applicable. Car, le ministre et ses collaborateurs n’ont pas les moyens opérationnels pour évaluer l’impact de leur décision. Ce d’autant plus que « Nous ne sommes pas devant une décision de santé mais une décision économique qui porte sur la santé publique », explique-t-il. Dans le même sens, un cadre du Minsanté ajoute : « l’hôpital est comme une entreprise. Imaginez madame, qu’on ordonne à votre directeur de publication de distribuer gratuitement ses journaux.  Jugez par vous-même, l’impact que cela aura sur la structure, les employés, le fonctionnement etc. ».

Nuance syndicaliste

Le Syndicaliste Sylvain Nga Onana lui, se montre plus nuancé. « Pour que ce soit réaliste et réalisable, il faut une bonne réforme hospitalière; il faut que le gouvernement dote la sante publique de 15% du budget général de l’Etat comme acte à la conférence d’Abuja il y a plus de vingt ans et enfin, mettre en place la Couverture santé universelle », analyse le Président du Syndicat national Cap/Santé. Un avis partagé par un médecin en service dans la région de l’Extrême-Nord qui s’interroge sur la probité morale des patients. « Peut-on compter sur la bonne foi des patients camerounais pour qu’ils payent leurs soins et sans se faire pas passer pour des personnes indigentes ? Comment fera-t-on pour que les gens ne se livrent pas aux actes de dénonciation hasardeuses des responsables des formations hospitalières ? », s’interroge-t-il.

Toujours est-il qu’une bonne franche de professionnels de santé préfèrent se conformer à la décision du Minsanté. « Je suis un ouvrier. Je suis obligée de respecter la décision républicaine, sans état d’âme. L’Etat a dit sortez les indigents, j’applique », confie le directeur d’une formation hospitalière réputée à Douala. Pour ce haut commis, « l’hôpital c’est celui de l’Etat. Si on perd où est le problème ? Il n’y a pas de problème si ça rentre dans les missions régaliennes de l’Etat. L’hôpital n’a pas vocation à faire des bénéfices. Quand on soigne les Camerounais, qui gagne ? Le reste on verra plus tard. On nous a demandé de faire des propositions, je vais les faire ».

Faibles dépenses de l’Etat

Au Cameroun, les dépenses de santé par ménage représentent 70% et seulement 6% de la population camerounaise est couverte par une assurance sociale. L’Etat ne dépense que 3400 FCFA par an et par habitant. Selon un rapport de la Banque mondial publié en 2018 sur les finances publiques au Cameroun, les dépenses de santé de l’Etat sont faibles. Bien plus, la répartition régionale du budget de l’Etat ne tient pas compte des réalités des populations, de leur statut socio-économique, du fardeau de la maladie ou du contexte sécuritaire. Hugue Nkoutchou, PhD (University of Bath), lui, constate qu’un coût élevé du service de la dette et la masse salariale du gouvernement évincent les dépenses prioritaires telles que la santé. Aussi, le budget de santé publique est insuffisant et représente moins de 1% du PIB ou 4,29% du budget annuel.

 

Ordre national des médecins du Cameroun. Comment Tetanye Ekoe et Bidzogo Atangana sont tombés

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Accusés d’avoir été « un peu trop rigides », ces barons de cet ordre chargée du contrôle de l’action médicale ont perdu la confiance de leurs pairs au cours de l’Assemblée générale élective du 22 mars 2019.

« La démocratie est dangereuse parce qu’elle réserve parfois des surprises ». Guy Sandjon qui tient ces propos face à la presse, ne cache pas sa peine ce 23 mars 2019 à Yaoundé. Au lendemain de sa réélection au poste de président du Conseil de l’Ordre national des médecins du Cameroun (ONMC), le candidat victorieux avec 73% de suffrages, est paradoxalement amère, voire déçu. C’est que, le vent de changement qui vient de souffler sur le bureau du conseil de l’ONMC a emporté deux de ses fidèles alliés et non moins barons de l’Ordre. D’abord le Pr Tetanye Ekoe, évincé du fauteuil de 1er vice-président du Conseil de l’Ordre avec 23 voix seulement, après avoir passé 10 années à l’Ordre. Ce pédiatre de renom, devenu inamovible au sein de l’organisation, était surtout le bras armé de l’Ordre dans la commission académique. Mais il a perdu dans les urnes et a été remplacé par le Pr Ashuntantang Gloria Enow, première femme à accéder à ce poste depuis la création de l’ONMC. La redistribution des cartes a également eu raison du Dr Bidzogo Atangana, éjecté du stratégique poste de Secrétaire général de l’ONMC. Premier employeur des médecins au Cameroun, après l’Etat, Dr Bidzogo Atangana faisait -jusqu’à vendredi dernier- partie de la première ligne des proches du président Guy Sandjon. Après 10 années passées aussi au Conseil de l’Ordre, le très influent médecin a perdu la confiance de ses pairs (avec 57 voix), au profit du Dr Gervais Gabriel Atedjoe, un allié du bureau sortant « sauvé de justesse ». « Le Dr Bidzogo n’est pas passé pourtant il était dans un collège de médecins. Il est parti, élégamment, sans discuter », confie le médecin chef de la Clinique de l’Aéroport à Douala.

Sacrifices

La pilule est donc amère pour le Dr Guy Sandjon qui entame son 4e mandat. « Connaissez-vous beaucoup de pays où on organise une élection on la perd ? Les films où l’acteur du film meurt ? C’est ce qui s’est passé hier », lâche le Président manifestement dépité par les résultats des urnes. « Ils ont sacrifié beaucoup de choses et je tiens à les remercier », dit-il, « Avec un pincement au cœur. Parce que vous savez quand on est habitué à quelqu’un, on souhaite que la personne soit toujours là ». Sauf que la page est tournée pour le Pr Tetanye Ekoe et le Dr Bidzogo Atangana. Du moins pour les trois prochaines années de mandat. Rien ne laissait pourtant présager la chute de ces cadres au matin du 22 mars, jour des élections. Le Dr Guy Sadjon et ses alliés c’étaient même accordés un petit repos pendant le déroulement du processus. Et même si la volonté d’en découdre avec des caciques du bureau sortant était perceptible chez les médecins, le tsunami des urnes n’était pas véritablement envisagé. La veille, le Pr Tetanye Ekoe a même écourté une mission pour assister à ces élections. Ceci, après avoir battu campagne électorale dans les villes comme Douala. « Mais il a été battu. C’est difficile », regrette Guy Sandjon. Surtout qu’« Il fait partie de ceux qui m’ont permis de tenir. Il apportait une touche à la formation. La commission académique c’est la meilleure des commissions et c’est grâce à lui », avoue le gynécologue.

