Cet argent destiné à la riposte contre le Coronavirus servira à la sensibilisation, la recherche des cas, et à l’hygiène et assainissement.

« Dans le cadre de la riposte contre le coronavirus, la somme d’un milliard neuf cent millions de Fcfa a été débloquée au profit des cent quatre-vingt districts actifs dans les dix régions ». C’est l’information communiquée par Manaouda Malachie aux délégués régionaux de la Santé publique (Drsp) et Chefs de Districts de Santé (CDS) dans une lettre circulaire signée le 28 juillet 2020.

Ces fonds mis à la disposition des CDS sont destinés à la riposte contre le Coronavirus dans les Districts de Santé (DS). « Il reste entendu que les dépenses adossées sur les ressources devront être conformes aux dispositions de la décision susvisée », précise le ministre de la Santé publique (Minsanté).

L’attente aura donc duré cinq mois, pour cette perfusion financière. « C’est une très bonne suite du processus de la décentralisation. Il fallait ces ressources financières pour combler un certain nombre de gap. Notamment la mise en œuvre de plusieurs activités figurant dans nos plans de riposte », fait savoir un CDS en service dans la région du Nord. Selon plusieurs sources médicales, depuis plus de huit mois, les DS n’avaient malheureusement pas de ressources financières pour mener leurs activités. En cause, les retards de paiements des factures du PBF et la suppression des crédits de fonctionnement.

Et dans la mesure où « les activités se mènent au niveau périphérique selon la politique sanitaire du Cameroun, on devait allouer toutes les ressources nécessaires à ce niveau (humaines, matérielles, financières). Il était grand temps de décentraliser », poursuit ce dernier. Si cette lettre circulaire ne précise pas le montant alloué à chaque DS, les informations recueillies auprès de sources crédibles précisent que depuis vendredi 1er août, chaque CDS perçoit la somme de 10 millions de Fcfa.

Lignes d’engagements

Trois différentes lignes d’engagements ont été arrêtées à cet effet. Il s’agit de la sensibilisation, recherche des cas, de l’hygiène et assainissement. En effet, si le ministère a acquis des médicaments et autres intrants et mis à la disposition des DS pour la prise en charge des cas, « Les autres axes de lutte au niveau périphérique n’avaient pas d’appui financier », indique l’un de ces CDS.

En fait, « Les moyens financiers que nous venons de recevoir nous permettront de mettre en œuvre notre plan d’action à savoir : accentuer la sensibilisation communautaire, la désinfection des lieux publics, la recherche active des cas et leur prise en charge », détaille Mohamadou Bakary, CDS à Djohong dans l’Adamaoua. Cependant, « Nous aimerions que le Minsanté nous accompagne et nous précise les différentes rubriques à insérer dans les différentes lignes d’engagements arrêtées », plaide un autre CDS.

Prudence

A en croire nos sources, seuls les DS ayant notifiés et confirmés des cas devaient au préalable percevoir ces fonds. « Finalement le ministre a décidé de les verser à tous les CDS », indique l’une d’elle. Ceux-ci ont ainsi 45 jours pour présenter les justificatifs de leurs dépenses. « Il leur faudra la liste des cas suspects, positifs, examens des cas guéris, traitement, etc. C’est le plus délicat pour les DS qui n’ont pas de cas », explique notre source médicale.

Pour ce dernier, « C’est un piège » dans la mesure où il leur sera difficile de justifier les activités en l’absence des cas pour ces DS n’étant pas en épidémie (132 sur 190 DS en épidémie au 25 juillet 2020). En réalité, « Il faut beaucoup de prudence dans la gestion de ces fonds qui ferons l’objet d’audit », relève un CDS au Nord. Certains aspects comme le timing sont reprochés au Minsanté dans la mise à disposition de cet argent aux CDS.

Retard

Pour certains directeurs d’hôpitaux de Districts, « Cet argent arrive en retard. On devait le leur donner quand ils avaient plus de cas ». Mais, « Au moins on va nous rembourser notre argent car les hôpitaux se sont ruinés pour le Covid», fait savoir un Directeur d’hôpital de District dans l’Adamaoua. De plus « Mieux vaut tard que jamais. Ce n’est pas comme si l’épidémie était finie », renchérit un CDS. Les différentes lignes d’engagements sont également sujet à caution aux yeux de certains. « Cet argent aurait dû acheter le matériel comme le tensiomètre, extracteurs à oxygène et renforcer les hôpitaux de districts ou construire les salles d’isolements. De manière à ce qu’après l’épidémie, l’hôpital puisse au moins bénéficier de matériels et infrastructures. C’était préférable de procéder ainsi », plaide un DHD.

Ou encore, aurait servi à réhabiliter et rehausser les structures déjà existantes. « Notamment un bon nombre d’hôpitaux de districts. Ainsi, laisser une postérité infrastructurelle pour l’après Covid », soutient un médecin en service au Minsanté.  « Les dépenses sont adéquates compte tenu des prérogatives d’un district de santé dont les activités sont axées sur les communautés », argue Mohamadou Bakary.

En tout cas, « Les chefs de districts de santé sont chacun chargés de présenter un compte d’emploi d’utilisation de ces ressources dans un délai de 45 jours », prévient Manaouda Malachie.

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