René Sadi: "Il nous semble plus qu’urgent et impérieux d’en appeler au sens de responsabilité de nos concitoyens"

Le Cameroun fait face à un regain des contaminations de COVID-19 sur l’étendue du territoire. Entre le 23 décembre 2020 et le 25 février 2021 le pays a enregistré 9976 nouveaux cas positifs. Pis en deux mois, 105 personnes sont mortes des suites de covid-19 selon les statistiques officielles. L’on est passé d’une moyenne de 46 décès par mois en 2020, à plus de 52 décès mensuel en 2021.

Un état de chose « essentiellement lié à un relâchement généralisé (…) qui s’est traduit par le non-respect de la part de la majorité de nos compatriotes des principales mesures barrières », accuse d’emblée René Emmanuel Sadi, ministre de la Communication et porte-parole du gouvernement. Plus grave, « La tendance est haussière de semaine en semaine », alerte Manaouda Malachie, avec par exemple 25 décès enregistrés en une semaine au Centre de prise en charge de Orca à Yaoundé la semaine dernière.

Au cours d’une conférence de presse conjointe tenue hier à Yaoundé, le gouvernement de la République du Cameroun dit pourtant avoir « décrié à maintes reprises depuis quelques temps », ce relâchement généralisé caractérisé par l’absence du port du masque dans les lieux publics, de la distanciation physique et le lavage régulier des mains avec du savon et de l’eau coulante ou à l’aide du gel hydroalcoolique.

Ceci, en violation de la stratégie nationale de riposte décidée par le président de la République Paul Biya. Celle-ci « a essentiellement consisté en la sensibilisation de tous sur la dangerosité du Covid-19 d’une part et d’autre part, en la conscientisation de tous sur l’absolue nécessité de notre implication individuelle et collective dans le respect de l’ensemble des mesures préconisées comme gage de l’efficacité et du succès de cette stratégie de riposte contre le Covid-19 », précise le membre du gouvernement.

Conséquence du choix de l’exécutif

Mais ce que René Emmanuel Sadi omet de dire, c’est que la situation actuelle est aussi et surtout la conséquence d’un choix de l’exécutif. Notamment l’assouplissement des 13 mesures barrières décidées par le Président de la République Paul Biya. Une décision qui avait été perçue comme une déclaration de la fin de la pandémie. Pour dire le moins, la quasi absence de sensibilisation et de communication autour de la situation épidémiologique de la maladie sur le sol camerounais observée depuis plus de deux mois a fini par convaincre une majorité de l’opinion que « la pandémie était derrière-nous ».

Dans ce contexte, le gouvernement a lui-même relâché la fermeté qui était de mise dans la mise en œuvre scrupuleux des mesures barrières. Les autorités camerounaises ont consenti à autoriser l’organisation des multiples concerts populations et manifestations publiques (et même privées) de grande envergure, qui foulaient malheureusement au pied le respect du port du masque et du respect de la distanciation physique. Une analyse que partage un médecin impliqué dans la riposte nationale. Selon lui, à ceci, il faut ajouter des facteurs favorables comme “la faible communication, la reprise des vols internationaux avec dépistage à l’arrivée grâce aux tdr (qui ne sont pas vraiment sensibles), la reprise des loisirs et rassemblements culturels, l’organisation de rencontres sportives et un essoufflement du dispositif de riposte sanitaire”.

En tout cas, « face à l’indiscipline quasi généralisée que nous constatons et qui porte préjudice à notre stratégie de riposte, il nous semble plus qu’urgent et impérieux d’en appeler au sens de responsabilité de nos concitoyens afin qu’ils ne perdent pas de vue que la pandémie de coronavirus continue de circuler au Cameroun », indique le Mincom. Accompagné du ministre de la Santé publique et du délégué général à la sureté nationale, cette conférence de presse conjointe avait pour but d’interpeller les populations sur « les graves conséquences que charrient l’indiscipline ».

9976 nouveaux cas positifs et 105 décès enregistrés en deux mois

En effet, le pays est passé de 25 738 cas déclarés positifs et 446 décès à la date du 23 décembre 2020 à 35 714 malades confirmés et 551 décès au 25 février 2021. « Toutes choses qui montrent une croissance de jour en jour, de la courbe des données statistiques (…) et constituent aujourd’hui une réelle préoccupation pour le gouvernement », précise René Emmanuel Sadi.

Il n’a pas manqué de souligner l’importance de l’implication « individuelle et collective » de tous pour vaincre la pandémie. Pour cela, « Le port du masque dans l’espace public restera obligatoire jusqu’à nouvel ordre (…) Chacun doit se sentir concerné et apporter sa contribution au combat contre la propagation de ce virus. N’oublions pas que la négligence d’une seule personne peut nuire gravement à l’ensemble de la communauté », dixit Paul Biya, dans son adresse à la nation le 19 mai 2020.

LEAVE A REPLY

Please enter your comment!
Please enter your name here