Tête pensante

Bien plus. Le Pr Tetanye Ekoe était la tête pensante de la stratégie implémentée par l’Ordre pour lutter contre les formations médicales illégales, souffle une source. « Mais chacun a son temps. Les médecins pensent qu’il a fait son temps, ils ont voté, c’était transparent. Nous étions en poste. La plupart des votants étaient ses étudiants », commente le nouveau président de l’ONMC. Le cas du secrétaire général laisse davantage songeur, fort de ses états de services mais faible de sa rigidité. Quoi qu’il en soit, leur compagnon de ces années adresse un « Sentiment de gratitude vis-à-vis de mes camarades qui ne sont pas dans ce bureau, dans ce conseil parce qu’ils m’ont accompagné depuis près dix ans en toute citoyenneté. Mais, vous savez, c’est une démocratie et on doit respecter la volonté des médecins qui se sont exprimés dans les urnes et qui ont choisi leurs dirigeants dans les trois années à venir ».

Processus  houleux

Le renouvellement du bureau et du conseil de l’ONMC s’est donc fait à plus de 60%. « C’est la première fois que c’est aussi important. Il y avait un peu de tension, qui traduisait la vitalité de notre démocratie. Entre médecins, on se comprend bien, on doit rester correct pour que les patients puissent nous respecter », souligne le Président. D’après lui, ce fut une élection transparente, difficile, « très discutée qui témoigne de la vitalité des médecins. Impossible de tricher ». Tout au long de ce processus, la commission électorale a dû faire face aux jeunes médecins désireux de faire valoir leur droit de vote. Ceux-ci ont opposé une fin de non-recevoir à la requête de l’un des membres de la commission électorale, de voter par acclamation. Ce n’est qu’au petit matin, que le processus électoral s’est achevé. « C’était tellement dur que même le Pr Kaptué n’a pas pu voter. Il est dans le privé mais il n’avait pas apporté son autorisation d’exercer en clientèle privé », explique le Dr Roger Tchamfong.  Lazare Kaptué est en fait le premier camerounais à avoir créé une école de formation privée au Cameroun, le premier hématologue du Cameroun, le résident du comité éthique du Cameroun, l’ancien directeur de la santé. « Mais il n’a pas pu voter, parce qu’on a voulu être clair », se justifie le Président de l’Ordre.

Yaoundé. Le sermon du Minsanté aux journalistes

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Manaouda Malachie s’insurge contre une presse qu’il qualifie de sensationnelle.

Lundi 11 mars 2019. Il est environ 14h à Yaoundé. Le téléphone du Président de l’Association des journalistes et Communicateurs pour la Promotion de la Santé (AJC-Prosanté) crépite. Au bout de la ligne, le cabinet du ministre de la Santé publique (Minsanté) qui convoque (en urgence), le bureau de cette association à une audience avec Manaouda Malachie. L’information est soudaine, même si une demande avait été introduite par l’AJC-Prosanté à la mi-janvier. Pris à l’improviste, Joseph Mbeng Boum, se saisit tout de même du bâton de pèlerin pour mobiliser les membres disponibles. Une délégation de quatre personnes se constitue rapidement et prend la direction du lieu de rencontre avec l’autorité tutélaire du secteur de la santé au Cameroun. Sur place, les choses se déroulent avec une célérité (rare dans les usages habituels). L’installation des invités au Cabinet est assurée par le chef du protocole du ministre. Dans cette pièce qui fait office de salle d’attente du cabinet, l’ambiance est quelque peu conviviale en compagnie du directeur de la Coopération, le Dr Hamadou Ba.

Sur ces entrefaites, Manaouda Malachie fait son entrée. Sanglé dans un luxueux costume-croisé bleu nuit, le membre du gouvernement a la mine grave, le visage serré. Quelques civilités d’usage, puis le maitre de céans prend place. L’échange peut alors commencer. Les pistes d’un partenariat entre l’AJC-Prosanté et le Minsanté sont évoquées. Quid de l’accès aux sources d’informations, en passant par le rôle des journalistes sur les questions de santé… « Notre challenge aujourd’hui c’est de pouvoir changer les choses. A travers notre association, nous voulons nous placer comme partenaire des institutions sanitaires et avoir accès à une bonne information afin de la relayer au public », dira en guise de plaidoyer, Joseph Mbeng Boum, Président de l’AJC-Prosanté.

Sermon sévère

Cette doléance est accueillie « avec intérêt », selon les termes de Manaouda Malachie. Mais l’échange vire aussitôt à un sermon. « Les questions de santé ne peuvent pas être traitées comme les questions de football. C’est un secteur assez sensible. Les informations que vous diffusez doivent être analysées avec soin. Il ne s’agit pas de faire du sensationnel, mais plutôt d’avoir de la mesure et diffuser des informations responsables », s’indigne Manaouda Malachie. Sévère. Et si pour lui, l’« objectif commun est que les choses marchent mieux », le Minsanté subodore que les journalistes ne font pas toujours leur job. « Au lieu de rappeler à la population que vous n’avez pas telle chose ou qu’ailleurs ça se fait mieux qu’ici, il faudrait plutôt travailler à leur donner espoir », recadre-t-il avant de monter d’un ton.

Visiblement agacé au plus haut point par ces journalistes qui « jettent l’anathème sur le Cameroun », Manaouda Malachie s’insurge contre ces actes qu’il qualifie d’antipatriotique. « On ne peut pas être celui-là qui pourfend le Cameroun. Il faut aimer son pays parce que chacun, à son niveau, doit apporter son plus à l’édification de notre grande nation », soutient le Minsanté.

Dessous de l’audience

En réalité, cette audience spéciale accordée à la toute nouvelle association pour la promotion de la santé au Cameroun n’est pas anodine. Elle intervient au lendemain de deux sujets de santé traités la veille, par deux membres de l’AJC-Prosanté. L’un à travers un tweet, sur le silence des autorités sanitaires à la suite du drame des prématurés morts à la suite d’une négligence médicale à l’hôpital régional de Garoua le 23 février 2019 et l’autre, sur la réforme hospitalière. Des actualités brûlantes de ce secteur « sensible », qui ont provoqué l’ire du Minsanté.  « Quelqu’un m’a demandé hier dans un tweet de démissionner de mon poste de ministre en rapport avec les bébés qui sont morts à Garoua, faisant une comparaison avec la démission du ministre de la Santé de Tunisie après la mort suspecte de 11 prématurés dans un hôpital de Tunis. D’abord on n’est pas dans un état de comparaison. Nos réalités ne sont pas celles des autres pays », argue Manaouda Malachie. Toujours sévère.

