C’est un fait admis. L’actualité sanitaire de la partie septentrionale est lugubre depuis des mois, avec la résurgence de certaines maladies. Ces problèmes de santé qui terrassent les populations sont liés, entre autres à la consommation d’une eau de mauvaise qualité, tirée des puits et forages dont la construction est sujette à caution. Autant le dire, l’accès à l’eau potable n’est pas la règle, mais une exception dans les régions du Grand-Nord. En 2014 par exemple, 63,1% des populations n’avaient pas accès à l’eau potable dans la région du Nord, contre 59,5% dans l’Adamaoua. Ces chiffres sont issus de l’Enquête par grappes à indicateurs multiples (MICS5), réalisée par l’Institut nationale de la statistique (INS). Au-delà de cet épineux problème, la moitié des ménages pauvres du Cameroun habite les régions du Nord et l’Extrême-Nord. Cette région reste d’ailleurs, la plus pauvre du pays, avec un indice de pauvreté de 76,3%. Le Mayo-Danay, département le plus pauvre y est aussi logé, avec 88% d’incidence de pauvreté. Les autorités locales et gouvernementales, peinent pourtant à y apporter des solutions. Les populations locales elles, continuent d’avoir des difficultés d’accès à l’eau potable. Certains projets susceptibles d’arroser ces régions ont pris de l’eau. Les initiatives du gouvernement pour sortir les populations les populations de cette situation sont quasiment restées lettres mortes. Or, l’une des mesures efficaces de lutte contre ces maladies hydriques est l’accès à une eau de qualité et en quantité. Ce qui arrivera sans doute à la Saint glin-glin car, moins de 20% de cette population est raccordée au réseau de la Camwater. Dans le département du Mayo-Tsanaga par exemple, les statistiques indiquent qu’il y a un seul point d’eau pour 1 020 habitants, alors que la norme nationale prévoit un point d’eau pour 250 à 300 personnes.

Pourtant, elles ont à nouveau accordé leurs suffrages (89,21% pour l’Extrême-Nord et 81,62% au Nord), au président Paul Biya, au cours de l’élection présidentielle d’octobre 2018. Celui-là même, qui n’a toujours pas pu réaliser dans cette partie du pays, une vieille promesse faite le 4 octobre 2011 : celle de la construction de 3000 forages équipés de pompes à motricité volontaire. Sept années sont passées et ce projet d’ouvrages d’adduction d’eau n’a toujours pas été lancé dans cette partie du pays. Pourtant lorsqu’il faisait cette promesse, Paul Biya indiquait qu’il s’agissait d’un programme spécial de réhabilitation et de construction de forages d’eau potable en zones rurales dont la mise sur pied visait à améliorer l’accès à l’eau potable et ainsi, mieux combattre les épidémies de choléra et autres maladies hydriques. Mais tout ceci n’est toujours pas concret et les populations continuent de mourir. « Au-delà de l’accès à l’eau potable, les autres déterminants de l’environnement physique n’ont pas évolué favorablement, les populations demeurent donc très exposées à la maladie », soutient le document.

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Journaliste diplômée de l'École supérieure des sciences et techniques de l'information et de communication (Esstic) au Cameroun. Passionnée et spécialisée des questions de santé publique et épidémiologie. Ambassadrice de la lutte contre le paludisme au Cameroun, pour le compte des médias. Etudiante en master professionnel, sur la Communication en Santé et environnement. Membre de plusieurs associations de Santé et Politique, dont la Fédération mondiale des journalistes scientifiques (WFSJ) et le Club des journalistes politiques du Cameroun (Club Po). Très active sur mes comptes Tweeter et Facebook.

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