"La santé mentale est aussi importante que la santé physique"

C’est ce que révèle une nouvelle enquête de la Croix-Rouge au moment où se célèbre la journée mondiale demain 10 octobre 2020.

La crise sanitaire mondiale au nouveau coronavirus aggrave les problèmes de santé mentale. Selon le Comité international de la Croix-Rouge, elle engendre de nouveaux maux et réduit encore davantage l’accès aux soins. Dans une enquête menée du 18 au 22 septembre dans 7 pays dont l’Afrique du Sud, le Liban, la Suisse et les Philippines, 51% des personnes interrogées par ce Comité ont indiqué que la pandémie du Covid-19 avait des effets négatifs sur leur santé mentale.

Intitulé « L’importance de la santé mentale et du soutien psychosocial dans le contexte du Covid-19 » ce nouveau rapport du Mouvement international de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge démontre comment la pandémie est venue augmenter considérablement le niveau de stress et de souffrance des communautés du monde entier. En effet, « La crise du Covid-19 a exacerbé la détresse psychologique de millions de personnes déjà confrontées à une situation de conflit ou de catastrophe », indique le directeur général du Cicr, Robert Mardini. C’est que, les restrictions liées au confinement et la perte des contacts sociaux et la pression économique sont autant de facteurs qui pèsent sur la santé mentale et l’accès aux soins.

Et donc, « La santé mentale est aussi importante que la santé physique, surtout en temps de crise, quand les besoins sont particulièrement critiques », martèle Robert Mardini. Par ailleurs, 73% des répondants à cette enquête ont déclaré que ces agents de santé de première ligne et les premiers intervenants ont plus besoin de soutien en santé mentale que la plupart des gens. Car non seulement ils sont au contact direct avec le virus, mais aussi et surtout, ils enchainent de longues heures de travail et sont de ce fait exposés au stress et à la stigmatisation. « Ils ont besoin de soins et de soutien pour pouvoir continuer à fournir une prise en charge appropriée », ajoute l’enquête.

Recommandations

A l’endroit des Etats, des décideurs, défenseurs et personnels de santé, le Mouvement recommande de faire en sorte que les personnes touchées par la pandémie aient accès rapide et pérenne à des services de santé mentale et de soutien psychosocial, d’intégrer la santé mentale et le soutien psychosocial dans toutes les activités déployées pour faire face aux besoins découlant de la pandémie et privilégier la protection de la santé mentale et du bien-être du personnel et des volontaires qui s’emploient à répondre aux besoins humanitaires dans le contexte de la pandémie.

Car, « Aujourd’hui plus que jamais, nous devons investir dans la santé mentale et le soutien psychosocial en faveur de tous, les communautés aussi bien que les soignants pour aider les gens à s’adapter, à reconstruire leur vie et à s’épanouir malgré cette crise », plaide le Cicr.

Bien plus, « Face à une telle situation, il devient urgent d’augmenter le financement affecté aux activités de santé mentale et de soutien psychosocial dans le cadre des interventions humanitaires ». D’ailleurs, le thème de la commémoration de cette journée demain au Cameroun est « Plus d’investissement-plus d’accès. Pour tous, partout ». Un Call center dédié à l’assistance psychologique nationale sera inauguré à Yaoundé le 13 octobre prochain par le ministre de la santé publique.

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