L’ambiance est à couper au couteau. L’auditoire est confus. Impassible, l’élite du Mayo-Tsanaga poursuit : « Quand on a reçu la confiance du chef de l’Etat on ne démissionne pas. Nous sommes conscients que nous avons beaucoup de choses à faire pour améliorer la santé au Cameroun mais nous devons travailler à redonner l’espoir aux Camerounais ».  Face à cette avalanche de critiques sur ces professionnels de la presse, le Président de l’AJC-Prosanté se veut rassurant. « Notre challenge aujourd’hui est de pouvoir changer les choses », réagit M. Mbeng Boum. Quoi qu’il en soit, « Je voudrais m’inscrire dans une démarche qualité », renchérit Manaouda Malachie. C’est en cela que l’AJC-Prosante veut se placer comme partenaire du Minsanté. Mais, « Sans toutefois embrasser les journalistes, on n’est pas des ennemis », tente d’apaiser Manaouda Malachie, sous un ton quelque peu radouci. La fin de l’audience quelques minutes plus tard sera pourtant glaciale, réduite aux strictes civilités d’usage… dénuées de chaleur.

Couverture santé universelle. L’OMS fait pression sur le Cameroun

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Dr Rebecca Matshidiso Moeti, Directrice régionale de l'OMS pour l'Afrique
Dr Rebecca Matshidiso Moeti, Directrice régionale de l’OMS pour l’Afrique

A ce sujet, la Directrice régionale de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) pour l’Afrique conduit une mission de travail du 21 au 23 février 2019 en terre camerounaise.

Un séjour au pas de course. Ainsi pourrait-on qualifier la visite qu’effectue, dès ce 21 février 2019, la Directrice régionale de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) pour l’Afrique, au Cameroun. Mais au-delà de son caractère éclair, cette mission de Dr Rebecca Matshidiso Moeti revêt un enjeu crucial pour le système sanitaire du pays. C’est du moins ce que confie le Représentant résident de l’OMS au Cameroun, le Dr Phanuel Habimana. Ainsi précise-t-il, la Couverture santé universelle (CSU), dont la mise en place est à la traine au Cameroun, est le sujet phare des échanges entre la délégation de l’OMS, les autorités camerounaises et les partenaires techniques et financiers du Cameroun en matière de Santé publique.

Pression au sommet

Pour dire le moins, le Cameroun se presse lentement sur le chemin de la CSU. L’arrivée de Rebecca Matshidiso Moeti à Yaoundé vise donc à exercer une pression supplémentaire sur l’État camerounais dans l’optique de catalyser les réformes nécessaires à mise à œuvre de la Couverture santé universelle au pays de Paul Biya. Pour Dr Phanuel Habimana « la Couverture santé universelle est un chemin, une vision, un objectif. Ce qui veut dire qu’il y a des choses dans la réforme qu’on doit pouvoir faire comme les piliers du système de santé, les ressources humaines ; la disponibilité des médicaments, l’offre de service, la qualité des soins, les financements, la gouvernance, le système d’information, etc. C’est quand tous ces éléments s’améliorent et que la performance dans le système s’accroit, qu’on peut dire que le système s’oriente vers la couverture santé universelle », explique-t-il. Avant d’ajouter qu’ « à travers cette visite, on peut avoir des améliorations dans le sens de l’accélération de la CSU au Cameroun mais surtout que les populations aient accès aux services de santé de qualité ».

Communication spéciale

Toujours à ce sujet, une communication spéciale de l’illustre hôte est prévue le 22 février à la Faculté de médecine et des sciences biomédicales (Fmsb) de l’Université de Yaoundé I. Dans le contexte camerounais, la CSU vise à rendre des services de santé de qualité aux populations sans que l’accès à ces services soit une charge (financière) lourde pour les populations. De l’avis du plénipotentiaire de l’OMS au Cameroun, « c’est un agenda extrêmement important sur le plan mondial, régional et des pays. L’Union Africaine le 9 février a eu le 32e sommet qui a discuté de cette question d’un meilleur financement, d’un meilleur investissement des secteurs de la santé pour apporter la santé aux populations de nos pays. Ils pourront discuter, comment la mise en place de la couverture santé universelle peut s’accélérer au Cameroun et aller vraiment dans le sens d’offrir ces services aux populations », détaille Dr Phanuel Habimana.

Urgence humanitaire

Au Cameroun, les populations sont aux prises avec plusieurs crises humanitaires. Notamment à l’Extrême-Nord avec les attaques Boko haram, à l’Est avec les réfugiés centrafricains, sans oublier les déplacés des régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest. Autant dire que beaucoup de concitoyens en souffrance n’ont pas accès aux services de santé. « La Directrice régionale de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) pour l’Afrique aura des discussions avec les autorités politiques et les partenaires, pour voir comment ces populations peuvent, malgré la situation, avoir accès aux services de santé de qualité. Pensez à une maman qui est en brousse et qui est enceinte, ou à un enfant qui a la fièvre. Comment peut-on accéder à ces populations pour leur offrir des services de santé qui conviennent « , explique le Dr Phanuel Habimana.

Alerte. 4000 femmes décèdent par an au Cameroun des suites d’accouchement

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Le Minsanté réceptionnant le don des mains de la représentante de l'UNFPA, en présence du représentant de l'OMS au Cameroun.

Au Cameroun, donner la vie coûte la vie aux femmes. En effet, 4000 mille d’entre elles décèdent chaque année des suites d’accouchement. C’est du moins ce qu’indique le ratio de mortalité maternelle en terres camerounaises. D’après la cinquième enquête démographique et de santé du Cameroun (EDS-V), le nombre de ces décès est de 406 pour 1000 naissances vivantes, contre 782 décès pour 1000 naissances vivantes en 2011. Soit une baisse de près de 40% en 7 ans de lutte contre la mortalité maternelle et infantile.

