Il a été nommé président du Conseil d’administration du premier établissement public à pratiquer la fécondation in vitro en Afrique subsaharienne.

André Mama Fouda était jusqu’à sa nomination hier soir effacé de la scène politique. Ceci, depuis son éjection du gouvernement le 4 janvier 2019. Mais, à la faveur d’un décret du Président de la République Paul Biya, l’ancien ministre de la Santé publique au Cameroun est le nouveau président du Conseil d’administration du Centre hospitalier de recherche et d’application en chirurgie endoscopique et reproduction humaine (Chracerh).

Nommé hier 27 mai 2020, André Mama Fouda prend le relais du Pr Séraphin Magloire Fouda, jusque-là président du Comité de gestion de cette structure hospitalière de référence. L’ancien ministre de la Santé publique devient ainsi le premier président du Conseil d’administration de cette structure, après sa réorganisation survenue à la suite du décret présidentiel signé le 20 septembre 2018.

Missions

Le Chracerh où il vient donc d’être nommé comme président du Conseil d’administration est une structure qu’il connait, pour avoir été son ministre de tutelle.  C’est une structure chargée entre autres, de mener des activités de recherches en matière d’endoscopie et de reproduction humaine ; de dispenser les soins de santé publique de haut niveau dans des domaines aussi variés que la chirurgie endoscopique, la reproduction humaine. Notamment l’assistance médicale à la procréation FIV (fécondation in vitro).

En d’autres termes, cet établissement public administratif a pour missions principales de garantir à la femme les meilleures conditions de procréation ; de mener les activités de recherche en matière d’endoscopie et de reproduction humaine ; de dispenser des soins de qualité en gynécologie et obstétrique.

Premier établissement à pratiquer la FIV

De fait, dans ce premier établissement public à pratiquer la FIV en Afrique subsaharienne, les besoins sont tels que le centre est permanamment surchargé. Chaque matin, au moins une dizaine de patientes attendent debout dans le couloir (les quelques chaises ne suffisent plus depuis longtemps). Pour le Pr Kasia, administrateur directeur général du Chracerh, la nécessité de cet établissement ne fait aucun doute.

Lui qui ni frère ni sœur (après sa naissance, sa mère a fait neuf fausses couches) d’après ce qu’il a confié au journal Le Figaro, dit comprendre la souffrance des couples infertiles. Une « maladie du système reproductif définie par l’impossibilité d’obtenir une grossesse clinique après douze mois ou plus de rapports sexuels réguliers et non protégés » qui doit être traitée afin de raréfier le diagnostic de stérilité (incapacité totale et définitive de concevoir).

Bilan de l’ex-Minsanté

Aux commandes donc de ce « grand ministère » du 7 septembre 2007 au 4 janvier 2019, il a à son actif un bilan mitigé.  D’abord, ll aura eu le mérite de mener un combat ardu contre la mortalité maternelle et infanto juvénile. « Aucune femme ne mérite de perdre la vie en donnant la vie », n’avait-il de cesse de répéter. Cette lutte a fini par porter ses fruits car, la taux de la mortalité maternelle quoi que 10 à 20 fois plus élevée que celle des pays développés, est en baisse de 40% au Cameroun.

Elle est partie de 782 décès pour 1 000 naissances en 2011 à 467 en 2018. La mortalité du nouveau-né a aussi connu une légère amélioration. Elle est passée de 31 décès pour 1 000 naissances en 2011 à 28 décès pour 1 000 naissances en 2018. « Cette victoire est celle du ministre Mama Fouda », soutient un médecin de Santé publique.

Aussi, André Mama Fouda aura réussi à ressusciter le projet de la Couverture santé universelle (CSU) au Cameroun. Lequel datait de 1991. Durant son passage à la tête de ce strapontin, plusieurs réflexions ont ainsi été menées dans le sens de l’implémentation dudit projet. Il s’était également donné comme challenge, de voir à la baisse, le nombre de personnes infectées au VIH/Sida.

Grèves et sandales

Cet ingénieur de génie civil âgé de 68 ans a dû faire face aux multiples grèves des patients d’insuffisance rénale. Dans le milieu médical et sur la scène politique nationale, certains soutiennent qu’il avait le doigté pour gérer en temps réel certains problèmes du système de santé camerounais. Plusieurs structures ont par exemple été construites ou réhabilitées en 12 ans à ta tête du Minsanté.

Notamment, le Centre des opérations d’urgences de santé publique, inauguré en décembre 2018 pour répondre efficacement aux épidémies et catastrophes. Depuis la survenue de la pandémie au nouveau coronavirus au Cameroun, c’est dans ce centre que sont coordonnées les opérations de riposte au virus mortel.  Néanmoins, il traîne avec lui entre autres, le scandale du vol des bébés, le plan de riposte du choléra budgétisé à 1 milliards de Fcfa, sans toutefois réussir à trouver une solution définitive à cette épidémie.

Bio Express

Né le 24 juillet 1951 à Obobogo, dans l’arrondissement de Yaoundé III, André Mama Fouda a été ministre de la Santé publique du 7 septembre 2007 au 4 janvier 2019. Avant son entrée au gouvernement, il a fait l’essentiel de sa carrière à la Société immobilière du Cameroun (SIC) de 1974 jusqu’en 1990. Il y a même été directeur général par intérim. En 1991, il devient directeur de la Mission d’aménagement et d’équipement des terrains urbains et ruraux (MAETUR). Ceci, jusqu’à son entrée au gouvernement. Membre du Comité central du RDPC et actuel président de la section RDPC du Mfoundi III, il a également été maire de la commune d’arrondissement de Yaoundé III de 2002 à 2007. L’ex Minsanté est le Major de la première promotion des ingénieurs de génie civil de l’Ecole polytechnique de Yaoundé ; et diplômé de management au groupe HEC de Jouy-en-Josas en France.

 

 

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