Toutefois, « Son niveau actuel est encore 10 à 20 fois plus élevé que celui des pays développés », avait noté l’enquête. Et pour ne rien arranger, l’atteinte des Objectifs de développement durable visant à passer en dessous de 140 décès pour 1000 naissances vivantes reste menacée par le Covid-19 qui impacte malheureusement la fréquentation des services de santé par les femmes enceintes. Si pour Manaouda Malachie, ministre de la Santé publique, cette situation est « inacceptable », d’un autre côté « aucun relâchement ne doit être consenti ».

C’est du moins ce qu’il a déclaré le 30 juillet dernier, en recevant des kits de santé de reproduction et des équipements de réanimation pour la riposte contre le Covid-19 d’une valeur de 143 545 726 Fcfa répartis dans 54 formations sanitaires des régions d’intervention du Projet d’appui à la santé maternelle et néonatale et Infantile (Pasmni) et du Centre des opérations des urgences de santé publique à Yaoundé (Cousp). Ce matériel acheté par le Minsanté à travers l’Unfpa permettra entre autres, de maintenir et améliorer les efforts consentis en faveur de l’amélioration de la santé de la mère et de l’enfant.

196 372 929 de Fcfa ont par ailleurs été déboursés pour acquérir 423 kits d’intrants et équipements pour des soins obstétricaux d’urgence à répartir dans 106 formations sanitaires de l’Extrême-Nord, du Nord et de l’Adamaoua. Ces trousses sanitaires contribueront notamment à réaliser des césariennes et autres interventions obstétricaux-chirurgicales dont la réanimation des mères et nouveau-nés et l’administrer un traitement par intraveineuse des complications obstétricales et réaliser des accouchements normaux, de stabiliser les patientes présentant des complications obstétricales comme les éclampsies ou hémorragie, avant de les orienter vers des soins d’un niveau supérieur.

« Des soins obstétricaux et néonataux de qualité doivent être mis à la disposition des populations, y compris en contexte de COVID-19 », a déclaré la représentante résidente de l’UNFPA au Cameroun, Siti Batoul Oussein. A noter que le Pasmni vise à renforcer les systèmes de santé et à améliorer l’accès des populations aux services de santé dans les régions qui enregistrent les indicateurs de mortalité et de morbidité maternelle et infantile les plus critiques.

Cameroun. Plus de 50 mille décès de nourrissons évités grâce au vaccin contre la tuberculose

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20 millions de doses du vaccin contre la tuberculose ont déjà été administrées au Cameroun depuis 1976. Ces doses du BCG (Bacille de Calmette et Guérin) ont ainsi permis d’éviter plus de 50 mille décès de nourrissons, informe le Programme Elargi de vaccination (PEV). Lequel précise qu’en 2020 au Cameroun, 775 896 enfants ont reçu leur dose dudit vaccin au cours de la première année de vie. Depuis le début de l’année 2021, 335 972 enfants ont quant à eux été déjà vaccinés contre cette maladie.

« La vaccination des nourrissons par le Bacille de Calmette et Guérin (BCG) offre aux enfants de moins de cinq ans une protection contre la méningite tuberculeuse et les autres formes graves de tuberculose », précise le PEV dans son communiqué de presse commémorant les 100 ans de ce vaccin. Il reste le seul qui existe contre la tuberculose, une maladie qui tue chaque année plus de 1,4 million de personnes dans le monde. On estime que plus de 100 millions d’enfants qui reçoivent le BCG chaque année. A ce jour, plus de 4 milliards de doses ont été administrées.

« Le BCG chez l’enfant est fait dans le but de le protéger des formes graves de la tuberculose », réitère le Dr Patrick Ndoudoumou, médecin généraliste. A noter que la vaccination par le BCG n’est pas recommandée après l’âge de 12 mois « car la plupart du temps à cet âge, les personnes vivant dans des pays endémiques (pays à forte charge de tuberculose) ont déjà été exposées à la bactérie, de sorte que la protection offerte par le vaccin à ce moment-là est variable et moins certaine ».

Hépatites virales. Le coût du traitement reste onéreux au Cameroun

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Coup de tonnerre sous le ciel sans nuages de la vie d’Alain. Par une matinée ensoleillée de mars 2021, ce paysan découvre dans son bulletin de résultats des examens médicaux qu’il a été diagnostiqué positif à l’hépatite virale B. Il est par la suite orienté à l’hôpital général de Yaoundé pour son protocole de traitement. D’après lui, il s’élevait à environ 1 million de Fcfa pour deux mois de traitement. Un montant hors de sa bourse. Il a par conséquent été obligé dit-il, d’opter pour un traitement à base de plantes naturelles. Lequel lui a couté 300 000 Fcfa au total, pour six mois de traitement.

Des exemples comme celui de ce paysan sont légions au Cameroun. C’est que, le constat fait état de ce que le coût du traitement contre l’hépatite virale reste onéreux pour les bourses moyennes. les ménages interrogés dépensent parfois plus d’un million de Fcfa pour ce traitement. « Une proportion importante de malades mis sous traitement ne sont pas affiliés au circuit mis en place par l’Etat pour pourvoir avoir accès au traitement subventionné. Ce qui explique un certain nombre d’abus subis par ces malades en termes de coût de leur traitement », justifie le Dr Maurice Rocher Mbella, chef du service de la lutte contre les infections sexuellement transmissibles et les hépatites virales au ministère de la Santé publique (Minsanté).

Officiellement au Cameroun, le traitement antiviral de l’hépatite virale B dans le circuit mis en place par l’Etat va de 2 000 à 200 000 FCFA pour 28 jours de traitement. C’est un traitement à long terme. Celui de l’hépatite virale C va de 50 000 à 100 000 FCFA pour 28 jours.  Il se fait à moyen termes de 3 à 6 mois. Sauf qu’ici, la (c’est-à-dire chronique, aigue ou forme avancée) n’est pas précisée. « Pour les malades ayant des coïnfections hépatite B et D ou hépatite B et C ou ayant des complications, le coût de la prise en charge sera plus élevé que celui des malades ayant une hépatite virale chronique simple », indique ce dernier.

Cependant, « Il faut aussi noter qu’il existe plusieurs circuits parallèles de traitement des hépatites virales où les prix du traitement antiviral ne sont pas contrôlés », fait savoir le Dr Mbella. En tout cas, Trois phases de réduction des coûts de traitements ont déjà été enregistrées Minsanté, à travers la signature des conventions avec certains Laboratoires Pharmaceutiques, informe-t-on ici. Aussi, le pays dispose actuellement de 14 Centres de Traitement Agréés opérationnels (CTA) répartis sur toute l’étendue du territoire « à partir desquels les malades peuvent avoir accès aux médicaments anti-hépatiques subventionnés ».

1 million de camerounais touché

Au Cameroun, les officiels de la santé estiment à plus d’un million le nombre de personnes souffrants d’hépatite virale B, la plus meurtrière (elle reste incurable). Soit 8,3% de camerounais dans la tranche de 15 à 59 ans d’après l’enquête CAMPHIA 2017 (Cameroon Population-based HIV Impact Assessment). Parmi eux, près de 10,5 % sont co-infectées à l’hépatite D qui elle, a un taux de 6,5% tandis que celle C en a 1,03%. Soit près de 150 000 personnes souffrant d’hépatite virale C. Malheureusement, « Le système actuel ne permet pas d’avoir des données probantes sur les hépatites aigues A et E », précise le Dr Maurice Rocher Mbella.

D’après lui, environ 50 décès d’hépatite virale chronique B et C ont été documentés en 2020 par le système. Cependant, « certaines sources estiment à près de 8000 par an le nombre de décès liés aux hépatites virales chroniques ». En tout cas, un Plan Stratégique National (PSN) de lutte contre les hépatites virales 2020-2024 a été lancé le 28 août 2020 à Yaoundé. Ceci, pour accroitre de façon considérable la réponse aux hépatites virales et conduire à l’obtention de meilleurs résultats de la prise en charge sur la base d’une continuité de soins. A noter que l’hépatite virale est une inflammation du foie provoquée par l’un des cinq types de virus A, B, C, D, et E. C’est un problème de santé publique en terres camerounaises.

La Journée mondiale contre l’hépatite s’est célébrée le 28 juillet dernier. A en croire l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), le thème de cette année, « L’hépatite ne peut plus attendre », souligne qu’il faut agir d’urgence pour éliminer l’hépatite en tant que menace pour la santé publique d’ici à 2030. « On ne peut plus attendre. Une personne meurt toutes les 30 secondes d’une hépatite virale même pendant la crise actuelle liée à la Covid-19 », s’alarme l’OMS.

 

Monatélé. Une campagne de santé communautaire démarre ce jour dans le district de santé

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L’objectif est l’amélioration de l’état de santé des populations de ses localités.

Une équipe de 100 étudiants en médecine, médecins et techniciens de laboratoire se déploie dès ce jour dans le District de Santé de Monatélé. Jusqu’au 8 août prochain, la team de la Medical Student Association of Lekie Division (Mesald) prodiguera ainsi des soins de santé aux populations des 9 aires de Santé de ce District à travers une campagne gratuite de santé communautaire. Des consultations en médecine buccodentaire, médecine générale, odontostomatologie et en petite chirurgie (circoncisions) sont ainsi prévues.

Tout comme celles ophtalmologiques (notamment le diagnostic des affections ophtalmologiques, mesure de l’acuité visuelle et prise en charge de certaines pathologies ophtalmologiques), gynéco-obstétriques (dépistage du cancer du col de l’utérus, du sein et counseling), grandes chirurgies (hernies, kystes, lipomes) et sensibilisation au Covid-19. Les dépistages rapides du diabète, du VIH/SIDA et du paludisme ; les causeries éducatives et la communication pour le changement de Comportement (CCC) et démonstration ne sont pas en reste. L’objectif ici est l’amélioration de l’état de santé des populations de ses localités.

En fait, les populations des zones rurales en particulier font « quotidiennement face à un contexte sanitaire précaire caractérisé par une inaccessibilité géographique et socio-économique aux soins de santé primaires, une chaîne de relais de communication sur les moyens de prévention insuffisante et des données épidémiologiques quasi inexistantes », motive l’équipe que chapeaute le Dr Cedric Ngono Angoni.

Le choix porté sur l’arrondissement de Monatélé pour cette 22e édition soutenue de l’initiative soutenue par le ministère de la Santé publique se justifie par le fait qu’il miné par le paludisme, les maladies liées à l’eau, l’onchocercose, les névralgies d’étiologies diverses, le VIH/SIDA. « Il y est aussi noté, une résurgence des maladies pulmonaires, cardiovasculaires, ophtalmologiques, et une augmentation accrue des hernies chez les enfants ». A noter que les 3 dernières éditions de 2020, 2019 et 2018 ont eu lieu respectivement à Okola-Loba ; Elig-Mfomo/Evodoula et Obala/Batchenga. L’initiative lancée en 1999 est à sa 22 édition.

Simon Pierre Ediba : « Nous regrettons que nous n’ayons pas une ambulance médicalisée à l’hôpital de District »

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Le maire d’Obala revient sur l’importance de la mise sur pied du Centre des urgences au sein de l’hôpital de district de cette « ville carrefour », l’apport du Comité de gestion dans le management l’hôpital et plaide pour l’octroi d’une ambulance médicalisée pour plus de diligence dans la prise en charge et le transfert des patients. Lire son interview.

Qu’est-ce que ces réalisations vont apporter de nouveau dans la prise en charge des populations d’Obala ?

Ces dons vont améliorer la prise en charge qui posait déjà problème parce que nous n’avions pas un Centre des urgences que nous avions aujourd’hui. Nous n’avions pas un haut standing en termes d’hospitalisations. Avec ces nouvelles infrastructures équipées, la prise en charge sera améliorée et nous pourrons donc avoir des soins de qualité et sauver plusieurs vies que nous avons souvent perdues. Vous savez que nous sommes à côté de la nationale numéro 4 qui est accidentogène et nous sommes dans une ville moyenne qui tutoie aujourd’hui 60 mille habitants où vous avez des gens venant de toutes parts. Et récemment, beaucoup viennent des chantiers de NHPC et de Paepys. Tous ces gens habitent à Obala et ont besoin d’une bonne couverture sanitaire.

Le plateau technique est aujourd’hui relevé et nous pensons qu’avec cet apport de NHPC la prise en charge sera complète même si nous regrettons aujourd’hui que nous n’ayons pas une ambulance médicalisée parce que la prise en charge doit se faire de bout en bout. Il faut déjà transporter le patient dans de bonnes conditions et peut-être le référer à d’autres formations sanitaires beaucoup plus relevées dans de bonnes conditions.

Comment les cas d’urgences étaient gérés à l’hôpital de District d’Obala ?

On les gérait avec la diligence du personnel de santé mais il n’y avait pas une structure dédiée aux urgences. C’est pour cela que nous pensons qu’avec l’arrivée de ces nouvelles infrastructures et de ces nouveaux équipements, l’hôpital de district d’Obala répond à un besoin qui se posait déjà. Et nous pensons que les patients, les populations feront l’objet d’une prise en charge beaucoup plus complète.

Des pratiques foulant au pied l’éthique et la déontologie médicale ont été décriées au sein de cet hôpital. Monsieur le maire peut-il aujourd’hui rassurer les populations de ce que la prise en charge des patients s’est améliorée et est devenue meilleure à l’hôpital de District d’Obala ?

Avec la nouvelle équipe, les choses se sont améliorées il faut le dire. Avec les nouveaux équipements et les nouvelles infrastructures, ça va s’améliorer davantage. Nous travaillons tous les jours à amener le personnel à prendre conscience du rôle qui est le leur dans une communauté comme celle-ci, dans une formation comme celle-ci et les choses s’améliorent. On décrie de moins en moins les mauvaises pratiques et nous allons travailler davantage à assainir ce milieu pour que les soins de qualité que nous recherchons pour nos populations soient garantis.

Quel est l’apport du comité de gestion dans le management de l’hôpital de district ?

C’est une structure qui accompagne la direction de l’hôpital d’Obala et qui surveille le fonctionnement de l’hôpital ; qui peut de temps en temps apporter un conseil ou redresser les choses dans le sens que nous souhaitons. Peut-être pas directement mais en donnant des recommandations à la direction de l’hôpital et beaucoup de ces recommandations ont été suivies d’effet.

Centre/Lekié. La ville d’Obala a son Centre des urgences

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Une vue de la salle d'attente des urgences

L’infrastructure construite et équipée par l’électricien NHPC a été rétrocédée à l’Etat hier.

Exit le casse-tête de la gestion des patients en situation d’urgence à l’hôpital de district d’Obala ! La formation sanitaire dispose désormais d’un Centre des urgence « digne de ce non ». La nouvelle infrastructure est un don de la Nachtigal Hydropower Company (NHPC). Cette entreprise en charge de la conception, la construction et l’exploitation de l’aménagement hydroélectrique de Nachtigal a financé ces travaux à hauteur de 200 millions de FCFA.

D’après le directeur de l’hôpital, le Dr Georges Bouting Mayaka, le nouveau centre des urgences vient à point nommé pour Obala. En effet, l’hôpital qu’il dirige reçoit en moyenne une centaine des cas d’urgences médicales, chirurgicales et traumatiques par mois. Pour le patron de l’hôpital de district d’Obala, plusieurs facteurs prédisposent donc l’hôpital d’Obala à cette affluence des malades en situation d’urgence médicale. D’abord, Obala est la « capitale économique de la Lekié ». Ensuite, c’est une « ville carrefour ». Enfin, il y a la position stratégique qu’occupe cette formation sanitaire publique située sur la route nationale numéro 4, une route réputée accidentogène.

Seulement dans cet hôpital vieux de 67ans, la prise en charge de ces cas d’urgence relevait de la croix et de la bannière pour l’équipe médicale. Notamment du fait de l’absence d’une structure dédiée « pour faire ce tri et décider de quelles urgences nous allions prendre en charge localement et quelles référencer dans des structures plus compétentes », regrette le Dr Bouting Mayaka.

Mais depuis hier 28 juillet 2021, cet « impair » a été réparé à la faveur de rétrocession des bâtiments construits, réhabilités et équipés par la Nachtigal Hydropower Company (NHPC). La capacité d’accueil de la nouvelle infrastructure est d’une dizaine de lits. Le bâtiment flambant neuf est « équipé d’un matériel de pointe dernier cri » et dispose également, entre autres, d’un bloc opératoire avec entre autres une table d’opération électrique, extracteurs à oxygène et générateur ; de trois salles des infirmières, d’observation et de réveil.

Deux autres salles d’hospitalisation pour hommes et femmes, deux bureaux pour le major et le médecin chef. « C’est une nécessité pour l’hôpital de district vue sa position. C’est le premier centre d’accueil d’envergure dans département de la Lekié. Tous les hôpitaux devraient d’ailleurs avoir un centre des urgences », fait savoir le directeur de l’hôpital.

Réhabilitation

Outre le centre d’urgence, le pavillon haut standing de l’hôpital d’Obala, « naguère en état de dégradation avancée », affiche dorénavant fière allure. Le bloc de 6 chambres individuelles a été entièrement réhabilité et équipé par NHPC. L’électricien a par ailleurs construit un incinérateur pour la gestion des déchets hospitaliers. La liste de cette dotation est complétée par des équipements et matériels médicaux divers tels que des lits d’hospitalisation, tables d’opération électrique, bistouris électriques, défibrillateurs, brancards, microscopes et boîtes complètes de chirurgie…

Si ces dons contribuent à changer l’aspect clinique de la structure, ils participent surtout à « relever le plateau technique ainsi que nos capacités d’accueil et de prise en charge des cas », soutient son directeur. Un avis partagé par Simon Pierre Ediba, le maire de la ville. « Avec l’arrivée de ces nouvelles infrastructures et de ces nouveaux équipements, le plateau technique est aujourd’hui relevé et nous pensons qu’avec cet apport de NHPC, les patients et populations feront l’objet d’une prise en charge beaucoup plus complète », se satisfait le magistrat municipal.

Besoins

Mais à Obala, les besoins en équipements et matériels de l’hôpital sont loin d’être totalement comblés. Hôpital de 4e catégorie, cette Fosa couvre jusqu’à 62 mille 357 âmes auxquels viennent s’ajouter les ouvriers des chantiers de la NHPC et du Projet d’approvisionnement en eau potable de la ville de Yaoundé à partir du fleuve Sanaga (PEAPYS). « Nous regrettons que nous n’ayons pas une ambulance médicalisée parce que la prise en charge doit se faire de bout en bout », déclare le maire.

La doléance a d’ailleurs été formulée par le Dr Bouting Mayaka à l’endroit du ministre de la Santé publique Manaouda Malachie qui présidait la cérémonie de rétrocession. L’ambulance médicalisée permettra « de référer les cas critiques vers les centres agréés et de prévenir avec promptitude en cas d’urgence », a-t-il expliqué au membre du gouvernement.

Pour l’heure, promesse a été faite par la NHPC de doter l’hôpital d’un nouveau forage dans les prochains jours. Ceci, pour pallier aux difficultés d’approvisionnement en eau qui s’y posent au quotidien. Toutes choses qui font dire au Dr Bouting Mayaka « Que ce partenariat public privé soit apprécié à sa juste valeur ».

Le don de la NHPC, représenté par son directeur général, Vincent Leroux, s’inscrit non seulement dans le cadre du plan de gestion environnemental et social de l’entreprise mais aussi et surtout, de son plan de santé communautaire. Il est le fruit du partenariat signé en mai 2018 entre le ministère de la Santé publique et la NHPC en vue de la mise en œuvre d’actions de santé publique dans la zone d’implémentation du projet hydroélectrique de Nachtigal. « Nous pouvons affirmer avec l’évènement de ce jour que la National Hydropower Company se rapproche des objectifs définis dans son cahier de charge. Je l’exhorte donc par conséquent à poursuivre les activités menées avec l’accompagnement du comité de suivi mis en place à cet effet et des structures techniques du ministère de la santé publique », a déclaré Manaouda Malachie.

 

Fonds Covid 19. Manaouda Malachie contrattaque le rapport de Louis Paul Motaze

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Le Minsanté face à la presse hier à Yaoundé.

La réponse du ministre de la Santé publique à son confrère des Finances ne s’est pas faite attendre. 24 heures après la mise en circulation du rapport d’exécution du Fonds spécial de solidarité nationale pour la lutte contre le coronavirus et ses répercussions économiques et sociales au titre de l’exercice 2020 au Cameroun, Manaouda Malachie a contrattaqué.

Dans une correspondance datée du 27 juillet 2021, l’autorité tutélaire de la santé au Cameroun demande au Minfi « de procéder à la rectification des incorrections contenues dans le rapport et qui pourraient être de nature à fausser sa sincérité ».

Il s’appuie pour cela, sur des éléments qu’il dit avoir mis à la disposition du Ministère des Finances. D’abord, Manaouda Malachie note que « ni ce rapport, ni le projet n’ont été transmis à mon département ministériel en vue d’apporter le cas échéant, des éléments de réponse à certaines informations ou interrogations qui pourraient y subsister ».

Ensuite, le Minsanté réfute les allégations d’une ardoise de 46 milliards FCFA non justifiée par ses services tel qu’indiqué dans le rapport rendu par les équipes de Louis Paul Motaze. « Contrairement à ce qui y est indiqué en page 123, indiquant la non régularisation par le ministère de la Santé publique des avances de Trésorerie consenties à son profit, les dépenses effectuées par la Pairie Spécialisée auprès du ministère de la Santé publique dans le cadre de la riposte sanitaire contre le Covid 19 s’élèvent à 34,5 milliards et non 45,9 milliards de Fcfa », précise Manaouda Malachie. En d’autres termes, Soit plus de 11 milliards de Fcfa en moins.

Le Minsanté retorque que ces dépenses ont été exécutées « en procédure normale ». Et que, « la liasse documentaire en soutien de la dépense est bel bien disponible dans les services du trésor ayant effectué toutes ces opérations et qui relèvent d’ailleurs de votre département ministériel. De ce fait, la régularisation qui n’est rien d’autre qu’un mécanisme de couverture budgétaire ne saurait être de la compétence du ministère de la Santé publique ». Ceci, parce que d’après les dispositions de la circulaire du 22 juillet 2020 précisant les modalités d’organisation, de fonctionnement et de suivi évaluation du Fonds spécial, « le seul ordonnateur dudit compte d’affectation est le Ministre des Finances ».

Autant dire que le feuilleton sur la gestion des fonds Covid-19 est loin d’avoir entamé son générique de fin.

 

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Cameroun. Pour cause de fraude, le Minsanté annule les épreuves écrites aux examens de certification

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Des candidats après la suspension de la première épreuve.

L’épreuve de sciences de base sur laquelle composaient déjà les infirmiers diplômées d’Etat (IDE) n’aura pas été menée jusqu’au bout ce mardi matin. Elle a été interrompue dans les centres uniques des 10 chefs-lieux de régions du Cameroun alors que ces candidats aux examens de certification dans les établissements publics et privés de formation des personnels sanitaires l’avaient déjà démarré.

« C’était le désarroi chez les candidats à Douala », confie une source proche du dossier. Ces milliers de candidats seront informés dans la foulée que les épreuves écrites prévues du 27 au 28 juillet 2021 sont annulées. Ceci, « En raison de nombreuses fuites d’épreuves observées dans plusieurs régions », précisera plus tard dans un communiqué de presse Manaouda Malachie, ministre de la Santé publique.

Celui qui est par ailleurs président du Jury d’organisation de ces examens de certifications informe les candidats et l’ensemble des acteurs intervenants dans le processus que lesdits examens pour le compte de l’année 2021 sont reprogrammés du 24 au 25 août 2021. Ceci, « suivant les modalités qui seront précisées dans les jours à venir ». Par ailleurs, il informe l’opinion publique qu’une enquête est ouverte auprès des services compétents « afin d’établir les différentes responsabilités ».

Fonds Covid-19. Le Minsanté peine à justifier 46 milliards de Fcfa auprès du Minfi

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Le Minsanté sur le terrain dans l'Adamaoua.

La correspondance du ministre des Finances à son collègue du ministère de la Santé publique est restée sans suite. Dans cette lettre datant du 27 janvier 2021 le ministre des Finances, Louis Paul Motazé demande à Manaouda Malachie de lui transmettre toutes les pièces justificatives « des liasses de dépenses payées en avance de trésorerie », dans le cadre de ce Fonds spécial de lutte contre le Covid-19. Ceci, « conformément aux règles en vigueur, afin que les couvertures budgétaires soient faites dans le dispositif mis en place pour la gestion des dépenses du CAS (Compte d’affectation spécial : Ndlr) Covid 19 ».

Les justificatifs exigés portent sur la somme de 45,89 milliards de Fcfa, versés au ministère de la Santé publique (Minsanté) dans le cadre du mécanisme d’avance de trésorerie, informe le Rapport d’exécution au titre de l’exercice 2020 des ressources du Fonds spécial de solidarité nationale pour la lutte contre le coronavirus et ses répercussions économiques et sociales. Cet argent a été mis à la disposition du Minsanté entre mars et août 2020, pour faire face à l’urgence sanitaire de la pandémie du Covid-19.

Le gouvernement avait alors provisoirement fait recours à ce procédé « au bénéfice exclusif » du Minsanté, avant la signature du décret de répartition des fonds de Covid-19 et la mise en place du CAS Covid-19. Les dépenses effectuées au titre de ces avances de trésorerie devaient être régularisées une fois tout le dispositif du Compte d’affectation spécial Covid-19 mis en place. Seulement, « À date, les pièces justificatives pour la régularisation de ces dépenses sont encore attendues au ministère des Finances », regrette le rapport d’exécution édité par le Minfi au mois de juillet 2021.

L’enveloppe se décompose ainsi qu’il suit : 8,07 milliards de Fcfa représentant les avances de trésorerie consentis par la pairie spécialisée CAS Covid-19 ; 34,52 milliards payés à la paierie spécialisés du Minsanté pour les prestations réalisées avant l’opérationnalisation de PROBMIS CAS Covid-19 ; 3,3 milliards au titre des sommes perçues sous formes de dons des personnes physiques et morales logées dans les banques commerciales BGFI et UBA et gérés par le Minsanté « à travers la sous-commission administrative et financière dont le président est constitué billeteur ad hoc » et provenant des dons des personnes physiques et morales.

Dans la synthèse de son rapport de juin 2021, la Chambre des comptes de la Cour suprême du Cameroun avait déjà déploré une absence de contrôles préjudiciables à la bonne exécution des marchés, la mise à l’écart des comptables matières « susceptibles de faciliter les détournements » et l’absence de visa du contrôleur financier de ces marchés au Minsanté. « Si bien que le total des engagements de crédits du Minsanté pour 2020 s’est élevé à 81,8 milliards de Fcfa, en dépassement de 31,6 milliards de Fcfa ».

20 milliards de factures non réglées

Malgré ce dépassement et pour ne rien arranger, 129 sociétés réclament encore 20 milliards de Fcfa au Minsanté. En réalité, ces dossiers répertoriés dans un tableau assorti des montants et objets de dépense, n’ont pas abouti au paiement mais restent dans le circuit de la dépense. Dans ce registre, Mediline Medical Cameroon SA figure en bonne place, avec 8,75 milliards de Fcfa pour la fourniture des tests de dépistages rapides et antigènes. C’est d‘ailleurs la plus lourde commande de ce tableau.

L’on peut aussi y voir des établissements comme SAT Pharma Sarl pour la fourniture du matériel médical (506 millions de Fcfa) ; Metrocalib Sarl pour le matériel médical (495 millions de Fcfa) et Marechal pour deux marchés de fournitures de bureaux et matériels de bureaux pour un total de 327 millions 750 mille Fcfa. La Société KETS SARL pour les travaux de construction d’un bâtiment d’isolement devant se rattacher à l’hôpital de District (HD) de Meyomessala pour un montant de 342 millions 205 mille 596 Fcfa et PAC International Cameroun SARL pour la réalisation « clefs à main » des travaux de réaménagement de la morgue de l’hôpital général de Yaoundé pour un montant de 383 millions 917 mille 157 Fcfa.

Des écueils relevés

Tous ces détails et biens d’autres sont contenus dans le rapport d’exécution du Minfi dont lurgentiste.com a eu copie. L’élaboration et la publication de ce rapport constitue une réponse à un engagement pris par le gouvernement pour assurer la transparence dans la gestion des fonds affectés à la riposte contre le Covid-19. Par conséquent, il rend compte de l’exécution financière résultant de la mise en œuvre des programmes, actions et activités du CAS Covid 19 au titre de l’exercice 2020. Le document de 125 pages comporte trois grandes parties. La première présente le dispositif institutionnel et technique mis en place pour assurer la gestion des fonds Covid ; la deuxième traite de l’exécution budgétaire des différentes allocations accordées aux différentes administrations impliquées et la troisième présente la situation détaillée par administration

D’après ledit rapport qui se donnait pour ambition entre autres, de rendre compte de l’exécution budgétaire des différentes allocations accordées aux différentes administrations impliquées et la situation détaillée par administration, la stratégie gouvernementale « s’est montrée efficace » tout en déplorant « un nombre considérable de morts ». Le gouvernement reconnaît néanmoins qu’un certain nombre d’écueils ont entravé la bonne exécution des activités sur le financement Covid-19 au courant de l’exercice 2020. Notamment, la non régularisation par le Minsanté des avances de trésorerie consenties à son profit pour un montant total de 45,9 milliards.

A noter que le Minsanté est logé dans le programme 971 correspondant au renforcement du système de santé.

Centre. 6 formations sanitaires sous le coup d’une enquête pour détournement de fonds publics et corruption

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Une équipe de l’Inspection générale s’y rend dès ce jour, à la demande du Consupe.

11 jours. C’est le temps que va durer la mission d’investigation de l’inspection générale des services pharmaceutiques et du laboratoire du ministère de la Santé publique. Conduite par le Dr Yomo Albertine, elle va séjourner à la délégation régionale de la Santé publique du Centre (DRSP-C) et dans six formations sanitaires de la région du Centre. Ce sont : l’hôpital régional annexe d’Ayos, le district de santé (DS) et l’hôpital de District (HD) d’Akonolinga, le DS et HD de Bafia, d’Efoulan, de Mfou et d’Olembé.

Il s’agira pour cette équipe qui va investiguer du 26 juillet au 6 août 2021, « de faire la lumière sur la dénonciation des actes de détournement de fonds publics et de corruption présumés contre les responsables » de ces structures sanitaires. En réalité, la mission a été décidée à la suite d’une demande d’informations adressée par le Contrôle supérieur de l’État, qui enquête depuis quelques mois sur des malversations présumées dans la gestion des fonds dédiés à la lutte contre le Covid-19 au Cameroun.

Cette équipe de 6 personnes va ainsi recouper des informations « en vue d’une réponse adéquate à la préoccupation du Consupe», peut-on dans la lettre de mission de Manaouda Malachie, ministre de la santé. Ce dernier invite donc tous les responsables de ces formations sanitaires et de la délégation régionale « à prendre toutes les dispositions nécessaires pour le bon déroulement de cette mission ».  Mais il faut noter que tout part d’une dénonciation de Prosper Biakolo Ekassi, infirmier de formation et syndicaliste, relative aux actes de détournement de fonds publics et de corruption présumés portés contre les responsables de ces structures de santé publique.

Très attendu, le rapport de mission que devra produire cette équipe.

 

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